Vidéo de ma traversée des Pyrénées

Carte interactive


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Sélection de photos

Compte rendu thématique

Les moments les plus mémorables :

- La Hourquette d’Ancizan, un petit col sauvage en alternative au col d’Aspin avec de superbes paysages.

- Le pays basque, si vert et si beau lorsque le soleil brille, ce qui fut le cas lors de mon passage.

- Toutes ces rencontres et invitations si sympathiques (voir plus bas)

 

Les moments à oublier :

- Le temps nuageux sur la fin de ma traversée des Pyrénées. Je n’ai ainsi pas vu grand-chose du col de l’Aubisque qui doit cependant offrir de superbes paysages.

- L’impossibilité de trouver à me ravitailler le 2ème jour de ma traversée des Pyrénées. De petits villages sans commerces traversés ou alors avec des horaires d'ouverture des épiceries non compatibles avec mon avancement. J’ai dû me contenter ce jour-là de plusieurs barres de céréales et d’une gaufre vers 16h.

J’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas grand-chose à rajouter. Les difficultés listées ci-dessous, même si ce sont des moments durs restent tout de même de bons moments.

 

Des regrets ?

- Ne pas être monté au sommet de la Rhune par le petit train. Je n’avais pas trop le temps et il y avait vraiment beaucoup de monde. Avec le beau temps qu’il faisait, la vue devait être superbe.

 

Difficultés rencontrées :

- La chaleur les 4 premiers jours dans les Pyrénées : jusqu’à 47°C au soleil. J’ai dû boire jusqu’à 6 litres d’eau un jour.

- La pente des cols pyrénéens une fois le Tourmalet passé. Les cols basques sont terribles, notamment le col de Bagargui avec ses 13% en moyenne sur 4 km. J’étais obligé de zigzaguer pour arriver à monter. Lorsque je trouvais le temps vraiment long dans ces montées, je mettais la musique sur mon Iphone. Je ne l’ai pas fait très souvent. Autre preuve que ce n’est globalement pas si dur : je n’ai fait que très peu de pauses que je qualifie de « pauses ras le bol ».

- L’arrivée au gîte d’Aulon. Ce petit détour de 4km pour rejoindre ce gîte est terrible. Inhumain en fin de journée. La pente doit être de 18% par endroit. J’ai dû mettre pied à terre sur 100m car je n’avais plus de force.

- Globalement les fins de journées sont souvent assez dures. Quelques soient les distances de l’étape, moralement les derniers kilomètres sont toujours les plus durs. C’est d’autant plus vrai si l’arrivée se fait en montée.

 

Des mésaventures ?

Pas grand-chose à signaler :

- une crevaison pour 800 km, ce n’est pas beaucoup. Dire qu’en Normandie, j’ai dû crever 5 fois au cours d’une sortie de 60km !

 

Quelques impressions générales :

- Les petites routes des Pyrénées sont vraiment peu fréquentées et c’est vraiment agréable. Il y a des matinées où je n’ai dû croiser que 3 ou 4 voitures.

 

Mes tricheries et autres raccourcis :

L’objectif de mon tour de France est de passer si possible au plus près des frontières et des côtes, mais je fais parfois de petits écarts pour de bonnes raisons :

- Dans les Pyrénées, je n’ai pas rejoint Ax les Thermes en passant par Font Romeu. Beaucoup de trafic sur ces routes avec des portions de nationales. Dommage, j’aurai bien aimé traverser l’enclave espagnole de Llivia, juste pour le fun.

 

Warmshower :

Quand Internet est vraiment une belle invention ! Inscrit depuis l’an dernier sur ce réseau mettant en relation des cyclotouristes entre eux acceptant d’héberger gratuitement chez eux ceux de passage, je n’avais encore reçu aucune demande d’hébergement, ni n’avait encore profité de ce service. J’aurais pu recevoir le 24/07, 2 jeunes belges flamands mais je leur avais dit que j’étais désolé car j’étais déjà moi-même en voyage.

Je me suis fait inviter 2 fois, et chaque fois cela a été vraiment sympathique.

- Il y a eu tout d’abord chez Hélène à Campôme pour ma 1ère étape de ma traversée des Pyrénées. Pourtant déjà bien occupée avec ses 3 petits loustics et un mari en déplacement, elle m’a reçu sans problème dans sa maison au sein d’un tout petit village. Ambiance un peu fouillis entre les affaires des enfants, les souvenirs de voyages qui emplissent toute la maison du garage jusqu’au dernier étage. Repas bio et bien équilibré et nuit sur le clic-clac. On parle voyages à vélo, bien sûr, mais aussi Catalogne car ici, on est partagé entre la France et la Catalogne

- Ambiance basque ensuite pour ma dernière nuit dans les Pyrénées chez Ingrid et Jon. Ici, non plus on n’est pas vraiment en France ! Jon est basque espagnol. Ingrid est belge flamande. On parle basque, néerlandais, anglais, espagnol et français dans la maison . Une grande et superbe maison typiquement basque avec un superbe jardin et une belle piscine. Je suis dans un 5 étoiles ! Je retrouve le colis avec mes affaires de camping que j’avais envoyé avant de partir. Jon est directeur régional de la Mapfre à San Sébastian, Ingrid est puéricultrice dans une crèche. Je ne verrais leurs 2 enfants qu’en coup de vent dans la soirée. Ce ne sont pas encore des voyageurs à vélo avec beaucoup d’expérience mais ils n’ont pas peur de partir dans l’inconnu : Un voyage de 6 semaines au Laos en vélo l’an dernier. Soirée sympa à parler de beaucoup de thèmes différents. Ils avaient reçu 2 couples de québécois que j’avais vu dans un reportage à la télé sur des vacances insolites. Ils ont d’ailleurs reçu pas mal d’autres voyageurs à vélo. Ils ont cet avantage d’être mieux situé que moi car Rouen n’est pas sur des circuits réputés pour le vélo. Bonnes spaghettis bolognaises maisons cuisinées par Ingrid, parfait pour reprendre des forces.

 

Quelques chiffres:

822km en 8 jours et des poussières.

Vitesse moyenne de 16.8 km/h. Meilleure vitesse moyenne de 19.6 km/h (le 1er jour). Plus faible moyenne de 14.5km/h (Aulon – Grust avec montée du Tourmalet)

Vitesse maxi de 68 km/h

Température maxi (au soleil) de 47.2°C et mini de 12.6°C.

Plus longue étape de 121.2 km (Ax – Audressein). 7h00 de pédalage pour Audressein - Aulon. En moyenne 105 km par étape.

Dénivelé positif de 18376 m. Altitude maxi: 2115 m (Le Tourmalet)

28 cols de gravis.

Avant de partir, je faisais 86kg avec 16.6% de graisse et 48 pulsations /mn. Au retour, je faisais 82kg, 13% de graisse et 45 pulsation / mn.

Poids des bagages + remorque: 12.7 kg

 

Animaux :

Le vélo permet de voir, bien souvent fugitivement, des tas d’animaux sauvages ou pas. Je ne compte les vaches, chevaux et ânes plus ou moins sauvages dans les Pyrénées, notamment à la Hourquette d’Ancizan. Les vautours qui tournoyaient au-dessus de moi dans le col d’Ispeguy..

Mais, malheureusement, c’est peut être les animaux écrasés par des voitures sur la chaussée que l’on voit le plus : hérissons, serpents, crapauds, blaireau, oiseaux, lapins, chats,… Difficile à supporter en général.

 

Visites :

- La maison Ortillopitz à Sare, au bas de la Rhune. Une maison typiquement basque. Visite guidée intéressante et vivante.

 

Mon équipement :

Vélo de course Décathlon en aluminium avec fourche, triangle arrière et tige de selle en carbone. J’ai mis des roues plus solides (des Mavic Ksyrium SL). Il n’est pas prévu pour pouvoir y monter des portes bagages. Ma solution depuis l’an dernier est donc la remorque mono-roue Extrawheel. Accrochée à l’axe de la roue arrière, elle ne pèse que 3.4kg (sans les 2 sacoches étanches).

Globalement, j’ai un change pour la tenue de cycliste, 2 tenues pour le soir et les jours de repos, 1 pyjama, 1 sac à viande en soie hyper léger,, 1 serviette de toilettes à séchage rapide (je dirais plutôt qui se salis vite), matériel de réparation pour vélo dont 2 chambres à air, 1 paire de basket en plus de ma paire de chaussure spécifique pour le vélo, casque, gilet jaune, imperméable, mitaine et gants en soie, manchettes, GPS Garmin Etrex Vista Hsx, 4 piles rechargeables + le chargeur, l’IPhone (très utile pour photos, vidéos, cartographie avec GPS, téléphone, internet, jeux, musique,…) est son chargeur. Plus divers petits choses : sous-vêtements, 4 paires de chaussettes, 1 pull en polaire, affaires de toilette mais sans trousse de toilette (tout dans un sac en plastique), PH, petite trousse à pharmacie, crème solaire, bandana, lunettes de soleil, livre, micros lampes pour le vélo et la nuit, 1 cadenas de 80cm.

 

Nuits et repas :

- J’ai passé toutes mes nuits soit en gîte, en hôtel ou par le réseau Warmshower (réseau sur Internet de cyclotouristes proposant gratuitement l’hébergement chez eux). J’ai ainsi pu voyager plus léger, sans tente, sac de couchage, matelas et popote que j’avais envoyé dans un colis justement à un membre de Warmshower du coté de Hendaye, pour la suite de mon périple le long de la côte Atlantique.

 

Entrainement, doping, santé et matériel :

Est-ce qu’il faut être particulièrement entraîné, voir même « dopé » avant de s’engager dans une traversée comme celle des Pyrénées le tout en transportant ses bagages ?

Je pense que non. En tout cas, je ne l’étais pas spécialement. Certes je fais à peu près une sortie VTT hebdomadaire et que j’en ai fait 2 fois de 3 jours fin Mai. Mais ce que l’on peut vraiment appeler entrainement s’est limité à vraiment pas grand-chose les semaines avant de partir : 1 ou 2 sorties de 80 à 100km + 1 sortie courte mais spéciale grimpettes sur Rouen.

Pour le « doping », j’ai pris quelques pastilles d’Isostar pour ma traversée des Pyrénées et quelques barres de céréales : Pas de quoi monter tous les cols sur le grand plateau ! Au fait quel est mon développement ? Je n’en sais toujours rien. Je n’arrive pas à m’intéresser à ce sujet. Ce que je sais c’est que j’ai un triple plateau et que j’arrive à tout monter avec (Ventoux, Galibier,….). Oui mais avec en plus près de 13kg de chargement ? Là, ma seule expérience est d’avoir fait Menton - Cerbère l’an dernier avec quelques rares côtes difficiles (exemple la corniche entre la Ciotat et Cassis). C’était dur mais j’avais réussi à le faire. Ce qui est sûr c’est que ma cassette de pignons n’est pas bien grande et que les cols pyrénéens sont réputés pour être pentus. Je m’étais donc dit « On verra bien », quitte à changer de cassette chez un vélociste en cours de route.

Avec déjà pas mal d’expérience de voyages à vélo, je ne voulais pas céder au stress avant ce périple. Je me disais que j’avais déjà fait plus dur par le passé et que le plus important c’est le moral qui lui ne flanche jamais. Oui mais si j’ai un mal de genou qui commence, ma fameuse douleur à la plante du pied qui peut arriver à tout moment ou un terrible calcul rénal qui se déclenche ? Bref, je stressais tout de même un peu, avec, avant de partir, de drôle de sensations de chaleur dans le genou gauche, une plante des pieds douloureuse pour un rien et une tendance à regarder de près la couleur de mes urines pour vérifier si elles n’étaient pas trop sombre. Finalement, je n’ai rien eu : pas de problème de genou, pas de crampes, pas de douleur plantaire. Seulement quelques fois mal aux pieds lorsque la chaleur les font gonfler dans mes chaussures trop serrées. Et cloques entre le pouce et l’index causés par le frottement et l’humidité des gants sur les peaux (après les Pyrénées, je ne mettais plus de gants).

Dans les Pyrénées, je tachais de faire un minimum d’étirements musculaires le soir.

Mon vélo a très bien supporté ces 800km. Aucun problème à signaler mis à part une ancienne rustine qui avait tendance à se décoller. Il me fallait juste rajouter quelques gouttes d’huile sur la chaîne de temps en temps.

Compte rendu chronologique

Lundi 23/07/12 :

Après 1 jour ½ passé à Montpellier, me revoilà à prendre le train direction Argelès, le point de départ de cette traversée des Pyrénées. Jusqu’à Montpellier, j’avais pris un TGV avec changement à Lyon. Le vélo était sous un grand sac plastique (le sac d’un matelas) et la remorque et les bagages à part. Pour Argelès, je prends un TER mais il n’était pas précisé sur le site Internet de la SNCF s’il y avait des compartiments pour les vélos. Sur le quai de la gare de Montpellier, j’avais donc redémonté mon vélo et remis dans sa housse. En fait, cela ne servait à rien car il y avait bien un espace pour les vélos dans ce train. Un peu avant d’arriver à Argelès, je me change dans les toilettes du train et remonte mon vélo. Je discute avec un jeune qui monte avec son vélo en gare de Perpignan et descend lui aussi à Argelès. Après une longue période de chômage, il vient de trouver du boulot dans un camping d’Argelès. Il semble impressionné par mon projet de traversée et par mon équipement. Il me propose de me guider jusqu’à la plage, lieu de mon vrai départ puisque que je vais rejoindre la Méditerranée à l’océan Atlantique et parce qu’il me faut repasser là où j’étais passé l’an dernier lors de mon périple Menton – Cerbère pour ne pas laisser le moindre trou dans mon tour de France. Une petite piste cyclable nous mène jusqu’à la plage. On dépasse les autos prises dans des bouchons. Il est 11h et il y a déjà beaucoup de monde aux abords de cette immense plage. Le vent vient de la mer ce qui va m’aider pour ces premiers kilomètres. J’ai de la chance car la veille la Tramontane soufflait fort et que donc je l’aurai eu de face si j’étais parti 1 jour plus tôt. Au loin, on voit 2 canadairs faisant un écopage car depuis 2 jours un fort incendie coté espagnol fait rage et qu’il n’est toujours pas maitrisé.

Les premiers kilomètres sont agréables. J’ai ce petit vent dans le dos, le profil est plat et rapidement je tombe sur plusieurs pistes cyclables en site propre en direction du Boulou. Quelques kilomètres de plus et me voilà à Céret pour l’heure de mon pique-nique. Je rentre dans le village et trouve une place à l’ombre à coté d’une fontaine. C’est qu’il fait chaud ce jour là et ma peau n’est pas encore tannée par le soleil. Il me faut mettre de la crème. En repartant, petite pause à des sanitaires à coté d’un terrain de boule pour refaire mon plein d’eau. Je discute avec un couple d’autrichiens plus très jeunes qui reviennent d’Espagne et remontent jusqu’en Allemagne en vélo.

Pour moi, les montées commencent juste après Céret avec tout d’abord le col de Fourtou (646m). Jolie vue sur le village d’Oms un peu avant, sur les Albères et la Méditerranée déjà au loin. Par contre, on voit bien le gros nuage de cet incendie à la frontière espagnole. Faisant une pause à l’ombre à ce col de Fourtou, je m’amuse à observer les voitures de passages. Presque toutes d’étrangers (belges, hollandais) un peu perdus et cherchant leur route sur leur carte routière. Les locaux, eux, roulent comme des fous…Ce col n’en était pas vraiment un. On continue de monter pour rejoindre le col de Xatard (762m). Première descente dans la fraicheur d’une forêt dense avant de remonter pour le dernier col de la journée, celui de Palomère. Les routes sont incroyablement calmes. Je refais le plein d’eau à la Bastide, car avec cette chaleur je bois beaucoup. Ce col de la Palomère (1036m) est mon 1er au-delà de 1000m. La descente est agréable mais par la suite il me faudra être prudent car les routes ont été gravillonnées. Je passe non loin des villages de Valmanya et Baillestavy aux consonances franchement catalanes. Belle route à flanc de vallée avant de rejoindre la vallée de la Têt, une vallée fruitière importante mais aussi une grande voie de circulation pour rejoindre Font Romeu et Andorre. Je quitte un peu ma trace GPS pour la retrouver un peu plus loin. Comme je suis en avance sur mon horaire car je ne suis attendu qu’à partir de 18h15 à Campôme, je prends un pot à Marquixanes après un ou 2 kilomètres sur la nationale où je ne me sentais pas trop en sécurité avec ce flot de voitures roulant vite. Je change un peu mon tracé pour quitter au plus vite la nationale et je passe au pied du village d’Eus, un beau village perché. Après une dernière dure montée m’attend pour rejoindre les Bains de Molitg et Campôme qui se trouve donc exactement sur mon tracé de cette traversée. Je rentre dans ce minuscule village en suivant les indications que m’avait donné Hélène, membre de warmshower, ce fameux réseau de cyclotouristes s’hébergeant gratuitement entre eux. Je dois patienter un petit peu car elle n’est pas encore rentrée chez elle. Quelques minutes plus tard, je la voilà avec ces 3 enfants en bas âge, revenant du centre aéré et de la nounou. Je rentre mon vélo dans leur grand garage, sans voiture mais rempli de tout un tas de chose, notamment leurs vélos de randonnées dont le Pino, un vélo un peu spécial, croisement d’un vélo normal et d’un vélo couché pour en faire un tandem avec la personne de devant (un enfant ou un adulte suivant les réglages) dans une position couchée. A l’étage, c’est aussi un peu le bazar entre les jouets des enfants, les souvenirs de voyages et tout le reste. Après une bonne douche on passe rapidement à table pour un dîner équilibré et bio. Le mari d’Hélène est en déplacement pour la semaine. Ils ont tous les 2 des métiers liés à la nature et l’écologie. Après le repas, je fais un tour dans le village et dicte mon compte rendu de la journée à mon Iphone pendant qu’Hélène s’occupe de coucher les petits. Je lui laisse un livre de poche que je viens de finir de lire. Ce sera toujours cela de moins à porter pour les prochains jours. Le poids de mes bagages aura été une source de préoccupations pour moi ces derniers jours. Tout le monde sera vite au lit car il faudra se lever tôt le lendemain matin, ce qui m’arrange car il devrait faire encore bien chaud. La nuit est moyenne car des enfants sont un peu bruyants dans les rues du village.

 

Mardi 24/08/12 :

Réveil tôt pour tout le monde (6h30) ce qui ne me dérange pas car la météo annonce encore du 34 à 35°C pour aujourd’hui. Je prends la route à 7h30, direction le col de Jau, par une montée tranquille. On passe au bas du joli village de Mosset mais je ne m’y arrête pas car les commerces ont l’air d’être encore fermés. Il faudra que je trouve plus loin de quoi me faire un pique-nique. La montée est longue mais tranquille. Il ne fait pas encore trop chaud. La vue est bien dégagée avec quelques brumes encore dans les vallées depuis ce col qui culmine à 1536m. Dans la descente, je fais un arrêt devant le menhir de Counozouls. A Roquefort de Sault, pas de commerce ouvert. Je commence à me demander si je vais arriver à trouver où acheter mon pique-nique. J’aurais dû écouter Hélène qui me proposait de m’en fournir un. Les routes sont vraiment très calmes. Je ne croise que peu de voitures. Belle descente dans les gorges de l’Aude mais la remontée est dure. Il commence à faire bien chaud. Je fais une pause à l’ombre d’un arbre. Je me seul vraiment seul sur ces petites routes. Le village de Fontanès de Sault, que je viens de passer, m’a eu l’air fantomatique. Autre petit col, celui des Aychides à 100m. Pas de commerce non plus à Aunat. A Rodome, l’épicerie-poste-tabac est fermée le matin. Je mange une 3ème barre de céréales pour calmer ma faim. J’arrive heureusement à refaire mon plein d’eau. Pause « ras le bol » après Niort de Sault avant d’attaquer une nouvelle montée. Je mets la musique sur mon Iphone pour avoir un peu plus d’entrain et reprends ma route. Ce tracé dans ces contreforts des Pyrénées n’est pas celui que je pensais faire au 1er abord. J’aurais voulu passer par Font Romeu et traverser l’enclave espagnole de Llivia. Mais les routes y sont autrement plus fréquentées et le choix de la sécurité l’emporte toujours. J’arrive à Camurac, petite station de ski en hiver et station estivale en été. Il est 16h et mes 4 barres de céréales ne m’ont pas entièrement calé. Je mange donc une gaufre et bois un coca dans un bar-restaurant désertique. Je retrouve ainsi des forces pour une dernière montée tranquille vers les cols de Marmare (1361m) et du Chioula (1431m). Il ne me reste plus qu’une longue descente de 10km pour rejoindre Ax les Thermes que l’on voit rapidement au fond de la vallée. Je croise, enfin, de nombreux cyclistes gravissant ce col. Je plains ceux chargés comme des mulets qui commencent cette montée, notamment cette dame qui est déjà à pied 2km après le début de la montée. Je tourne un petit peu dans Ax pour retrouver l’hôtel du Grillon. Ouf, m’y voilà ! Je range le vélo dans le garage, prends une bonne douche, fais une petite lessive à la main et pars ma balader dans la ville. Beaucoup de monde dans ces petites rues commerçantes et sur la place. Je m’amuse à voir ces gens prenant un bain de pied dans le bassin des Ladres, où coule une eau sulfurée et sodique à 77°C. Retour à l’hôtel pour un bon repas. La nuit sera bonne.

 

Mercredi 25/07 :

Le petit-déjeuner au buffet sera lui aussi copieux. Ma disette de la veille est oubliée. Je vais pouvoir gravir les 3 cols qui m’attendent aujourd’hui : Le Port de Lers, le col d’Agnes et celui de la Core. Je quitte Ax en descendant dans la vallée par la Nationale. Je n’ai pas d’autre choix mais comme il est encore tôt, la circulation est encore faible et la bande d’arrêt d’urgence est assez large pour y rouler. Ces routes qui descendent le long d’une rivière sont bien souvent, comme ici, des successions de petites montées et de descentes. Je suis bien content de quitter la nationale du coté de Tarascon sur Ariège pour remonter la vallée de Vicdessos. Je file un bon train sur cette faible montée. Je tiens le grand plateau sans problème. J’arrive même à doubler des cyclos sans bagages ! Soudain, je vois un camping car qui me double, se gare en vitesse et vois une dame en sortir en courant et en criant mon nom. Passée l’impression d’avoir à faire à des fous, je reconnais alors Nathalie et Jérome, des amis du club du VTT Rouen. Quelle surprise pour nous 3 ! Ils ont fait demi –tour après m’avoir reconnu en me croisant. Ils sont en vacances dans les Pyrénées et sont en train de changer de coin. On discute un peu, photos souvenir et chacun reprend sa route. A Vicdessos, j’achète dans une épicerie des fruits et une tomate puis dans une boulangerie une part de pizza et un gâteau. Je peux commencer ainsi sereinement la montée du Port de Lers (1517m), une montée de 800m sur 11.5km. La montée est assez agréable et pas trop pentue. Pas mal de portion ombragée. La descente vers les étangs de Lers est tranquille. Je prends le temps d’observer l’envol de parapentistes. Je pique-nique aux abords des étangs mais le soleil tape trop fort pour rester au soleil. Je m’enfonce donc dans un chemin pour avoir un peu d’ombre. En pleine digestion, j’attaque ensuite les 4.8km de montée pour le col d’Agnes. La vue y est pas mal mais pas extraordinaire. Pour le moment, je trouve les paysages pas très impressionnants. On ne voit pas encore de grands pics enneigés. Pause coca à Aulus les bains après une chouette descente puis longue descente dans la vallée du Garbet. Nouvelle pause à Seix, au pied du col de la Core. Je profite du wi-fi gratuit offert par la ville pour mettre à jour mon Iphone et sauvegarder mes photos. Je dois bien boire 5 à 6 litres d’eau par jour tellement il fait chaud. C’est en pleine chaleur que je commence la montée du col de la Core. Je redoute ces cols de fin de journée, lorsque les forces diminuent. Je m’attends à 2h de montée pour ces 14km à venir. Je mets la musique sur mon Iphone pour passer le temps. Je fais quelques arrêts pendant cette montée, notamment pour refroidir mes pieds qui ont tendance à gonfler et à me faire mal dans mes chaussures. 1h45 après Seix, j’arrive enfin à ce col à 1395m.Ouf ! Il ne me reste plus que de la descente pour aujourd’hui. La vue est belle mais toujours pas de sommets enneigés. Super descente jusqu’à Bordes les Lez puis partie plus plane jusqu’à Audressein où je vais passer la nuit. Je trouve sans trop de problème le gîte du Relay des 2 rivières dans ce joli petit village. J’ai une grande chambre pour moi avec une belle salle de bain. Pour le repas, je dois aller à l’auberge située à coté de l’autre rivière. Elle est tenue par les mêmes propriétaires et la dame qui m’a reçu au gîte, se transforme alors en serveuse. L’auberge vient d’être restaurée et de ré-ouvrir, c’est pourquoi il n’y a encore très peu de client. Un repas fin mais heureusement aussi copieux m’ait servi. Petite balade dans le village pour voir cette belle petite église et faire mes étirements quotidiens.

Avant de me coucher, je fais la chasse aux moucherons qui ont envahi ma chambre car j’avais laissé la fenêtre ouverte. Les prévisions météo sont en train de changer et la canicule va faire place aux orages dans les jours à venir. Je vais donc devoir continuer à me lever tôt, non plus pour éviter la chaleur mais pour éviter les orages de fin de journée.

 

Jeudi 26/07 :

Je suis seul à prendre mon petit-déjeuner au gîte. Bien qu’il soit situé sur un des chemins menant à St Jacques de Compostelle, cette nuit là, il n’y avait pas grand monde d’autre. J’ai encore une étape d’un peu plus de 100km qui m’attend aujourd’hui, avec ces risques d’orages et des cols dont les noms commencent à m’évoquer le Tour de France : Portet d’Aspet, Menté, Peyresourde.

J’attaque direct par le Portet d’Aspet (1069m), d’abord le long d’une vallée puis à partir de St Lary avec des côtes plus pentues. Au col, je croise d’autres cyclistes et discutent un peu avec eux. Dans la descente, je m’arrête pour voir la stèle érigée en hommage à Fabio Casartelli, un coureur italien de 25ans qui s’est tué dans cette descente pendant le Tour de 2005. La route ne me semble pourtant pas spécialement dangereuse. Toujours très peu de circulation. Pour le moment, je suis content de faire cette traversée dans ce sens car les côtes ont l’air pentues dans l’autre sens. Je descends ainsi du 17% sur 700m. On passe ensuite au col suivant : le col de Menté (1349m). Beaucoup de lacets pour ce col et pas mal d’autres cyclistes notamment au col où je discute avec des espagnols. Cela fait plaisir de reparler un peu espagnol. Je les laisse filer dans la descente pour les prendre en vidéo. J’arrive à St Béat dans une vallée avec pas mal de circulation. Je fais des courses au Petit Casino pour mon pique-nique que je vais manger au calme et à l’ombre au bord de la Garonne, non loin du lac et du village de Géry. Je ne m’attarde pas car il y a toujours ce risque d’orages pour ce soir. Je remonte la vallée jusqu’à Bagnères de Luchon. Pause Coca avant la montée du col de Peyresourde, 944m de montées sur 14.5km. Cela risque d’être dur, notamment parce qu’il toujours assez chaud et qu’il n’y a pas d’ombre dans les derniers kilomètres. Mais heureusement, les nuages apparaissent. Il faut juste qu’ils ne se transforment pas en orage. Je les observe attentivement dans les derniers kilomètres car ils commencent à être bien noirs. Il commence à pleuvoir en arrivant au col mais je vois que je passe tout de même à coté de cet orage. La route est humide dans les premiers mètres de la descente mais cela ne dure heureusement pas. J’arrive sur Arreau puis rapidement à Ancizan. Je dois ensuiter cette vallée qui va jusqu’à St Lary Soulan pour monter jusqu’à Aulon où se trouve mon gîte pour cette nuit. Je suis confiant. Il ne me reste que 3 kilomètres. Mais c’est sans compter avec le dénivelé qui m’attend. La côte qui se trouve devant moi est un vrai Mur. Je suis bien fatigué par les 3 cols déjà gravis et cette dernière côte sera mon calvaire. La pente doit être de 18% selon moi. Je suis obligé de zigzaguer pour arriver à la gravir. Je mets pied à terre sur 100m, non pas que la pente soit spécialement raide à ce moment là, mais parce que je suis à bout de force et que j’en ai marre. Rejoindre ce gîte est un détour sur ma traversée. Je crois me souvenir que le gîte dans la vallée était complet. Allez, courage ! Je ne suis pas du genre à abandonner même si l’idée m’a traversée l’esprit. Que doivent penser les rares automobilistes qui me voyent ainsi souffrir sur mon vélo ? Je suis maintenant en contre bas de ce village d’Aulon qui semble perché sur un rocher. La pente est moins raide mais c’est à bout de forces que j’arrive enfin au gîte. Je range mon vélo dans un local et retrouve un peu de force pour monter les 2 escaliers. Sympa, j’ai une belle chambre pour moi tout seul.

Le dîner se fera sur une table commune mais je n’ai pas trop d’affinités avec ces touristes venus en voitures. Petite balade au bout du village pour voir le petit jardin botanique, la vue sur la vallée et la grimpette dont je me souviendrais longtemps.

 

Vendredi 27/07 :

Levé tôt comme toujours, je prends mon petit déjeuner seul. J’écoute les conseils du patron du gîte qui me conseille de monter la Hourquette d’Ancizan plutôt que de monter le col d’Aspin. Effectivement, c’est un col tranquille, sauvage, offrant de belles vues et permettant de faire moins de kilomètres même s’il est un peu plus haut que le col d’Aspin. Je ne regrette pas d’avoir suivi ce conseil. Au loin, on voit déjà le Pic du Midi. La redescente est particulièrement chouette avec un panorama bien dégagé, des ânes sur la route et des vaches dans ces prairies naturelles. On rejoint ensuite la redescente du col d’Aspin pour arriver à Ste Marie de Campan, début de la montée du Tourmalet. C’est mon 2ème et dernier col de cette journée, mais quel col ! Le plus haut (2115m) et le plus mythique. J’y vais à mon petit rythme tranquille. La route est large mais la circulation est faible. Je mets un peu de musique pour m’occuper dans cette longue ascension. Les derniers kilomètres avant La Mongie sont durs. J’y fais ma pause pique-nique en achetant un sandwich, une boisson et un pudding dans une boulangerie. Je mange tout cela en dessous du téléphérique montant au Pic du Midi. Je reprends le vélo pour les 4 derniers kilomètres que je fais en partie avec un hollandais qui roule mais sans bagage. Le temps est dégagé mais l’ambiance est un peu trop touristique pour moi. Je m’engage donc rapidement dans la descente, maculée de peintures pour le Tour de France qui est passé quelques jours plus tôt. J’oublie presque ma remorque dans ces descentes. J’arrive à dépasser le 60 km/h sans problème. Je travers Luz St Sauveur sans m'y arrêter. Comme la veille, mon gîte se situe en hauteur en écart mais non loin de mon parcours. La pente est raide mais la journée a été moins dure que la veille. Je termine donc l’étape sans trop tirer la langue. J’arrive tôt au gîte de Grust, se qui me laisse le temps de prendre un pot au bar , faire ma lessive, me balader un peu dans le village juste avant un gros orage. Heureusement que je n’étais pas sur le vélo sous cet orage ! J’ai une grande chambre avec vue sur la vallée. Bon repas, avec bizarrement une truite en entrée, un navarin d’agneau et du riz en plat principal et une tarte en dessert. Je passe la soirée à regarder la cérémonie d’ouverte des JO de Londres.

 

Samedi 28/07 :

Petit déjeuner pas très copieux. Je demande du rab de pain et un jus d’orange. Je redescends dans la vallée par de toutes petites routes puis longe le fond de la vallée jusqu’à récupérer la voie verte à Pierrefitte-Nestlas qui me mène jusqu’à Argelès Gazost. De là commence la montée du col du Soulor, au début tranquillement puis de manière plus pentue après Arrens-Marsous. J’y fais mes courses dans un petit supermarché pour mon pique-nique. Le temps est plus frais que les jours précédents et la montée ne me pause pas spécialement de problème. Je me fais doubler par quelques cyclistes mais impossible de leur tenir la roue avec mon chargement. Arrivée au col au milieu des moutons et dans les nuages. Discussion avec un couple de cyclistes qui m’avaient doublé. Ils sont impressionnés par mon périple et mon chargement. Courte descente ensuite puis remontée sur une superbe petite route à flanc de montagne. Dommage que l’on soit dans les nuages. La vue devait être belle. J’ai mis mon gilet jaune, mes manchettes et allumé mes micro-lampes car il fait frais et la visibilité pas terrible notamment dans un tunnel. Arrivée au col de l’Aubisque (1709m) en pleine purée de pois. C’est à peine si l’on voit l’autre bout de la route. Je m’arrête tout de même pour manger mon pique-nique en espérant que cela se lève, ce qui ne sera pas le cas. Je redescends prudemment jusqu’à Eaux Bonnes mais pas autant que certains autres cyclos que je double allègrement. Pause à Bielle avant la montée du col de Marie Blanque (1035m). C’est un chouette village avec beaucoup de maisons anciennes. Marie Blanque est un col irrégulier depuis Bielle. Une forte montée suivie d’un passage sur un plateau suivie d’une dernière dure montée. Il est beaucoup plus régulier et moins pentu dans l’autre sens. Je commence à penser que dans le sens Argelès – Hendaye, les fortes pentes commencent après le Tourmalet. Dans l’autre sens, c’est à partir du Tourmalet que les cols présentent de fortes pentes. J’arrive dans la vallée du Gave D’Aspe. Je prends en photo une banderole annonçant des festivités nommées « Pyrénées en Trans ». Avec un petit montage photo, je vais pouvoir en faire le titre de ma vidéo « Trans Pyrénées ». La remontée jusqu’à Accous est tranquille. Je m’arrête à Bedous, de quoi me faire un bon « Quatre heures ». J’arrive ensuite à l’auberge de Permayou à Accous où il y a du monde et de la musique. L’auberge fait bar, restaurant, maison de la presse, J’ai une grande et belle chambre. Je ne fais pas grand-chose de cette fin d’après midi. Cela fait du bien de se reposer, regarder la télé. Je prends mon dîner à l’auberge : Buffet d’hors d’œuvre copieux, axoa de veau et pommes de terre et un bon gâteau basque. On commence à rentrer dans le pays basque ! On avance, on avance !

 

Dimanche 29/07 :

Dès le départ, je m’égare un peu mais je reprends vite la trace de mon GPS. Je trouve enfin la montée vers les cols de Bouescou, Labays et du Soudet qui s’enchaînent à la suite. Le ciel est très nuageux. Encore une journée où je ne verrai pas grand-chose. Mais bon, ces dures montées seront ainsi plus supportables. Je ne croise quasiment personne cette matinée là. Après chaque col, on continue de monter. Même si la vue n’est pas dégagée, la route est chouette en direction du col du Soudet. J’ai les bras trempés par la brume. Col du Soudet : je m’amuse à regarder les panneaux donnant des distances différentes pour le col de la Pierre St Martin et pour la frontière espagnole. Très longue descente que je fais prudemment jusqu’à Ste Engrace. Ce minuscule village me rappelle des souvenirs. On y était venu avec ma sœur il y a quelques années lorsqu’on était en vacances à Oloron Ste Marie. A voir le cimetière, on est clairement rentré dans le pays basque. D’ailleurs, le paysage change. La végétation et même les montagnes ne sont plus les mêmes. Je mange mon pique-nique aux abords de l’église.

L’après midi sera marquée par un col dont je ne m’étais pas renseigné avant. Le col de Bagargui (1327m). Déjà l’approche après le village de Larrau est dure mais lorsque plus tard je vois les bornes commençant à indiquer du 12% sur le kilomètre suivant alors que les premiers 200m ont l’air assez plat, je sens que cela va être très dur. Heureusement, il fait toujours frais, la circulation est quasiment nulle et le paysage est chouette. Le kilomètre suivant indique du 13%. Le suivant aussi. La vieille camionnette qui me double a un mal fou à monter. Je suis obliger de zigzaguer tellement c’est difficile. Je prends cependant le temps de me filmer un moment car je sens bien que je suis dans un moment mémorable de cette traversée des Pyrénées. Après 4km interminables avec ces forts pourcentages, j’arrive enfin au col, en pleine brume. Je fais mon plein d’eau même si j’ai beaucoup moins besoin de boire que les jours précédents. Redescente jusqu’à un lac puis courte montée vers le col de Burdincurucheta (1135m). Je croise un autre randonneur à vélo avec une remorque mais on ne s’arrête pas. Je n’ai croisé depuis le départ que 1 ou 2 randonneurs par jour. Ce n’est pas beaucoup ! La vue sur la descente vers St Jean Pied de Port est superbe. Je m’amuse à doubler quelques voitures. Animation à St Jean le Vieux devant le fronton de pelote. Mais il s’agit de musique antillaise. Ce n’est pas très local ! Je continue jusqu’à St Jean Pied de Port. Beaucoup de monde. Je reviendrais demain pour faire un tour en ville lorsque ce sera plus calme. Le gîte Zazpiak n’est situé qu’à 800m du centre ville mais il faut gravir une terrible montée longue de 200m à peine. La route est étroite et je ne peux pas zigzaguer. C’est debout sur les pédales en soufflant comme un bœuf que j’arrive à faire cette montée. Je fais rire les marcheurs en leur disant que j’ai le moteur qui chauffe.

Un petit bout de piste et me voilà à ce gîte, plutôt destiné aux pèlerins de St Jacques mais tout le monde y est le bienvenu. Il est loin d’être plein. Il y a juste un groupe de cyclotouristes d’Amiens qui se lancent aussi, mais avec assistance et depuis Hendaye, dans cette traversée de Pyrénées. Je suis arrivé à 18h30. J’ai un dortoir pour moi tout seul.

Le repas est pris tous ensemble dans une bonne ambiance de partage de nos expériences à vélo. Au menu, soupe, spaghettis bolognaises et gâteau basque.

 

Lundi 30/07 :

Petit déjeuner pris aussi en commun. Je pars en vélo me balader dans les petites rues de St Jean Pied de Port. J’aime beaucoup le style de ces maisons basques. Les paysages verdoyants sont aussi superbes avec ce beau temps qui revient enfin. Le chemin le plus court pour rejoindre la côte est maintenant de passer pour quelques kilomètres par l’Espagne. Après quelques kilomètres d’approche, me voilà au pied du col d’Ispeguy, long de 8km. La montée se fait tranquillement. Je profite de ce beau paysage. Les vautours qui me survolent ne m’auront pas ! « J’ai fais bien plus dur que ce col », bande de charognards. Me voilà au col et ensuite en Espagne. Euh, non ! Il n’y a aucun panneau indiquant l’Espagne par contre il y en a pour l’entrée en Navarre. Allez comprendre ! Chouette descente et beau village d’Erratzu. La remontée vers la France est moins drôle. On est sur une nationale avec un peu de trafic. La frontière ne se fait pas au col d’Otxondo (602m) comme je le pensais mais un peu plus loin en contrebas à Dancharia. Je fais un détour pour aller voir le village d’Ainhoa dont on m’a dit beaucoup de bien. Effectivement, il est superbe avec ces grandes maisons basques. Je m’achète un sandwich et un gâteau basque (je les trouve délicieux notamment lorsqu’ils sont à la crème) et les mange en plein soleil dans un petit parc. Petit détour ensuite par le village de Sare, avec ces 2 frontons dont un immense. Il me reste ensuite un dernier petit col, mon 28ème qui culmine à un petit 169m, le col de St Ignace. Je ne peux retenir une certaine émotion en me filmant devant le panneau de ce dernier col. Non loin, de là c’est le départ du petit train de la Rhune. J’y serais bien monté mais il y a beaucoup de monde et que faire de mes bagages ? Au lieu de cela, à 1km de là, je vais visiter la Maison Ortillopitz, une grande maison typiquement basque. Je peux laisser mon vélo et mes bagages à l’accueil. Je n’ai qu’à changer de chaussures. La visite guidée par un pur basque à grande moustaches est intéressante et vivante. Il me reste à remonter vers le col de St Ignace et à rejoindre Urrugne pour la fin de cette journée. En suivant à la trace ma trace, j’arrive directement chez Jon et Ingrid, de warmshower qui m’accueille chaleureusement. Ils ont une superbe et grande maison, de style purement basque. Le jardin et la piscine sont magnifiques. Un petit paradis pour la fin de cette traversée ! Ils m’ont préparé une grande chambre pour moi. Je peux faire une lessive qui sera la bienvenue pour la suite de mon périple. Une bonne douche, un goûter sur la terrasse et puis je récupère le colis que j’avais envoyé avant de partir avec mes affaires de camping et d’autres petites choses qui ne m’auraient pas été utiles pour cette traversée des Pyrénées. Les discussions avec Ingrid et Jon sont sympas. Elle est d’origine belge flamande et travaille comme puéricultrice coté français. Jon est basque espagnol et à un bon poste à San Sébastian. L’ambiance est polyglotte dans la maison. Ils se parlent en basque, néerlandais, anglais, espagnol ou français. Ils ont la chance d’être bien placés et de recevoir grace à cela souvent des cyclotouristes via warmshower. J’apprends ainsi qu’ils avaient reçu 2 familles de québécois qui avait fait l’objet d’un reportage que j’avais vu à la télé.

Ce ne sont pas pourtant eux même encore de grands voyageurs à vélo. Ils n’ont qu’une seule mais longue expérience en Thaïlande. Soirée agréable à continuer de discuter de beaucoup de chose. Ingrid nous prépare de bons spaghettis maison.

 

Lundi 31/07 :

Il ne me reste qu’une quinzaine de kilomètre pour arriver à Hendaye et en terminer avec cette traversée des Pyrénées. Les dernières petites côtes sont pentues mais plus rien ne me fait peur désormais. Je vois beaucoup d’affiches de protestation contre le projet de ligne à grande vitesse qui pourrait passer par ici. Jon m’a dit que le projet était pour le moment gelé. Voilà Hendaye. Je suis les directions qui me mènent vers la plage et vais jusqu’au bout de la pointe de la France, face à Irun. Petite vidéo pour marquer cet aboutissement et le début d’un nouveau périple, moins sportif en principe, le long de la côte Atlantique jusqu’à Vannes.

Je ne suis pas peu fier d’avoir réussi cette traversée des Pyrénées en autonomie et sur 8 jours.