Traversée du Jura en VTT

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 Le 26/07/2006.

Je pars en voiture de Montpellier, direction Tenay à 70km à l’est de Lyon. Je vais y laisser ma voiture une semaine à la gare car j’ai prévu de faire la Grand Traversée du Jura (la GTJ) en VTT. Tenay est la gare la plus proche de l’arrivée de la GTJ. Il me faut donc prendre un train jusqu’à Lyon puis un TGV jusqu’à Montbéliard. Dans les 2 cas, le vélo peut être rangé dans un local spécial. Dans le TGV, il faut compter un supplément de 10€. Le voyage est long car la TGV ne peut pas rouler à pleine vitesse sur ces voies en direction de Strasbourg. A Monbéliard, j’ai réservé une chambre dans un Etap’Hotel. Le vélo est rangé dans la chaufferie. Je mange à coté à l’hôtel Ibis, profitant d’une promo pour un repas à moins de 10€.

 

Le 27/07.

Après un petit-déjeuner copieux, me voilà parti pour en principe 6 jours de randonnée. Il faut tout d’abord rejoindre par la route Mandeure, à 13km au sud, car c’est le lieu du vrai départ de la GTJ. Le chemin commence par une bonne grimpette pour donner ensuite sur les beaux points de vue sur la vallée du Doubs. Avec topo-guide, trace au GPS et le balisage, je ne devrais pas me perdre en principe. Je ne suis pas trop chargé. J’ai un sac à dos que j’ai rempli vraiment au minimum. Il doit faire moins de 4kg. A cela il faut rajouter le matériel de réparation et le bidon d’eau. N’ayant pris qu’un bidon, il me faudra m’arrêter souvent à des fontaines ou chez des gens pour refaire le plein. Avec parfois un peu de stress comme à Pont de Roide où le robinet du cimetière ne fonctionne pas. J’ai 22 km à faire avec pas mal de montées jusqu’au prochain village et il commence à faire bien chaud. Finalement, j’en trouverais en m’arrêtant chez des gens. Un monument rappelle que l’on est dans une zone qui fut stratégique pour les camisards pendant la dernière guerre. Je m’arrête à St Hippolyte pour le pique-nique que j’achète dans une boulangerie. Je mange au bord d’une rivière où je surprends un faon. On est le dernier jour de la canicule et bien que commençant par être en altitude, j’en souffre dans les montées de l’après-midi, d’autant que je n’ai pas vraiment d’entraînement. Heureusement, l’étape est assez courte avec seulement 62km et 1473m de dénivelé. J’arrive au gîte de Fessevillers vers 17h. C’est un gîte classique avec une grande salle commune et le dortoir. Il n’y a ce soir qu’un couple de hollandais, qui font chaque année 20 jours randonnée sur le GR5 avec donc pour objectif d’arriver dans 3 ans à Nice. Pour le dîner, nous avons de la chance car le bar-restaurant du village est ouvert. Bon repas avec truite saumonée.

 

Le 28/07.

Petit-déjeuner au bar du village. Le temps est gris aujourd’hui et la pluie est annoncée. Effectivement, je pars sous quelques gouttes d’eau. Le chemin descend jusqu’au fond des gorges du Doubs que je retrouve après l’avoir quitté à St Hippolyte. Une piste le suit jusqu’à Goumois, village à la frontière avec la Suisse. J’y fais mes courses pour le pique-nique et passe la frontière. Le chemin, coté Suisse est très agréable, ombragé et peu pentu. Quand je repasse du coté français après quelques kilomètres en Suisse, le chemin est toujours ombragé mais il grimpe fort, m’obligeant parfois à poser pied à terre et pousser le vélo. Il faut remonter de 400m pour rejoindre le plateau. Au lieu dit « La Cendrée », la vue est superbe sur la vallée. Je pique nique au point de vue en m’inquiétant de voir le ciel assez chargé. A Fournet-Blancheroche, un gros orage éclate alors que j’étais en train de demander de l’eau à des habitants. Ils me proposent de m’abriter dans leur garage en attentant l’accalmie. Le chemin passe ensuite à travers de pas mal de pâturages. D’un près à un autre, des portiques permettent le passage des vélos et des randonneurs mais pas des animaux. Leur passage est souvent délicat d’autant qu’ils sont bien humides. On arrive ensuite au Saut du Doubs, belle cascade de 27m de haut. Le petit détour mérite la peine. J’arrive ensuite à Morteau, lieu de ma 2ème étape après 72km et 1644 m de montées. J’ai réservé la demi-pension dans un grand centre de loisir situé un peu à l’extérieur de la ville. Comme chaque soir, je fais un brin de lessive pour nettoyer mes vêtements de cyclistes. Il y a quelques groupes des jeunes passant là leurs vacances, mais je suis le seul randonneur et ai un dortoir pour moi tout seul.

 

Le 29/07.

Les chemins sont assez humides. Je trouve bizarre de ne jamais croiser d’autres randonneurs. A l’auberge de la Perdrix où je fais une pause pour boire un Coca, le patron me dit qu’il y a tout de même du monde mais que l’on ne se croise pas puisqu’on fait tous le parcours dans le même sens. J’en doute tout de même un peu. Le chemin continue ensuite tout droit par une bonne piste vers Pontarlier. Je fais un détour pour voir rapidement la ville et faire les courses pour mon pique-nique, que je mange juste à la sortie de la ville. Une montée difficile m’attend ensuite. Le terrain exposé au nord est très humide. Par contre, sur l’autre versant, grand changement d’ambiance : le terrain est sec, la végétation presque méditerranéenne. La vue sur le château de Joux, situé en amont du village de La Cluse et Mijoux est superbe. Je fais le plein d’eau au cimetière puis, encore une fois, dois attendre la fin d’une petite ondée. Longue montée par route et piste jusqu’au village des Fours. Le chemin jusqu’à Métabief ne sera pas facile car bien humide. En arrivant, il se remet à pleuvoir. Comme cela ne semble pas s’arrêter, je fais les derniers kilomètres par la route. A Métabief, j’ai la ½ pension qui m’attend au centre de vacances des Sapins de l’Amitié. Encore une fois, pas grand monde. Il y a juste 2 dames qui viennent passer leur week-end ici. Je monte jusqu’au pied des pistes de ski pour laver le vélo (Métabief est un grand centre pour la pratique du VTT et des aménagements sont prévus exprès). Le beau temps semble revenir.

Bon repas au centre de vacances. J’ai fait ce jour là 69km et 1405m de dénivelés.

 

Le 30/07.

Petite entorse à mon périple, je monte par le télésiège pour aller sur les hauteurs de Métabief et approcher du Mont d’Or. On descend ensuite jusqu’à Mouthe, qui est réputé pour avoir les températures les plus froides de France. De là née la source du Doubs par une belle résurgence. Le chemin est ensuite sans grande difficulté jusqu’à la Chapelle des Bois puis Bellefontaine. Les paysages sont superbes : Très verts avec de belles forêts. Aux Rousses, je fais une pause dans un bar avant de faire les quelques kilomètres qu’il me reste jusqu’au gîte de la Grenotte, que l’on m’a fortement conseillé sur un forum internet. En effet, l’accueil y est sympa. Il y a du monde, entre des groupes de marcheurs, des couples en voitures et un groupe de motards allemands. L’intérieur est vraiment chaleureux avec des très grands tables disposées en ligne, un coin salon et une bibliothèque qui regorge de bd. Les dortoirs sont aussi très agréables. Et comme tous les soirs, le prix de la ½ pension est quasiment toujours le même, soit 32 euros. Le repas, véritable cuisine familiale était une vraie réussite et c’était bien sympa d’avoir du monde avec qui parler. J’ai pas mal discuté avec un couple qui venait de faire une randonnée avec leurs 2 fillettes et un âne, bien têtu comme il se doit. L’étape aura duré 70km et 1673m de montées.

 

Le 31/07.

Je dois partir tôt car je me suis rendu compte juste la veille que l’étape devrait être longue avec plus de 90km. Mais comme, le prochain gîte m’a aussi été conseillé, je n’ai pas trop le choix.

Départ donc à 8h30. Je remonte jusqu’à Prémanon par la route. Je me rends compte que mon frein arrière fait du bruit et fonctionne mal. Je décide de changer les plaquettes qui effectivement été bien usées. La journée sera un peu la tête dans le guidon car j’ai vraiment beaucoup de kilomètres à faire et que ma moyenne n’est pas extraordinaire. Je fais mes courses de pique-nique à La Pesse et mange sur place. Je prends ensuite un petit raccourci pour rejoindre plus vite Giron. De là, une très longue descente sur piste m’attend jusqu’à St Germain de Joux. C’est là que je me dit qu’il faut vraiment mieux faire le circuit du Nord vers le sud car cette montée est infaisable sur le vélo dans l’autre sens. De plus la longue montée qui m’attend de l’autre coté de la vallée est tout à fait faisable sur le vélo. J’aurais pû prendre un raccourci mais je me sens très en forme même après plus de 70 km. Je continue donc par le GR pour ensuite le quitter un peu avant le col de Cuvéry et ainsi rejoindre le ferme du Retord, lieu de ma dernière étape. Cette grande ferme est perdue au milieu d’un immense plateau désertique, zone réputée pour le ski de fond en hiver. Je suis seul cette fois ci. Et même plus que seul, puisque après un bon repas (des pâtes à la Carbonara délicieuses et en quantité), le patron et ses enfants doivent partir faire des courses. J’aurais finalement fait 93km et 2239m de dénivelés, ce qui est peut être mon record

 

Le 01/08.

Dernier jour. Il ne me reste plus que 57km et 756m de montées. A cause d’un ciel un peu chargé, je ne verrais pas la vue sur les Alpes. Le chemin suit de bonnes pistes qui doivent sûrement servir aussi l’hiver pour le ski de fond. On arrive aux Plans d’Hotonnes, station de ski nordique. Les derniers kilomètres jusqu’à La Praille sont assez durs avec encore pas mal de grimpettes courtes mais pentues. Enfin, j’arrive à la Praille, auberge située au départ de pistes de ski de fond. J’y pique-nique avec ce que m’a préparé Jean-Luc, le patron de la ferme du Retord. Il pluvine. Décidément, cette GTJ aura été assez humide même si je n’ai jamais vraiment été trempé. J’aurais donc mis 5 jours ½ pour faire un peu plus de 400km. Il me reste maintenant, 17km de route, tout en descente jusqu’à Tenay. J’y arrive sous la pluie et suis content de retrouver la voiture.

La suite du programme est d’aller rejoindre Cyrille chez ses parents dans le gîte qu’ils tiennent à Laval Atger, en Lozère.