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Vidéo: Une histoire bretonne (2mm)

Tour de Bretagne et du Cotentin. Version courte (30mn)

Tour de bretagne et du Cotentin. Version longue (1h)

Sélection de mes meilleures photos

Compte rendu thématique

Les moments les plus mémorables :

 

- La vue sur l’île Vierge du côté de l’Aber Wrac’h. Cela m’a rappelé le bon souvenir d’un stage de kayak de mer dans le coin avec l’UCPA il y a quelques années.

- Mes 3 bivouacs : Le 1er dans une petite baie déserte, le 2ème du côté du Cap de la Hague avec en simultanée un superbe coucher de soleil et lever de lune sur la mer et le lendemain matin un lever de soleil tout aussi beau. Le 3ème, du côté de Barfleur, juste en bord de mer un jour de grande marée.

- Les pointes de Pen Hir (rocheuse) et des Espagnols (amusant de se trouver à moins de 2kms de Brest alors qu’il m’aura fallu faire 115km pour y arriver en faisant le tour de la rade).

- Les agréables surprises de découvrir de superbes coins dont soit je n’avais jamais entendu parler (Portsall, Meneham, Port Blanc, île Callot, empilement de galets sur l’île Grande) et d’autres dont j’avais entendu parler ou vu des photos sans savoir où s’était (sillon de Talbert, maison de Plougrescant).

- Le cap de la Hague, superbe mais quelle idée d’y avoir installé une centrale nucléaire et un centre de retraitement de déchets radioactifs !

- Toutes ces rencontres très sympathiques (voir plus bas) et ses activités annexes (voir la liste plus bas)

- J’en oublie car, en fait, tout est chouette en Bretagne et dans le Cotentin.

 

 

Les moments à oublier :

 

- Les averses des premiers jours du côté du Golfe du Morbihan.

- L’étape entre Crozon et Brest : Temps pluvieux et venteux, peu de points de vue sur la rade de Brest, quelques secteurs avec beaucoup de circulation notamment la sortie de Lanvéoc avec la fin du Festival du Bout du Monde et donc pas mal de monde encore alcoolisé prenant la route.

- L’étape entre Granville et Portbail : Peu de vues sur la mer, du vent de ¾ de face et une départementale 650 que je cherchais à éviter au maximum car les voitures y roulent vite.

- Le passage du barrage sur la Rance entre Dinard et St Malo : Pas de piste cyclable ni de voie d’arrêt d’urgence. Heureusement la vitesse y est limitée à 70km/h. Par une route un peu secrète je suis arrivé directement sur le barrage et je l’ai ensuite quitté à la première sortie.

- Trop de monde à mon goût du côté d’Arcouest (embarquement pour Bréhat) et à l’approche du Mont St Michel dont les abords vont ressembler de plus en plus à un grand parc d’attraction pour tourisme de masse.

- Les quelques rares réflexions stupides de certains touristes ou automobilistes (me crier dessus en me doublant par exemple)

 

 

Des regrets ?

 

- J’en ai vraiment très peu. J’aurais aimé faire un peu de char à voile mais je n’ai pas eu le temps. Promis ce sera pour l’année prochaine sur les plages du Nord.

- Ne pas avoir fait plus de bivouacs mais ce n’est pas toujours facile de trouver un endroit chouette, sauvage et discret.

- Ne pas avoir plus profité d’un minimum de festivités estivales. J’ai eu l’impression de toujours passer soit après soit avant toutes les dates de festivités que proposent quasi chaque village.

 

Difficultés rencontrées :

 

- Les successions de petites montées en Bretagne et du côté du Cap de la Hague dans le Cotentin. Elles ne sont jamais très longues (200 à 500m) mais peuvent très pentue (15% et plus). J’ai réussi à tout monter sur le vélo (triple plateau indispensable avec pour ma part un 30x25) mais c’était parfois très limite. Je devais même parfois faire une pause au milieu de la pente pour reprendre mon souffle. J’ai fait plus de dénivelé positif en Bretagne que pour la traversée des Pyrénées ou celle des Alpes. Certes la distance n’est pas la même (1700km contre 822km et 727km pour les Pyrénées et les Alpes) mais c’est presque plus crevant.

- Quasiment tous les jours j’ai dû emprunter des pistes de terre voir même de vrais chemins soit parce que je le veux bien (raccourci entre deux routes donnant sur la mer par exemple) soit parce que les pistes cyclables sont ainsi et c’est souvent un peu du foutage de gueule de les appeler des voies vertes car ce n’est pas toujours très carrossable, en tout cas pas pour un vélo de route comme le mien. J’ai eu un total de 10 crevaisons, la plupart pour la roue arrière et pour la roue de la remorque (avant de voir que j’avais une entaille dans le pneu de la remorque). Je n’ai jamais trouvé d’épine ni de clou.

 

Des mésaventures ?

 

Pas grand-chose à signaler :

- Les 10 crevaisons dont je viens de parler.

- 2 casses de ma chaîne qui, il est vrai, était déjà bien usée. A St Malo, j’ai donc fait changer cassette, chaine, roulettes de dérailleur et acheter des patins de freins qui commençaient à être bien usés eux aussi.

- Mon matelas autogonflant qui a rendu l’âme. Au début il se créer un forme d’excroissance qui était bien pratique pour me servir d’oreiller mais ensuite cela a été le décollement d’un bord. J’en ai donc acheté un autre dans le Décathlon de Brest où j’ai débarqué en tenue de cycliste avec mon barda. Je pense que mes hôtes de Warmshowers à Brest ont donné mon ancien matelas à un SDF.

- 3 passages sur des chemins vraiment galères mais heureusement très courts : Escalier suivi d’une traversée de plage du côté du Morbihan, montée très raide sur chemin avec un poussage vraiment pas facile avec mes chaussures rigides à cales, descente d’escalier un peu avant St Brieux (un touriste m’avait affirmé qu’il n’y aurait que 3 marches alors qu’il y en avait une quinzaine).

 

Quelques impressions générales :

 

- Pourquoi est-ce que les panneaux indicateurs en Bretagne n’indiquent jamais la distance de la prochaine ville ?

- Nombre impressionnant d’impasses en Bretagne : Mon principe d’être toujours au plus près de la côte pourrait donc se résumer ainsi. Si à gauche c’est une impasse, je n’y vais pas. Dans le cas contraire, j’y vais. En suivant ce principe, j’étais presque toujours sur des toutes petites routes, allant d’un hameau à un autre ou allant à travers un quartier. Sur les 1700kms du tour de Bretagne, je pense avoir eu un cumulé de seulement 40kms de routes un peu pénibles avec beaucoup de circulation ou avec des voitures roulant trop vite à mon goût.

- Amusant tous ces panneaux commençant par Ker ou par Plou. On tombe sur des noms évocateurs : Kersauzon, Kerguelen, Keravelo, Kerouen,

- Amusant aussi tous ces autocollants sur les arrières des voitures de Bretons ou d’autres montrant leur fierté de vivre ou de connaître cette région.

- Bizarre cette fixette que j’ai eue sur 2 types de voitures : La Renault Modus et le Range Rover Evoque. Je repérais toutes celles que je croisais. Je pensais que le Modus était une voiture qui s’était mal vendue mais en Bretagne, je pense qu’elle a eu beaucoup de succès.

- Rosée tous les matins. Pas pratique quand on dort sous tente. On plie la tente toute mouillée et on la fait sécher pendant la pause déjeuner.

 

Mes tricheries et autres raccourcis :

 

- Le bac entre Gâvres et Port Louis puis entre Port Louis et le port de pêche de Lorient, tout cela pour le prix d’un seul billet de bus. On évite ainsi 27kms de détours.

- Le bac entre l’île_Tudy et Loctudy pour éviter 17kms supplémentaires.

- L’objectif de mon tour de France est de passer si possible au plus près des frontières et des côtes, mais je fais parfois de petits écarts pour de bonnes raisons :

- Je n’ai pas fait toutes les pointes entre le Faou et Brest : Le temps était pluvieux, venteux et l’étape déjà longue avec beaucoup de dénivelé.

- J’avais pour objectif de rentrer à Rouen en vélo. Finalement je me suis arrêté à Caen et je suis rentré en train. Je n’avais pas le courage de faire une étape de 140km avec beaucoup de vent alors que je pouvais profiter de cette dernière journée pour visiter Caen et quelques-uns de ses musées.

 

Rencontres :

 

Même si j’ai fait seul ce périple de 2270km, j’ai eu de multiples occasions de rencontres. D’abord en planifiant mes étapes pour rendre des visites à de la famille, des amis et collègue de travail et 3 fois j’ai profité de l’hospitalité de membres de Warmshowers (à Brest, St Brieux et Avranches). Au total, je me suis fait inviter 11 fois.

- J’ai d’abord été invité pour une nuit chez ma tante Brigitte à Pouldohan. A près de 86 ans, elle a encore bien la forme. Balade ensemble sur le chemin des douaniers passant juste devant sa maison.

- Nuit chez Delphine et Simon à Brest. Ils préparent un voyage de plus d’un an en Eurasie. Départ début 2014. Sympa, le lendemain matin, j’ai pu laisser mon chargement chez eux le temps d’une visite rapide à vélo de Brest.

- Après-midi et nuit dans la maison familiale de la femme d’un collègue de bureau. Ambiance catho pratiquante et familles nombreuses avec les 6 enfants de mon collègue, ses 4 beaux-frères et belles sœurs, ses 2 beaux-parents, son frère, sa belle-sœur et leurs 3 enfants. Bref nous étions 20 et malgré cela tout avait l’air de bien se passer dans cette petite maison. J’ai bivouaqué dans le jardin car je crois bien que la maison était pleine à craquer. Après-midi active avec mon collègue avec d’abord un tour en kayak de mer puis un tour sur un bateau à voile sportif type Wizz.

- Retrouvaille à Morlaix avec Franck, rencontré lors d’une semaine de VTT dans le Siroua marocain. Ambiance préparation d’un grand déménagement puisqu’il part s’installer à la Réunion début Septembre. Sa femme et sa fille sont déjà sur place. Il termine sa saison de vente de crêpes sur les marchés. Le lendemain matin, il s’est réveillé bien plus tôt que moi mais je l’ai ensuite rejoint sur le marché de Morlaix pour compléter mon petit-déjeuner par 2 de ses bonnes crêpes.

- 3 nuits et 2 jours de repos avec mon frère, sa femme et leur fille de 13 ans dans une belle maison louée à Trégastel. Sortie kayak de mer et balade à pied avec mon frère plus 2 sorties resto tous ensemble. 1ère baignade frigorifique pour moi. Ambiance « crise d’adolescence » pour ma nièce.

- Nuit chez Alexis de Warmshowers en plein cœur de St Brieux. Dur de monter 3 étages à pied avec tout le barda mais la soirée fut ensuite très sympa avec un bon repas et un pot en ville en soirée. Alexis a fait cet été une douzaine d’étape du tour de France la veille des coureurs. Chapeau car avec son VTC et son chargement, il faut du courage pour s’attaquer à une étape comme celle du Mont Ventoux avec ses 240kms.

- Nuit chez Huguette de Warmshowers à Avranches car les prévisions météos étaient très mauvaises pour cette nuit ce qui s’est bien confirmé. Ambiance très FFCT car Huguette et son ami son très actifs dans cette fédérations et son des mordus de tous les défis longues distances proposés par cette fédérations (Paris- Brest, Diagonales,….). Amusant de voir que nous avons 2 connaissances Warmshowers en commun (dont Alexis de St Brieux).

- Etape très sympa chez les parents du mari de ma cousine Béné. Ses 2 enfants sont adorables. Son mari m’a accompagné pour la traversée de la baie du Mont St Michel à pied. Baignade en famille le soir même dans une eau délicieuse mais mouvementée, apéro familiale. Le lendemain matin, Béné, Nico, Chloé et Gabriel m’accompagne en vélo sur les premiers kilomètres de mon étape du jour.

- Dernière étape très sympa chez mon cousin Arnaud, sa femme Florence et leurs 2 fils travaillant sur Paris mais revenant chaque week-end sur Caen pour profiter des joies du kite-surf. Baignade agréable à Ouistreham puis balade du côté de la pointe du Siège avant un bon BBQ. C’est fou d’avoir fait 2200kms pour leur rendre visite alors qu’ils habitent à 120 kms de chez moi et que l’on se voit que très rarement.

 

Les croisements d’autres cyclo-voyageurs étaient assez rares, 2 à 3 fois maxi par jour. J’ai pu discuter 2 fois avec des types qui m’affolait par le point et le volume de leur chargement (pompe à pied pour les 2, tente 2s encombrante pour l’un et valise à roulettes posée sur les sacoches pour un autre). Discussion sympa avec un jeune couple ayant aussi une remorque Extrawheel. C’est d’ailleurs la première année que j’ai croisé autant de monde, peut-être 3 ou 4, avec ce type de remorque.

Sympa aussi un couple d’allemands dans un camping à qui j’avais demandé le prêt de leur marteau car le sol était sec et dur comme de la pierre. Ils m’ont ensuite offert une bonne portion d’un reste de leur paëlla.

 

Animaux :

 

Même rubrique que l’année dernière pour vous parler de ce phoque vu depuis le château du Guildo qui prenait le soleil sur le grêve mais aussi faisait de sacrés bons hors de l’eau.

Beaucoup de chameaux aussi en Bretagne car c’est fou le nombre de cirques que l’on peut croiser en passant ainsi de petites villes balnéaires en petites villes balnéaires.

 

Activités autres que du vélo :

 

- Visite de Lorient à pied et en vélo.

- Visite de la Cité de la Mer à Lorient et tour en bateau à voile de 1h

- Kayak de mer gonflable pendant 1h en baie de Portsall puis 1h de voile avec Brice

- Kayak de mer de location pendant 2h à Trégastel avec Géry

- Baignade à Trégastel (gla-gla !)

- Balade de Perros Guérec à Ploumanach avec Géry par le chemin des douaniers : Un superbe parcours pour voir cette fameuse côte de granit rose et une belle lande reconquise grâce au délimitement du chemin des promeneurs

- Traversée de la baie du mont St Michel avec Nicolas entre le Bec d’Andaine et le Mont St Michel : une superbe balade pied nue avec un guide pour nous indiquer les passages dans la vase et à travers les 2 rivières qu’il faut traverser. Une approche toute en lenteur et en contemplation de Tombelaine et du Mont St Michel. La traversée a duré 2h. En arrivant, des robinets sont prévus pour se laver les pieds. Puis nous avons eu 1h pour pique-niquer et faire une visite très rapide du mont. Le retour a duré aussi 2h. Le temps était prévu pour être pluvieux toute la journée mais finalement en approchant le Mont, le beau temps s’est finalement installé.

- Baignade à Carolles dans les vagues dans une eau à température très agréable.

- Visite de la Cité de la Mer à Cherbourg : Site très bien où j’ai consacré plus de 3 heures à visiter le Sous-marin atomique le Redoutable, une expo sur les dernières heures du Titanic, un parcours ludique sur l’exploration des fonds marins et un très beau aquarium avec peu de bassins mais tous de très grande qualité.

- Visite du musée du débarquement à Arromanches : visite guidée de ces maquettes qui retracent bien l’exploit d’avoir créé un port artificiel énorme en moins de 12 jours afin de ravitailler les armées alliées juste après le grand débarquement du 06 Juin 44.

- Baignade à Ouistreham : Eau délicieuse mais à marée basse un jour de grande marée, il faut pas mal marcher avant de rentrer dans l’eau.

- Visite du Mémorial Pégasus à Bénouville : Visite guidée passionnante expliquant la stratégie primordiale de reconquête des ponts sur l’Orne, conditions indispensable pour permettre le débarquement.

- Visite de Caen et notamment le château Ducal avec son musée des Beaux Arts et une belle expo temporaire de tableaux impressionnistes et le musée Normand avec une autre expo sur les premières photos en couleurs.

 

Quelques chiffres:

 

- 2263kms (1730kms de Vannes à Avranches puis 532kms jusqu'à Caen). J’ai donc fait 1100kms de plus que le trajet le plus rapide que calcule un GPS pour rejoindre toutes mes étapes.

- 124h de vélo soit une moyenne de 18.3km/h.

- 24000m de D+ (20000m pour la Bretagne).

- 1300 photos et vidéos.

- 5kg de perdus.

- Mon pouls est passé de 52 à 47 BPM au repos. Je gagne 1mn10s sur mon trajet pour aller au boulot en vélo soit 44mm50s et plus de 29km/h de moyenne.

- 26 jours de vélo. Seulement 2 jours sans grand intérêt.

- 3 jours de repos.

- Etape maxi 120km, moyenne 92km.

  

Gastronomie locale:

 

- Plus que le kouing aman, je me suis régalé de gâteaux bretons, nature, aux prunes, aux pommes ou aux framboises. Acheté le matin même, il me fait un copieux petit déjeuner, un bon dessert pour le pique-nique de midi et un bon goûter.

- Crêpes et galettes sont incontournables bien sûr. Mention spécial à Franck, mon copain crêpier à Morlaix. On a compté que depuis 7 ans qu’il fait ce métier, il a dû faire plus de 600000 crêpes !

- A part une moule frites, je n’aurai pas trop profité des fruits de mer.

 

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Compte rendu chronologique

Samedi 27/07/13 :

Lever à 5h45 car je dois prendre un train à 7h04. Mais panique après le petit-déjeuner car un énorme orage éclate au moment de partir. J’attends un peu que cela se calme ce qui sera heureusement le cas. 2ème panique en descendant mon vélo et ma remorque avec mon chargement. La porte de la résidence se referme alors que le vélo est encore dans le hall. Le code de l’interphone ne semble pas fonctionner. Heureusement  à la 3ème tentative, il fonctionne enfin. Je grille absolument tous les feux entre chez moi et la gare car je n’ai plus trop de temps avant le départ du train. Finalement j’arrive 15mn en avance mais il me faut encore descendre des escaliers pour accéder au quai, ce qui n’est pas pratique. Je dois donc prendre mon vélo et la remorque séparément. Mon train est un TER, comme les 2 suivants après changement à Caen puis à Rennes avant d’arriver à Vannes. C’est bien plus pratique et moins cher que de passer par Paris même si le trajet sera plus long. Arrêt de plus d’1h à Rennes ce qui me laisse le temps de pique-niquer. J’arrive à Vannes alors sous la pluie. Je savais que la météo ne serait pas terrible pour ces premiers jours et j’avais donc tenté de me faire héberger par des membres de Warmshowers puis par Couchsurfing puisque je n’avais pas de réponse. J’attends 1h30 dans la gare de Vannes que la pluie veuille bien s’arrêter ou au moins s’atténuer. Je tente un coup de téléphone à un membre de Warmshowers de Vannes car je n’ai aucune envie de commencer ce voyage en plantant ma tente sous la pluie. Je laisse un message car la personne n’est pas là. Finalement la pluie se calme et je pars traverser Vannes et visiter un peu. Séquence vidéo au même endroit que l’an dernier entre le port et l’entrée de la ville pour marquer le début de ce périple. A ce moment, rappel de ce membre de Warmshowers qui ne devait pas être actif car, au premier abord, il ne comprenait pas le sens de ma demande. Malheureusement ce n’était pas possible de m’héberger mais le temps s’améliorant nettement, j’envisage finalement d’aller camper au 1er camping municipal situé à Arradon à 20km de là, non loin du Golfe du Morbihan.

Je commence donc mon tour de Bretagne en prenant tout de suite la bonne résolution d’essayer de suivre au plus près la côte ce qui me fait déjà prendre quelques petits chemins. J’ai sur le GPS la trace de Régis Paraz, le président du club des 100 cols qui a fait il y a quelques années ce tour de France au plus près des côtes et des frontières. La différence est qu’il l’a fait d’une traite en 4 mois, mais qu’il avait une assistance motorisée pour entre autres porter ses bagages. J’arrive  vers 18h30. La nuit n’est pas chère, seulement 7€. Je monte ma tente et pars faire un tour dans le village pour trouver une solution à mon repas du soir. Après une bonne bière à la terrasse d’un bar, je fais finalement des petites courses pour le dîner, le petit-déj et le pique-nique du lendemain. Je sors donc la popote pour ce premier repas. Balade ensuite à pied à la pointe d’Arradon avec son petit port sur le Golfe et ses belles résidences avec jolie vue sur l’île aux Moines.

 

Dimanche 28/07/13 :

Je dois plier la tente entre 2 petites averses. Retour à la presqu’île en vélo dont j’en fait le tour malgré la portion interdite aux vélos. Je continue ensuite à suivre ma trace qui passe encore bien souvent par des petits chemins et des GR pas toujours très carrossables. Le temps est aux averses et je trouve chaque fois un abri le temps que cela passe. Je n’ai pas très envie de rouler sous la pluie à vrai dire.  Arrêt donc à Larmor Baden en plein marché pour me protéger un peu avant d’aller rejoindre l’accès à l’île de Berder mais la marée est haute et donc il est impossible d’y aller en vélo. J’avais déjà été sur cette île car c’était la base de départ d’un séjour de kayak de mer dans le Golfe avec l’UCPA il y a quelques années. Tant pis, je n’aurai pas cette île à mon palmarès de celles que j’aurais pu rejoindre à « pneus » secs. Les petites routes sont très tranquilles avec parfois de beaux points de vues sur le Golfe mais bien souvent, on voit plutôt une multitude de résidences. Souvenirs ensuite en passant au Bono puis à Auray car j’avais fait dans ce coin en 98 un raid multisports bien dur. Nous avions notamment un rappel depuis le grand pont du Bono et une traversée de nuit en courant d’Auray. Passage sur le vieux pont du Bono et pause pique-nique avant de rejoindre Auray. Un camping-cariste espagnol me demande des conseils de coins à voir dans sa route le long de la côte qui me mènera ensuite jusqu’en Ecosse. Première grosse côte de ce périple pour quitter Auray. Ce ne sera pas la dernière ! Autre belle averse au village de Krac’h. Je me réfugie préventivement sous le porche de l’église en attendant que cela passe. Après Locmariaquer j’arrive à la pointe de Kerpenhir qui fait face à Port Navalo de l’autre côté du Golfe, où j’étais l’année précédente à la fin de mon périple entre Argelès et Vannes. Au total, le tour du Golfe m’aura pris environ 1.5 jours et plus de 141 kms. Passage ensuite à la Trinité sur Mer où je déguste une bonne glace au milieu de beaucoup d’autres touristes. Je ne verrais ensuite pas grand-chose de Carnac, les alignements étant loin de la côte et de toute façon, je crois bien que l’accès y est désormais interdit. J’arrive bien crevé après cette étape de 108kms au camping des Sables blancs à l’entrée de la presqu’île de Quiberon. Immense camping, un peu cher mais en bord de mer mais avec quelques commerces pour prendre un pot et faire des courses. Repas avec des nouilles chinoises que j’avais pris en dépannage dans mes affaires. Nuit pluvieuse.

 

Lundi 29/07/13 :

Petit-déjeuner avec du thé fait sans sortir de mon duvet car il pleut puis en achetant 2 pâtisseries à la boulangerie du camping. Je commence ma journée par le tour de la presqu’île dans le sens des aiguilles d’une montre. La partie Est est très construite mais les routes évitent principalement le grand axe central de l’île qui n’est vraiment pas agréable pour les cyclistes. La partie Ouest avec cette fameuse côte sauvage est superbe, sans construction mais offerte à tous les vents. Je quitte la presqu’île par la piste cyclable puis traverse une zone assez désertique en suivant une voie verte. Le vent est fort et me gêne un peu. Pause pique-nique à Erdeven où je trouve un petit supermarché. Puis direction Etel. Pour éviter quelques kilomètres, j’aurais pu traverser la rivière Etel avec un passeur mais il m’aurait fallu attendre le prochain dans 1h15. Je suis donc bon pour faire le grand tour en passant par le pont Lorois. Passage pas folichon ensuite pour rejoindre Gâvres, entre terrain militaire, plage venteuse cachée par des dunes et baie de Locmalo. Petit tour dans Gâvres avant de prendre un bateau passeur pour rejoindre Port Louis. La traversée ne coûte que le prix d’un billet de bus et est valable 1h, le temps de prendre ensuite le suivant pour rejoindre Lorient. Un touriste me fait remarquer que la roue de ma remorque est crevée. Je m’en rends pas toujours compte rapidement. Je répare donc en arrivant à quai puis fait un rapide tour dans Port Louis avant d’aller attendre le prochain bateau passeur qui me mènera jusqu’au port de pêcheur de Lorient. Traversée rapide de Lorient pour rejoindre l’Auberge de Jeunesse située dans un beau coin, à côté des étangs du Ler. Je pars ensuite faire quelques courses à l’hypermarché d’à côté. J’y achète aussi un chargeur d’Iphone car je pense avoir oublié le mien au dernier camping. Je profite donc de la cuisine de l’AJ pour faire mon repas. Nuit peu agréable car mon voisin de chambrée me dérange avec son téléphone qui sonne en pleine nuit, lui qui se lève à 3h du matin pour aller je ne sais où puis qui revient 1h après.

 

Mardi 30/07/13 :

J’ai prévu de prendre un jour de repos pour visiter Lorient que je ne connais absolument pas. Je sillonne la ville en vélo et à pied. Elle se prépare activement au Festival Interceltique qui démarre dans 5 jours. La ville est sans grand intérêt car en grande partie détruite pendant la guerre. La cathédrale par exemple est vraiment très moche. Déjeuner dans un snack. Je consacre l’après-midi à visiter la cité de la Voile, située sur le port du côté des abris des sous-marins. Je dois faire un choix dans les visites proposées car on pourrait y passer la journée. Je choisi le musée de la Voile avec une option pour un tour en bateau à voile d’1h dans la baie de Lorient. Musée très intéressant et original pour tout apprendre sur les techniques de la voile. A quai se trouvent la plupart des Pen Duick et de quelques grands trimarans de courses au large.  Le tour en bateau à voile est très sympa malgré un temps très gris et assez venté. Heureusement ils prêtent une veste et le gilet de sauvetage. Nous sommes 7 sur le bateau et certains peuvent prendre la barre. Le capitaine n’est pas avare d’explication sur la rade ni sur la navigation à la voile. C’est quasiment la 1ère fois que je montais sur ce type de bateau.

Dîner ensuite à l’AJ dans leur cantine. Nuit un peu meilleure que la nuit précédente.

 

Mercredi 31/07/13 :

Je quitte Lorient sous un petit crachin pour rejoindre Larmor Plage. Le bord de mer est très construit mais cela diminue après Lomener. Passage devant le Fort Bloqué puis à Guidel Plages. Il faut ensuite faire un détour pour traverser sur un pont la Laïta. Je m’énerve un peu avec mon compteur qui n’affiche pas toujours ma vitesse. Il y avait un faux contact que j’ai pu corriger les jours suivants. Le Pouldu ne me laissera pas un grand souvenir sauf quej’y perd un peu mon sens de l’orientation en arrivant au port du bas Pouldu. J’étais sur le point de monter sur un bateau passeur pour traverser la rivière quand je me suis rendu compte que je serais retourné en arrière à Guidel. Le petit port de Doëlan  sera une révélation pour moi. Anse de Doëlan sert de port comme une calanque ou un petit fjord. Je fais ma pause pique avec cette belle vue de ces bateaux. Le beau temps est bien installé et c’est agréable. Je dois sortir la crème solaire pour ne pas cramer. Pont Aven est bien plus connu et couru par les touristes mais pourtant le site me plait moins. Ce n’est que profusion de galeries d’arts et de biscuiteries.

La fin de la journée sera superbe : passage par un ancien moulin à marée puis à un petit village aux belles maisons aux toits de chaume tout neufs, Trémorvezen. Enfin la pointe de Trévignon avec son château. J’arrive enfin à Pouldohan, chez ma tante Brigitte. La journée aura été vraiment agréable, sans trop de dénivelé et avec un beau temps agréable. Je ne verrais pas mes cousins et leurs familles partis quelques jours avant. Nous faisons une petite balade sur le sentier douanier. Le site est superbe. J’étais déjà venu mais c’était il y  a plus de 25 ans et donc je ne m’en souvenais pas trop.  Soirée tranquille.

 

Jeudi 01/08/13 :

Je rejoins Concarneau par quelques petites routes de campagne. Visite express en vélo de la ville close pas encore trop envahie par les touristes à cette heure matinale.

Aujourd’hui est une journée sans objectif de lieu d’étape, ce que j’apprécie car je peux vraiment rouler à mon rythme sans avoir à calculer une heure d’arrivée et le nombre de kilomètres restants.  Je n’ai donc aucun prétexte pour ne pas suivre les routes au plus près de la côte.  Passage à Fouesnant, blotti au fond de la baie de la Forêt puis pique-nique au Cap Coz, jolie petite station balnéaire où le soleil tape tellement fort ce jour-là que je dois me mettre à l’ombre pour finir mon pique-nique.  Jolies plages sauvages du côté de Beg Meil et de Mousterlin. Passage un peu galère à un moment car je m’engage sur un joli bout de GR34. Sauf qu’au bout d’un moment il se termine par un escalier donnant sur des rochers puis une plage. Il me faut décrocher la remorque et la porter ainsi que le vélo. Avec mes chaussures de vélo de route à cales, ce n’est vraiment pas pratique et très casse gueule. J’arrive à Bénodet, ville très touristique. Pause coca car il fait un bon 30°C aujourd’hui. Je contourne la baie par une agréable piste puis la route pour passer l’Odet sur un pont. On rentre alors en pays Bigouden. J’arrive ensuite à l’ile Tudy par une bonne piste cyclable. De là, je prends le passeur pour rejoindre Loctudy et éviter ainsi un détour de plus de 15km. Succession ensuite de petites routes pour rejoindre le Guilvinec. Je commence à fatiguer un peu et pense donc faire étape à Penmarc’h. Je m’installe au camping municipal puis pars au village chercher un commerce ou un resto. Peu de chose à moins de faire des kilomètres supplémentaires. Je prends donc un pot au bar puis déguste une pizza dans une pizzéria que j’avais repéré qui fait essentiellement de la vente à emporter.

 

Vendredi 02/08/13 :

Direction la pointe de Penmarc’h et le phare d’Eckmül. Mais avant cela arrêt dans une boulangerie pour manger quelques pâtisseries et prendre des forces pour la journée.  A St Guénolé, les rochers du bord de mer évoquent des formes connues, comme la tête de Pif, le chien. De la pointe de la Torche, j’observe les surfeurs et autres chars à voile. Le vent est très faible mais les vagues ont l’air suffisamment grandes. Longer la baie d’Audierne est ensuite pas particulièrement plaisant. Vent de face mais heureusement faible. On est bien souvent loin du bord de mer et il y a tout de même un peu de dénivelé. Je fais 3 pauses pour voir le calvaire de Tronoën, l’église en ruine de Plovan et l’allée couverte de Lestréouzien. J’arrive à Audierne bien après midi et ne trouve pas de petit supermarché pour m’acheter de quoi faire un pique-nique. Je continue donc et m’arrête finalement dans une crêperie en bord de Mer au Pouldu. Pour 15€, j’ai un menu complet avec 2 bonnes crêpes. Je retrouve alors des forces pour aller jusqu’à la Pointe du Raz. Quel plaisir d’être en vélo, ne pas à avoir à payer le parking, trouver une place puis faire une longue marche jusqu’à la pointe. Je m’approche jusqu’au sémaphore par la route. Ensuite, il faut que j’accroche mon vélo pour terminer à pied. J’ai la flemme de changer de chaussures et vais donc aux points de vue en chaussettes. La vue est super dégagée. On voit très bien l’île de Sein. Avec mon monoculaire, je peux même en voir les détails. Très dure montée ensuite pour aller à la pointe du Van, un peu moins touristique que celle du Raz. La route ensuite ne peut pas longer de très près la côte car elle est trop découpée. Ce serait à faire à pied par le GR34. J’arrive à Beuzec où je fais quelques petites courses. Je suis ensuite les panneaux qui me dirigent vers le prochain camping, celui de Pors Péron, un peu cher mais je n’ai pas la force de faire beaucoup plus de kilomètres. Il est bizarrement tenu par des anglais qui parlent tout de même le français mais avec un fort accent. Après mon dîner, je fais une chouette balade sur le chemin des douaniers jusqu’à la pointe du Millier. Petite averse juste après être rentré au camping. Mon matelas autogonflant est en train de rendre l’âme. Une excroissance énorme se forme en le gonflant. Pour le moment, c’est pas mal car elle me sert d’oreiller mais je sens bien qu’il ne va pas durer très longtemps. Il faudra penser à le changer prochainement.

 

Samedi 03/08/13 :

Je prends la route pour Douarnenez, ville active entre le tourisme et les activités portuaires et de conserverie de poisson. Les pentes très pentues apparaissent. Jamais très longues, elles demandent tout de même beaucoup d’énergie pour être franchies sans poser pied à terre. A un point de vue, une personne me dit que jusqu’à Crozon, la côte est assez plate. Visiblement, il n’a jamais fait le trajet à vélo car cette première journée avec cette succession de pentes me fera capituler au bout de 70km. Petite galère en suivant le chemin qui quitte Douarnenez : Je tombe sur un escalier qu’il faut gravir. Heureusement, une personne m’aide à porter mon chargement. Je décide de commencer une série de photos pour mon futur montage vidéo et photos : je vais prendre quelques panneaux indicateurs commençant par Ker. On tombe ainsi sur de drôles d’appellations. J’avais déjà vu Keravélo, Kerguelen. Je verrais par la suite Kersauzon, Kerouen et plein d’autres moins évocateurs de choses déjà connues. Direction Crozon en passant par différentes grandes plages. Je continue ensuite vers Morgat où je ferais quelques courses avant d’aller au camping des Bruyères, un 3 étoiles cher (13.1€ la nuit) mais qui a l’avantage d’être tranquille et d’avoir une piscine. Il va m’offrir aussi l’avantage en y restant 2 nuits, de pouvoir faire le lendemain le tour de toutes les pointes de la presqu’île en laissant ma remorque au camping.

 

Dimanche 04/08/13 :

Je pars de bon matin sans le poids de mes bagages pour le Cap de la Chèvre. J’y vais par la route et pas par la voie verte car elle me semble bien trop caillouteuse pour mon vélo. Jolie vue sur les landes de bruyères. Monument au bout de la pointe comme bien souvent à chaque pointe. Ici c’est un hommage aux marins morts en service aérien commandé. Demi-tour ensuite et direction la pointe de Dinan. De là je m’engage sur le GR34 qui va à la plage de Goulien en espérant que le chemin sera roulant. Ce ne sera pas vraiment le cas : petit escalier, montée raide puis passage caillouteux. Mais les quelques passages roulants au milieu des bruyères avec une jolie vue sur la plage sauvage de Goulien sont vraiment superbes. Les quelques randonneurs que je croise doivent ma prendre pour un fou. Arrivée ensuite à la pointe de Pen Hir, superbement sauvage avec ses 3 îlots qui se détachent en pleine mer. Passage à la pointe du Toulinguet ensuite avant de traverser Camaret. Je m’en souviens pour y être déjà venu en vélo lors de la semaine fédérale de Quimper de la FFCT en 2003. Il y a toujours ce beau cimetière de bateaux de pêche. Longue route ensuite pour la pointe de Espagnols d’où l’on embrasse le goulet de Brest que l’on voit à a peine 2km de là. Mais il faut faire un minimum de 85km pour rejoindre Brest. Retour au camping vers 13h50 passé, bien crevé et affamé. Je ne ferais pas grand-chose de l’après-midi à part une sieste et d’aller à la piscine. Le temps est nuageux et très venteux mais je prendrais malgré tout des coups de soleil. J’ai eu la flemme de retourner à Morgat pour faire la balade en bateau dans les grottes marines.

 

Lundi 05/08/13 :

Aujourd’hui je dois rejoindre Brest, où j’ai demandé à être hébergé par des membres de Warmshowers. Les prévisions météo sont mauvaises pour la journée : vent fort et temps pluvieux. A Lanvéoc, je longe la zone du festival du bout du monde qui vient de se terminer. Beaucoup de monde prend donc la route et j’ai bien peur que certains soient encore alcoolisés. Je fais donc tous les détours possibles pour éviter la route qu’ils empruntent mais je m’égare parfois notamment du côté de la base aérienne militaire qui est en fait un cul de sac. Après une autre portion sur cette route, je tourne à gauche pour une route beaucoup plus tranquille. Au carrefour, un escadron de police faisait des contrôles d’alcoolémie. A un moment, ma petite route se termine par une piste descendante. Je suis habitué maintenant et je m’y engage sans problème. Elle redevient une route à la remontée mais le pourcentage et la longueur sont sévères. Allez, faut prendre son courage à deux mains et pousser fort sur les pédales pour y arriver. La pluie se met à tomber, je ne ferais donc pas de détour pour aller voir Landevennec. Passage sur le pont très moderne de Térénez. Route ensuite assez pénible car avec beaucoup de trafic et donc sous la pluie pour rejoindre le Faou. J’achète mon pique-nique dans une boulangerie et pars manger dans un abri d’autobus. Le vent qui était jusqu’à présent plutôt dans le dos sera maintenant de face jusqu’à Brest. Après-midi donc assez sportive avec ce vent de face et encore pas mal de grosses côtes. Pause à Plougastel Daoulas pour voir un beau calvaire devant l’église. Je profite de quelques explications données par un guide faisant une visite pour apprendre des choses sur ce calvaire. Je ne ferais pas le tour de la pointe car je ne souhaite pas arriver trop tard à Brest d’autant que mon matelas à rendu l’âme la nuit dernière et que je compte profiter de cette grande ville pour m’en acheter un autre. Arrivée sur Brest par le Pont A. Louppe avec un vent fou. L’ancien pont est réservé qu’aux piétons et cyclistes. Les voitures sont sur le pont neuf jusqu’à côté. Je me perds un peu pour trouver un chemin qui monte à Guipavas où j’ai vu qu’il s’y trouve un Décathlon. Je trouve finalement ce chemin pas très carrossable. Sensation bizarre de se savoir en pleine forêt, sur un chemin à a peine 500m du plus grand Décathlon de Bretagne. J’y débarque avec mon barda dans le hall d’entrée où j’accroche mon vélo et mes bagages et pars dans le magasin avec ma tenue de cyclistes qui vient de bien suer pour cette étape de 115 kms et près de 1800m de dénivelé. J’opte pour un matelas à 40€, n’osant pas prendre une marque plus réputée mais de 100€ plus chère. Il me reste à traverser Brest au feeling pour rejoindre mes hôtes situées dans la partie ouest de la ville. Leur immeuble est assez moche mais l’appartement de Simon et Delphine est très sympa avec notamment une vue sur le port militaire et la pointe des Espagnoles, à 2 kms donc à vol d’oiseau mais 115 kms en vélo. Discussion sympa avec ce jeune couple qui planifie un long voyage d’un an en Eurasie l’année prochaine. Après plusieurs jours de camping, j’avais bien besoin de recharger mes batteries, au sens propre et au figuré. J’ai des piles rechargeables pour le GPS Garmin, la batterie de l’Iphone et une batterie externe qui permet de le recharger 6 à 8 fois. Une lessive est aussi la bienvenue.

 

Mardi 06/08/13 :

Je laisse mes affaires pour la matinée chez Simon et Delphine, le temps de faire un tour de visite express de Brest en vélo. Je longe le bord de mer et tous les différents ports jusqu’à Océanopolis que je ne visite pas car j’ai déjà vu pas mal d’aquariums de ce type. Retour par les rues intérieures pour voir les commerces et la rue St Malo (plus ancienne rue de Brest, une rescapée des bombardements).

Après avoir récupérer mes affaires, je pars donc en direction du Conquet car je pense faire une courte journée de vélo. On suit pendant un bon moment l’arsenal militaire avant de retomber sur des sites un peu plus sauvages. Les grosses côtes sont toujours présentes. Jolie vue sur le pointe du Minou avec son phare. J’observe un vieux bateau à voile sortant du goulet alors qu’un navire de guerre rentre au port. Pique-nique à Plougonvelin. Passage ensuite par le phare St Mathieu et son abbaye en ruine avant d’arriver au Conquet. Je m’installe au camping du Théven où j’arrive à 14h. Après-midi tranquille à me balader jusqu’au Conquet, y boire un pot et faire des courses.

 

Mercredi 07/08/13 :

Cette autre journée devrait être tranquille. J’ai prévu de retrouver Brice, un collègue de bureau qui passe une semaine de vacances en famille non loin de Pospoder, à environ 30 kms du Conquet. Je prends donc le temps d’aller au bout de la pointe de Kermorvan où se trouve un fort inaccessible au public. La vue sur le Conquet est superbe, de même que la petite route qui longe la côte. On peut voir facilement l’île d’Ouessant. La pointe de Corsen n’est pas très connue pourtant il s’agit du point le plus occidental de la France Métropolitaine. Long détour ensuite pour faire le tour de l’Aber Ildut, le premier des 3 grands abers bretons. J’arrive vers 11h à Pospoder et téléphone à Brice pour savoir comment le rejoindre. Je dois faire encore 5 kms vers le nord. Heureusement, il vient à ma rencontre en vélo car ses indications me paraissaient compliquées pour trouver cette petite ferme de Landunvez. Il s’agit de la résidence secondaire des parents de sa femme. Il y a du monde car Brice a 6 enfants, entre 7ans et 6 mois et ses beaux-parents qui ont au total 13 enfants, en reçoivent 5 cette semaine-là. Bref nous sommes 15 pour le déjeuner. De suite après le repas, Brice, qui me sait actif en vacances, me propose de faire un tour en kayak de mer dans la baie de Portsall. On plie donc le kayak gonflable pour le mettre dans son Renault Trafic et on rejoint le quai de mise à l’eau des bateaux. On fait un bon tour faisant du rase cailloux puis en allant vers le port de Portsall. Le courant est parfois fort et à un moment nous ne parvenons pas à faire le tour d’un caillou. On fait donc demi-tour. Petite visite à pied du port où se trouve l’ancre géante de l’Amcco Cadiz, qui s’était échoué non loin de là, causant une des plus terribles marées noires qu’ai connu la Bretagne. Plus aucune trace aujourd’hui heureusement. Le site est même superbe avec une eau vraiment limpide. On rentre ensuite à la maison pour enchaîner aussitôt pour un tour en bateau à voile. Toute la famille part aussi à la plage et malgré tout ce monde, la mise en route n’a pas l’air très compliquée. On fait un tour sur un Wizz, sorte de grosse planche à voile puisqu’il y a un wishbone. Le vent est faible et le tour est donc tranquille. Je me charge de border le foc tandis que Brice est à la barre. Après un moment, il me laisse la barre et je découvre ainsi la navigation à la voile qui est un peu plus technique que la planche à voile. Retour à la maison où le frère de Brice, sa femme et leurs 3 enfants doivent nous rejoindre. Nous sommes désormais 20. On me propose gentiment de rester pour le dîner et comme je ne suis pas trop motivé pour reprendre le vélo je demande à bivouaquer pour la nuit dans le jardin, ce qui ne pose pas de problème. Mon programme télé de la soirée sera tout simplement de voir le coucher de soleil. Magique !

 

Jeudi 08/08/13 :

Je quitte ce beau monde après une photo de groupe pour une étape qui devrait me plaire puisque la côte des Abers, que je connais déjà pour l’avoir sillonner en kayak de mer, est vraiment superbe. Retour à Portsall puis il faut contourner l’aber Benoit, le bien nommé ! Passage à Lannilis, encore décorée de tas de vélos car les championnats de France s’y déroulaient il y a quelques jours encore. Je m’achète de quoi manger dans une boulangerie. Je déjeunerais un peu plus loin, en bord de mer, avec une superbe vue sur l’embouchure de l’aber Wrac’h. La côte est constellée de petites îles, cailloux et autres rochers avec aussi quelques petites plages de sable blanc. Au loin, l’île Vierge avec son phare, majestueux, dressé vers le ciel. Je prends le temps d’observer les bateaux qui rentrent et qui sortent de l’aber avant de repartir pour en faire le tour. Le centre UCPA est toujours là, bien placé pour tous les sports nautiques. On passe sur l’autre rive par un pont métallique puis l’on monte un peu pour une belle vue sur les bateaux amarrés au fond de l’aber. Jolie petite chapelle du Traon mais la montée juste après est bien raide. On arrive ensuite au plus près du phare de l’île Vierge. Le site est vraiment magnifique sous ce franc soleil et cette température idéale de 25°C. Je fais des dizaines de photos pour immortaliser ce lieu. C’est un régal de suivre cette côte, d’autant que la marée est basse et que l’on peut donc voir cette multitude de rochers et d’îlots dans cette eau aux couleurs turquoises. Je m’aventure encore une fois sur le GR côtier et j’ai de la chance que cette portion ne soit pas trop galère. Il est trop tôt pour que je m’arrête au camping de la Grève Blanche. Le panneau à l’entrée, sous forme de petite annonce, donnait pourtant envie : Recherche clients sympathiques et souriants aimant la nature, la mer, les fleurs,….Age indifférent. Râleurs s’abstenir. Je cherchais un lieu pour bivouaquer mais finalement  j’irai un peu plus loin au camping de Meneham. Pas cher et en bord de mer. Il était presque complet et pourtant les emplacements étant énormes, les gens ne sont pas les uns sur les autres. Je profite du pot de bienvenue du camping, bien sympa et animé par 2 musiciens folkloriques. Balade en fin de soirée sur la plage, superbe avec ces gros rochers effleurant et cette eau limpide.

 

Vendredi 09/08/13 :

La côte par ici est toujours aussi superbe, comme cette petite église blottie entre 2 énormes blocs de granit. Elle est aussi riche en patrimoine comme ces anciens fours à soude que l’on peut voir en bord de mer. La soude était produite en brulant du goémon. Après Plounéour-Trez, c’est un peu moins agréable car il faut faire le contour de cette grande baie. Je prends donc une allure un peu plus sportive pour avaler rapidement la ligne droite de 10 kms que j’ai devant moi. Je fais ma pause de midi devant l’île de Sieck que l’on peut rejoindre à marée basse et c’est justement le cas lors de mon passage. Ni une ni deux, je vais donc traverser la plage pour rejoindre cette petite île mais je ne pourrais pas aller beaucoup plus loin car l’île est privée. Pendant mon déjeuner, je fais sécher ma tente qui était encore une fois bien trempée par la rosée du matin. Passage ensuite à Roscoff mais je ne m’y attarde pas car je pressens que la route sera encore longue jusqu’à Morlaix. Je retrouve quelques grosses grimpettes entre Roscoff et St Paul de Léon. La 2ème surprise du jour sera l’ile Callot, dont je n’avais jamais entendu parler, qui est aussi accessible uniquement à marée basse. Cette île est beaucoup plus grande que la précédente. Elle est dominée par une jolie église d’où la vue est superbe. Carantec, non loin de là, avec son fameux point de vue de la chaise du curé est chouette aussi. Il faut ensuite suivre la baie de Morlaix jusqu’au fond pour arriver jusqu’à cette petite ville, nichée dans cette vallée et surplombée par le viaduc du chemin de fer. Arrivé devant l’hôtel de ville, je téléphone à mon copain Franck, qui vit ici et à qui j’ai demandé de m’héberger pour la nuit. Sa maison est assez vide car il part bientôt s’installer à la Réunion et une partie de ses meubles sont déjà partie. Franck est crêpier sur les marchés. Discussion donc devant un bon goûter de crêpes et de confiture maison. On lance une machine pour laver mes affaires avant d’aller faire un tour en ville pour déguster de bonnes bières locales dans un pub, le Ti Coz. J’ai l’impression que Franck connait tout le monde dans cette petite ville. Dîner ensuite chez lui puis fin de soirée dans le même pub pour assister à un petit concert de musique irlandaise. Nous nous ne couchons pas trop tard car le lendemain il doit être à 7h sur le marché de Morlaix, prêt à vendre les 40 douzaines de crêpes. Il a préparé la pâte  cette après-midi et devra cuire ses crêpes entre 4h30 et 6h. On s’est amusé à compter qu’en 13 ans de carrières, il aurait déjà fait plus de 600000 crêpes. Hallucinant !

 

Samedi 10/08/13 :

Franck et son fils sont déjà partis depuis longtemps lorsque je me lève. Je prends mon petit déjeuner que je compléterai devant son étal en dégustant une bonne crêpe au caramel au beurre salé et une autre au chocolat maison. Chez Franck, tout est bio. Je ma balade un peu en ville, le laissant à ses affaires et retourne chez lui pour me préparer à partir. Je longe donc l’autre côté de la baie. Je double un jeune couple qui part pour la première fois pour un voyage à vélo ensemble. Je les croiserai plusieurs fois dans la journée et ce sera sympa de discuter un peu car c’est quelques choses qui m’a manqué un peu cette année. En effet, les cyclo-voyageurs sont beaucoup moins nombreux que sur la côte atlantique et il n’est pas toujours possible d’engager la conversation avec les rares que l’on peut croiser chaque jour. J’aurai ce jour là encore pas mal de grimpettes. Je ne visiterais pas le cairn de Barnenez car l’entrée est payante. Ce coin de côte m’est inconnu et le  trouve assez beau même si il manque de belles plages. Au port du Diben, j’observe, amusé, des goélands mangeant des petits requins, probablement rejetés là par des pécheurs.  Je commence à me dire que cette étape sera longue car je dois aller jusqu’à Trégastel pour retrouver mon frère et sa famille. A l’approche de Lannion, une terrible montée m’attend pour monter au village de Yaudet. Je suis obligé de faire une pause au milieu tellement cette pente est raide. Mais j’y arrive, à bout de souffle mais j’y arrive. J’arrive à Lannion par une petite route tranquille et me retrouve en plein trafic. Affolant. Je fais donc un arrêt pour étudier des alternatives à cette route pour quitter Lannion. Je m’engage ainsi sur une toute petite route, mi-chemin, mi voie verte. Je fatigue un peu et roule la tête dans le guidon jusqu’à Trégastel. Je laisse l’île Grande à ma gauche. Je reviendrais en faire le tour en repartant de Trégastel dans un ou 2 jours. Après un appel à mon frère, je le retrouve au retour de ses courses. Beaucoup de voitures aussi à Trégastel, beaucoup de parisiens. Mon frère a loué pour la semaine une chouette maison non loin des plages. Le soir même nous allons manger dans un resto du centre de Trégastel. Je me régale d’une bonne soupe de poisson et de moules frites.

 

Dimanche 11/08/13 :

Avec Géry, nous louons un kayak de mer double pour 2h au centre nautique de la Grève Blanche. C’est plus qu’il n’en faut pour faire le tour de tous les cailloux de la baie. Bien agréable cette balade entre frangins. En fin d’après-midi, bronzette et baignade bien fraiche en famille. Fin de journée avec un beau coucher de soleil sur la mer.

 

Lundi 12/08/13 :

Avec Géry, on part faire une partie du chemin des douaniers entre Perros et Ploumanac’h. On laisse mon vélo au moulin à marée de Ploumanac’h et allons en voiture jusqu’à la plage de Trestraou. La balade surplombe la mer dans un premier temps puis redescend pour aller au plus près des blocs de granit roses. Il parait que c’est le GR le plus emprunté de France. C’est vrai qu’il y a pas mal d’autres marcheurs, certains, comme nous, faisant juste un petit bout, d’autres très chargés faisant le tour de Bretagne à pied. Beaucoup de joggers aussi. Les promeneurs sont cantonnés au sentier, ce qui n’était pas le cas les années auparavant. La nature a donc repris ces droits et c’est bien mieux comme cela. La fin de la balade est très chouette avec le centre de sauvetage en mer, la chapelle de St Guirec et l’anse de Ploumanac’h. Je récupère mon vélo et pars récupérer la voiture.

Après-midi à faire la sieste puis à faire bronzette à la plage, mais pas de bain pour moi car l’eau froide de la veille m’a laissé un mauvais souvenir. Soirée dans une crêperie un peu gâchée car Marie fait la gueule car elle vient de se faire gronder par ses parents pour une histoire de cadeau disproportionnée qu’elle souhaiterait faire à une de ses amies pour son anniversaire.

 

Mardi 13/08/13 :

Je pars de bon matin sans mon chargement pour aller faire le tour de l’île Grande. Non loin de la station Ornithologique, je suis intrigué par une multitude de cairns de galets, posés les uns sur les autres en équilibre. C’est l’occasion de faire des photos originales. En quittant l’île, je casse ma chaine. Elle était déjà bien usée avant de partir et avec toutes les grimpettes déjà faites debout sur les pédales, je ne suis pas très étonné.  J’ai de quoi la réparer mais elle était tellement sale que mes mains sont vite complètement noires. Retour à la maison, pour me laver les mains et récupérer mon chargement. Je reprends donc la route, bien reposé après ces 2 jours sans vélo. Perros-Guirec est une ville balnéaire très chic, pas vraiment ma tasse de thé. Par contre, je découvre la côte aux alentours de Port Blanc qui est superbe. La marée basse et le soleil y sont pour beaucoup. Je ne pourrais pas mettre un pied sur l’île aux femmes car il y a encore trop d’eau pour faire la traversée à pieds secs. Par contre, un peu plus loin, la route passe par un gué qui heureusement pour moi est dégagé. Mais encore trop d’eau pour aller sur les îles St Gildas et de Balanec. Surprise ensuite en approchant de Porz Bugalé, je découvre cette fameuse maison de Plougréscant, coincée entre 2 énormes rochers et immortalisée en photo par Philippe Plisson. Non loin de là, on peut se balade sur une pointe rocheuse mais je n’irai pas bien loin avec mon changement et mes chaussures à cales. On s’enfonce après à l’intérieur des terres en suivant la rivière du Jaudy jusqu’à Tréguier. Je passe sur la passerelle qui semble ancienne et pourtant elle a été inaugurée il y a à peine 3 mois. Je pense que les fondations sont anciennes et que toutes la passerelle a était refaite en respectant le style d’avant. J’y fais une pause car pour la première fois sur ce périple j’ai mal à la plante du  pied. Avec la chaleur, le pied gonfle et se trouve trop engoncé dans ces chaussures rigides. Autre pause juste après dans Tréguier pour déguster une glace. Routes de campagne ensuite pour rejoindre le bord de mer. Photo devant un panneau de hameau se nommant « Le Brésil ». C’est que l’on voyage ainsi à vélo ! Quelques jours avant j’étais passée à Kerguelen ! Autre découverte ensuite avec le sillon de Talbert, longue langue de sable de plus de 2km crée par les courants. J’en suis à plus de 110 kms pour la journée. Il est donc temps pour moi de trouver un lieu pour dormir. Pas de campings dans les environs, je décide donc de chercher un lieu où bivouaquer. Après le lieudit « Le Paradis », le bien nommé, je prends une petite route en direction d’une étroite anse. 2 maisons se trouvent au bout de la route. Elles sont visiblement fermées pour plusieurs jours. Le lieu me plait bien d’autant qu’avec la marée, ce sera sympa de voir l’anse se remplir. J’installe ma tente tardivement dans un coin un peu caché au fond d’une pâture car il y a encore un peu de passage : un groupe de cavaliers, un photographe, ceux qui habitent les maisons en face de l’anse. Je passe une bonne nuit tranquille.

 

Mercredi 14/08/13 :

Je pars le ventre vide car je n’ai pas de quoi me faire un petit déjeuner à par un bol de thé mais je fais des courses non loin de là à Lezardieux. Impossible d’aller sur l’île à Bois car elle est entièrement privée. Du côté d’Arcouest, je tombe dans un bouchon de voitures cherchant à se garer avant d’aller à pied à l’embarcadère pour l’île de Bréhat. Je n’aime pas ce côté tourisme de masse et quitte donc vite les lieux. Je regrette même d’être descendu car la grimpette qui m’attend est terrible : longue et bien pentue. J’arrive à la monter mais en faisant une pause au milieu. Je ne m’éternise pas non plus dans Paimpol et préfère m’arrêter pour manger à la sortie de la ville dans un parc donnant une belle vue sur l’entrée de la baie. La côte est ensuite assez sauvage avec toujours beaucoup de grimpettes bien pentues. Je ne les compte pas. J’en ai peut-être 10 ou 15 tous les jours. C’est usant à force. On m’avait prévenu mais je ne pensais pas qu’il y en aurait autant et aussi pentue. Le circuit des falaises de Plouha est chouette mais je suis un peu trop fatigué pour vraiment les apprécier. D’autant que je suis invité par un membre de Warmshowers de St Brieux et ne souhaite donc pas arriver trop tard. Dernière montée pour arriver au centre-ville de St Brieux. J’ai fait ce jour-là plus de 1600m de dénivelé. Les 3 étages pour monter chez Alexis achèvent mes dernières forces. Il me donne heureusement un coup de main pour monter mon vélo. Alexis est un jeune, grand amateur de vélo (il n’a pas de voiture) ayant déjà fait quelques voyages. Son exploit cette année a été de faire 12 étapes du tour de France la veille des pros. Avec chargement et sur un VTC, il en faut pour faire des étapes comme celle de l’Alpe d’Huez ou les 242 kms de l’étape de terminant au Mont Ventoux. Il me monte une vidéo de gars encore plus fous l’ayant fait en grand-bi ou en patinette. Lessive, douche et recharge des batteries sont les bienvenues avant de déguster un bon repas et prendre une bière sur la terrasse d’un bar.

 

Jeudi 15/08/13 :

En quittant Alexis devant sa porte, on croise 3 cyclo-voyageurs allemands qui cherchent la voir verte. Courte discussion où nous leur parlons de Warmshowers et moi de mon tour de France à vélo. Daniela me donne son email car je devrais être de passage du côté de chez elle l’an prochain. Je fais un rapide tour dans St Brieux, bien calme en ce matin de jour férié. Descente vers le port puis grosse montée vers la tour de Cesson. Ensuite, la route se fait plus plate pour faire le tour de la baie. Discussion avec un cyclo mais je n’arriverai pas à le suivre bien longtemps. Pique-nique au bout du port de Dahouët après avoir acheté de quoi manger dans une boulangerie. La plage du Val André est chouette mais je m’arrêterai plus loin sur la plage des Sables d’Or, grande baie vide à marée basse où l’ombre des pins est bien agréable en cette chaude journée. Je croise de temps en temps des voies vertes mais le tracé manque d’uniformité et ne passe pas toujours assez près, à mon goût de la côte.

Ambiance un peu plus sauvage ensuite en approchant du Cap Fréhel. Comme à la pointe du Raz, j’échappe au péage et aux difficultés de se garer des voitures. Je ne m’attarde pas de même que je ferais l’impasse sur la visite payante du fort de La Latte. Il est temps de penser à trouver un coin où dormir. J’ai repéré un camping municipal à Pléboulle, au cœur de ce petit village. Juste avant d’y arriver je double et discute avec un gars voyageant aussi à vélo mais chargé comme une bourrique : 4 sacoches plus une valise à roulette et une pompe à pied. Il a du mal à comprendre que je puisse voyager un mois complet avec seulement 2 sacoches. J’aurai bien aimé discuter plus avec lui mais il se refuse à aller dans les campings et préfère les bivouacs. Mais encore un qui ne connait pas Warmshowers.

Le sol du camping est dur comme de la pierre. Je demande donc à mes voisins allemands s’ils peuvent me prêter leur marteau. Nous discutons ensemble. Sympas, un peu après ils me proposent leurs restes de paëlla. Parfait,  cela me fera un dîner un peu meilleur que mes nouilles chinoises.

 

Vendredi 16/08/13 :

Temps gris aujourd’hui. Passage à la pointe de St Cast, puis le long de la grande plage de St Cast Le Guildo. Je casse encore une fois ma chaîne. Après réparation, elle est maintenant vraiment trop courte. Il va falloir que je trouve un magasin pour changer toute la transmission dès que possible. Visite de la ruine du château de St Guildo qui domine la baie de l’Arguenon. J’ai la chance d’y voir un phoque qui tantôt se repose sur le sable, tantôt plonge et saute hors de l’eau. Les commentaires des autres touristes sont consternants de stupidité (Oh une otarie ! Elle doit s’embêter toute seule ! Elle a du se perdre …). Pique-nique au bout de la pointe de St Jacut avec mes maigres restes de nourriture. Passage ensuite par St Briac et St Lunaire avant de rejoindre Dinard. Je réserve par téléphone une place pour le soir même dans l’Auberge de Jeunesse de St Malo. Il crachine mais je prends plaisir à sillonner les rues bourgeoises de Dinard avec ses belles maisons avec vue sur mer. J’arrive par une toute petite route sur le barrage de la Rance. L’écluse est ouverte et un immense bouchon de voitures se forme dès 2 cotés. J’attends un peu que le gros du flux soit passé après la fermeture de l’écluse mais le passage en vélo n’est pas agréable. Pas de piste cyclable ni même de voie d’arrêt d’urgence. Heureusement la vitesse est limitée à 70 km/h. Je quitte dès que possible cette voie rapide pour rejoindre tranquillement la Tour Solidor. En arrivant à St Malo, ma tête n’est pas à faire du tourisme mais à trouver où faire réparer mon vélo. Echec pour les 3 premiers magasins visités. J’appelle au téléphone un 4ème que je n’ai pas repéré sur la carte et il accepte, après avoir insisté un peu, de le prendre le lendemain à la première heure. Je m’installe à l’AJ de Paramé, y mange puis pars à pied rejoindre St Malo intra-muros, y faire le classique tour des remparts et y déguster une bonne glace. 

 

Samedi 17/08/13 :

Retour sur St Malo pour faire changer la chaîne, la cassette, les roulettes et les patins de freins, tous biens usés. Malgré cela, les vitesses passeront parfois mal les jours suivants. Avant l’ouverture du magasin je fais un tour intra-muros et vais jusqu’au grand Bé, profitant de la marée basse. La vue sur St Malo de là y est superbe. Retour sur Paramé pour aller revoir la villa Thi Baï, ancienne maison de famille de mes grands-parents mais vendue il y a quelques années déjà à une autre partie de la famille. Rien n’a vraiment changé. Beaucoup de souvenirs lors des kilomètres suivants : Le havre de Rothéneuf, la plage des Chevrets, la pointe du Grouin d’où l’on commence à voir le Mont St Michel. Pause à Cancale pour un pique-nique acheté dans une boulangerie. Je longe ensuite la baie, vent dans le dos. Pause à Cherrueix pour voir les chars à voile. Dommage, je n’aurai pas le temps d’en faire cette fois ci. Discussion avec un jeune couple qui voyage aussi avec la même remorque que moi mais le modèle précédent. Ils en sont aussi très contents. L’approche du mont est ensuite très agréable, loin des routes à grande circulation. J’emprunte même sur pas mal de kilomètres une chouette voie verte qui passe entre des allées d’arbres sur une piste. Ma fin du Tour de Bretagne se passe en traversant le Couénon. Kenavo la Bretagne et Boujou la Normandie. J’en aurai bien bavé parfois avec ces 20000m de dénivelés, soit plus que pour les Alpes ou les Pyrénées, et ces 1700 kms. Je filme mon arrivée sur le mont en time lapse en faisant une photo toutes les 0.5s. Cela retranscrit bien mon arrivée sur le Mont. Vent dans le dos, je roule vite. Affolé par le nombre de piétons et de navettes de bus ou de calèches, je ne me sens pas dans mon élément dans ce qui me semble devenir un grand parc d’attraction. La passerelle qui rendra le caractère insulaire au mont est encore en construction. Je ne m’arrête qu’un court instant à l’entrée du mont, juste le temps d’aller volontairement répondre à une enquête d’une jeune fille qui demande à tout monde quel a été leur moyen de locomotion pour venir jusqu’ici. Je ne suis donc pas peu fière de lui dire que j’ai fait plus de 1700 kms à vélo pour venir. La suite vers Avranches n’est pas trop dure. Je dois juste réparer une énième crevaison et affronter les 2 kms de montée pour arriver chez Huguette, membre de Warmshowers que j’ai contactée le matin même car j’avais vu que la météo serait très mauvais pour la nuit. Elle est retraitée et est une parfaite adepte de la FFCT et de leurs randos au long court comme Paris – Brest- Paris et les diagonales qui consistent à relier les villes des points extrêmes de France dans un temps limité.  Soirée sympa avec elle et son ami, aussi un amateur de vélo.

 

Dimanche 18/08/13 :

Lever à 6h30 car Huguette et son ami doivent partir à 7h30. Je pars sous une pluie fine. Il a plu une bonne partie de la nuit et j’ai donc bien eu raison de me faire inviter au sec.  Les prévisions sont mauvaises pour toute la journée et je crains de devoir annuler la traversée de la baie du Mont St Michel à pied. J’arrive au bec d’Andaine tôt, bien avant le rendez-vous de 9h30. Il crachine toujours  mais beaucoup de monde est déjà présent pour les différentes traversées prévues avec les différentes compagnies de guides. Coup de téléphone à Nicolas, le mari de ma cousine, qui est toujours partant malgré le temps. Il me rejoindra donc en voiture un peu avant l’heure du départ. Entre temps, je me suis changé et j’ai accroché mon vélo à un arbre. Je laisserai ma remorque et mes bagages dans sa voiture mais j’aurai pu aussi les laisser dans la voiture du guide ou au guichet de vente. La balade ne coûte que 6.8€. Elle est censée être non commentée mais notre guide, une petite jeune femme aux longs cheveux bouclées, ne sera pas avare d’explications et de réponses à nos questions. La pluie cesse au moment de partir et le temps finalement ne fera que s’améliorer jusqu’à finir cette balade avec du soleil. Nous mettons 2 heures pour rejoindre le mont, en passant par l’est de Tombelaine. Rapidement nous quittons nos chaussures pour continuer à pied sur du sable dur, puis parfois de la vase. 2 ou 3 fois, il nous faut traverser des rivières. Le guide part alors devant pour tester la profondeur avant de nous autoriser à passer. L’approche du mont à pied à travers la baie est une expérience superbe. Nicolas l’a déjà faite plusieurs fois mais pour moi c’est une révélation. Le ciel gris rajoute de la magie à cette approche. Je réalise après coup avoir réalisé un superbe panoramique, digne d’un Philippe Plisson. Nous arrivons par l’arrière du mont. Des robinets ont été judicieusement disposés pour se laver et rincer les pieds. Nous avons une heure de libre pour une visite rapide et se restaurer. J’achète un sandwich dans une échoppe et cherchons un coin un peu tranquille pour manger. Le mont est envahi de touristes de tous les pays. Après le calme de cette traversée, cela change ! Au retour, nous testerons les sables mouvants. Avec un peu de persévérance, on arrive à se laisser enfoncer jusqu’aux genoux. Passage par l’ouest de Tombelaine et retour au bec d’Andaine vers 15h. Ces horaires sont bien sur fonction de la marée. Nous avons eu la chance ce jour-là que ce se soit pas trop ni trop tard.  Lavage des pieds à l’arrivée. Nicolas repart en voiture avec mes bagages et je continue jusqu’à Carolles en vélo après avoir écouté ses explications pour retrouver la maison de ses parents. Belle côte après St Jean le Thomas donnant sur un beau point du vue sur la baie. Il paraît que cette portion de route est surnommée par les locaux «  le plus beau kilomètre de France ».  Mouais ! C’est chouette, c’est vrai mais je pense qu’il y pas mal d’autres portions de route qui pourrait avoir ce titre.  La marée montante envahie déjà la baie. Arrivé à Carolles, j’ai un peu de mal à trouver la direction de la maison familiale. J’étais déjà venu il y a 8 ans pour le mariage de Béné et Nico, mais je ne me souvenais plus de son emplacement. Après un coup de téléphone, j’arrive enfin à bon port, accueilli par les parents de Nicolas et par Chloé et Gabriel, leurs 2 adorables enfants.  Petit goûter avant d’aller à la plage tous ensembles à pied par des petits chemins. La plage est bondée et les vagues assez haute. L’eau est à la bonne température et la baignade est agréable. Apéro sympa de retour à la maison avec les voisins qui font aussi partie de la famille de Nicolas. Il faut dire, qu’historiquement, une bonne partie du quartier avait été acheté par de ses grands oncles et tantes au début du XXème siècle. Je serais bien resté un peu plus longtemps mais il me reste désormais une semaine pour faire le tour du Cotentin, ce qui risque d’être un peu juste. 

 

Lundi 19/08/13 :

Jusqu’à Carolles, je suis accompagné en vélo par Nicolas, Béné, Chloé sur son propre vélo et Gabriel sur le porte bagage de Béné. Arrivée  à Granville en passant le long de 2 stations balnéaires. Je tourne dans la ville haute et la ville basse à la découverte de Granville que je ne connaissais pas encore. Elle possède un certain charme et il faudrait y revenir pour y prendre un peu plus de temps. La suite de la journée ne m’aura pas trop emballé. On passe rarement en bord de mer et les quelques villes balnéaires sont sans trop d’intérêt.  Je regrette presque le manque de dénivelé et n’apprécie pas trop cette départementale qui monte vers le nord où les voitures roulent vite. Je fais donc tous les détours possibles pour l’éviter. Le vent de face me fatigue aussi pas mal. Quelques sites remarquables cependant comme le village de Régneville sur Mer avec les ruines d’un château et puis les cabanes aux toits colorés de Gouville sur Mer. Leur alignement au dos de cette dune est une invitation à faire des photos artistiques. J’en réussi une particulièrement bien.  Je ne m’étais pas vraiment fixé d’objectif de lieu pour faire étape. Je pensais à Flamanville mais finalement c’est du côté de Portbail que je me m’y à rechercher un camping. Le premier étant exclusivement pour les mobiles homes, c’est le second, celui du vieux fort, qui fera finalement mon affaire. Un peu cher mais il y a juste à côté un bar, resto où finalement je ne prendrais qu’une bière puis une glace après m’être fait ma popote. Mon voisin de campement est un cyclo-voyageur anglais, malheureusement pas mal sourd ce qui ne facilitait pas la conversation. Contrairement à d’autres et même à moi, il voyage ultraléger avec juste 2 petites sacoches accrochées au tube de selle de son vélo de route. Sa tente est minimalise. Elle doit faire 30cm de haut au niveau du visage et 0cm au niveau des pieds. Il est parti de Cherbourg et fait une boucle jusqu’à Roscoff.

 

Mardi 20/08/13 :

Après Barneville et le contournement de sa baie, j’entame la route touristique des Caps. Autant dire qu’à partir de maintenant, je vais retrouver de grosses grimpettes. A un petit supermarché de Flamenville, où je faisais mes courses, je discute avec 2 hommes, probablement retraités, qui voyagent aussi à vélo et dans la même direction que moi. Ils sont aussi de Rouen. Ils roulent moins vite que moi mais je me mets à leur rythme et leur propose de trouver ensemble un lieu où pique-niquer.  Pas du côté de la centrale nucléaire évidement  mais je leur propose un peu plus loin, en haut d’une côte avec une jolie vue sur le port de Dielette. Le site me parait bien car c’est en plus un point d’envol de parapentistes et il y en a justement 2 qui se préparent. Mais mes 2 compères préfèrent continuer et trouver un autre endroit. Voilà typiquement selon moi le caractère spécifique, un peu froid des normands. Tant pis pour eux. Même si les 2 parapentistes n’arriveront pas à décoller par manque de vent, je profiterai donc seul de cette belle vue et de ce franc soleil, parfait pour essayer encore un peu de masquer mon bronzage de cycliste.

Passage ensuite à Siouville où j’étais déjà venu pour un week-end de VTT avec les copains du club. Le sable dur de la plage est une invitation à aller y rouler. Mais ce plaisir n’a qu’un temps car lorsque le sable devient plus mou au moment de quitter la plage, il n’est plus possible de pédaler et je dois donc pousser le vélo sur quelques centaines de mètres. Plus loin, je peste contre ces soit disantes voies vertes. Ils ne se sont pas foulés car il s’agit juste de chemins de campagne pas très carrossables. Je crève encore un fois. Ce doit être ma 10ème au total. Je découvre que le pneu de la remorque est pas mal entaillé et c’est pourquoi je crève souvent au même endroit de la chambre à air. Je n’ai jamais trouvé d’épine ou de clou dans mes pneus. Ce sont juste le passage sur ces cailloux qui écrase le pneu et la chambre jusqu’à la transpercer. La descente sur Vauville, très plaisante à VTT ne l’est pas autant en vélo de route plus remorque. Dans mon malheur, j’ai de la chance que ce soit en descente. Dans l’autre sens, cela aurait été pénible. Jusqu’au cap de la Hague, ce ne sera qu’une succession de montées et descentes raides et longues. La vue est superbe heureusement. Passage au Nez de Jobourg que je connaissais déjà. Je profite donc plus de la buvette que de la vue pour cette pause. Passage aussi rapide au cap de la Hague pour la même raison. Le coin est sauvage et particulièrement chouette. Il est clair dans ma tête que je bivouaquerais le soir même. Reste à trouver le coin idéal mais avant cela refaire le plein d’eau et un brin de toilette. Pour cette partie de mon tour de France en Bretagne et Cotentin, j’ai particulièrement apprécié les toilettes attenantes bien souvent aux mairies des villages.  Elles sont parfois très propres et bien agréables pour un brin de toilette. Après Port Racine, réputé être le plus petit port de France, je commence ma recherche d’un lieu tranquille. Ma première tentative au bout d’une piste ne me plait pas. Par contre, un peu plus loin à la pointe de Jardeheu, je découvre le lieu idéal. A proximité de la mer, protégé du vent par des rochers et avec un confortable gazon. La vue est superbe (mis à part une petite partie sur le centre de retraitement des déchets nucléaires) et va donner lieu à un magnifique coucher de soleil et lever de soleil le lendemain matin. En bonus, j’ai le droit à un lever de pleine lune et à une marée qui commence à avoir de forts coefficients. Je plante ma tente au plus tard afin de rester discret.  

 

Mercredi 21/08/13 :

La nuit aura été bonne et le lever de soleil magnifique. Je repars encore une fois le ventre vide mais je m’achèterai une pâtisserie dans une boulangerie avant d’arriver sur Cherbourg. Il fait frais malgré le beau temps et pour la première fois je commence la journée avec mon pull. A un passage en sous-bois, la température descend même à 10°C à peine.  Je crois bien que la région de Cherbourg est une des zones les plus froides de France en été. C’est en tout cas ce que l’on voit souvent sur les cartes météo. Joli arrêt à la ferme du Tourp transformé en maison d’hôtes et centre d’expo d’art contemporain en plein air. Quelques grosses grimpettes m’attendent encore, probablement les dernières avant les plages du débarquement. J’arrive sur Cherbourg par une chouette piste cyclable et me dirige tout de suite vers la Cité de la Mer que je compte visiter. C’est l’heure de l’ouverture et il n’y a pas grand monde d’autant que la journée est belle  et que l’affluence est plutôt pour les jours de pluie.  Je laisse mes sacs à la caisse et pars pour 3 heures de visites variées et intéressantes.  Je commence par une visite virtuelle un peu trop ludique à mon goût pour nous faire découvrir les mystères de l’exploration sous-marine. Puis, je visite les entrailles de l’ancien sous-marin nucléaire le Redoutable. Le réacteur a été enlevé ainsi que les missiles mais le reste est resté en l’état. Impressionnant la taille de l’engin mais affolant de savoir qu’il avait la puissance nucléaire de plusieurs centaines de fois la bombe de Hiroshima !  Visite ensuite d’une expo sur les dernières heures du Titanic. Elle est située dans l’immense bâtiment d’embarquement des transatlantiques, vestige d’un temps passé glorieux où c’était la course entre les compagnies pour faire la traversée au plus vite et dans le plus grand confort pour les 1ères classes. Je termine par la visite de l’expo consacrée à l’exploration sous-marine et de l’aquarium, qui possède peu de bassins mais tous de très grandes qualité. Je préfère cela à ces autres aquariums avec trop de bassins. Je déjeune au snack de la Cité de la Mer avant de reprendre la route et aller faire un tour dans Cherbourg. Direction ensuite Barfleur, non pas en VTT comme je l’avais fait au mois de Mai mais par la route. La perception change sensiblement et j’essaye de voir des choses que je n’avais pas encore vues comme le moulin Ravenel et le phare de Gatteville. Je fais des courses à Barfleur sans savoir encore si j’irai dormir en camping ou en bivouac. A Montfarville, je toque à la porte de la résidence secondaire de mon copain de club Francis. Mais il n’y a personne ce que je savais déjà plus ou moins. Je me souviens ensuite qu’il possède un terrain en bord de mer où je pourrais peut-être y  bivouaquer. Je ne retrouve pas exactement ce terrain mais demande à des gens dans une caravane si je pourrais planter ma tente à côté. Ils n’y voient pas d’inconvénient.  En discutant après coup avec eux, j’apprends que madame est la tante de mon copain Francis et que je suis d’autant plus le bienvenu pour la nuit.

 

Jeudi 22/08/13 :

A la pointe de Saire, un touriste allemand est intrigué par ma remorque. Ce n’est pas la première fois mais lui demande s’il peut la photographier sous toutes les coutures. Passage ensuite par St Vaast La Hougue. J’ai le vent dans le dos et c’est bien agréable. Achat de rustines à la sortie de la ville car mon stock s’épuise. Ma progression jusqu’à Utah Beach est rapide. La marée est haute et avec ce fort coefficient, la plage à quasiment disparue. Je pique-nique à l’ombre non loin de là. La suite jusqu’à Carentan est rapide. Je passe par le port où se trouve côte à côte une barge de débarquement et un drakkar viking, deux bateaux très symboliques de la Normandie. Je me sens un peu crasseux après 2 jours en bivouac. Je vois que les toilettes de la capitainerie sont ouvertes et s’y trouve une douche avec eau chaude. Le lieu est exclusivement réservé aux plaisanciers mais la tentation est trop forte. Ni une, ni deux, j’en profite et cela fait un bien fou de se sentir frais. Visite ensuite de la Pointe du Hoc, haut lieu tragique du débarquement. Les trous de cratères d’obus sont encore bien visibles mais je m’attendais à quelque chose d’encore plus impressionnant. Je m’arrête pour la nuit au camping d’Omaha Beach qui surplombe la plage. Il est un peu cher mais il y a une piscine, une supérette et un snack dont je profiterais pour mon dîner

 

Vendredi 23/08/13 :

Avant de partir, je profite un peu de la piscine du camping et essaye vainement de corriger mon bronzage de cycliste.

Départ à 11h passé et descente sur Omaha Beach dont la plage est entièrement noyée par cette marée particulièrement haute.   

 Je remonte sur le plateau en prenant le sens interdit. Passage devant le musée « Overlord » qui semble tout neuf. Je l’aurai bien visité mais j’ai prévu depuis longtemps de voir celui d’Arromanches.

Pause pique-nique à Port en Bessin. J’achète à la même boulangerie où j’avais déjà fait une pause lors de mon Cherbourg – Le Havre en VTT un bon sandwich, une boisson et une pâtisserie pour seulement  5.5€.

Je rejoins ensuite Arromanches, envahi par un nombre important de touristes. Je demande au préposé municipal s’il sait s’il y a une consigne au musée. Il se sait pas mais me propose très gentiment de laisser mes affaires dans la salle des fêtes qui se trouve à côté. Il a les clés et il me suffira de lui demander de les récupérer lorsque ma visite sera finie. Beaucoup de monde de tous les pays dans ce petit musée mais la visite guidée et les maquettes permettent de bien comprendre et de se rendre compte de l’incroyable opération du débarquement à Arromanches et surtout l’installation en 12 jours d’un immense port artificiel qui permettra de débarquer des tonnes de matériel et des milliers d’hommes indispensables pour la progression des troupes et la libération de la France puis des autres pays. La préparation en Angleterre de toutes ces infrastructures de port artificiel et de ponts flottants, le tout en étant le plus discret possible a été une opération absolument incroyable.

Il me reste ensuite à poursuivre ma route, bien souvent par des pistes cyclables, le long de la mer. Les plages sont parfois peu ragoutantes. Je pense que ces grandes marées ont ramené beaucoup d’algues sur les plages. Pas facile de circuler entre ces pistes cyclables qui manquent d’uniformité et de continuité entre les différentes villes balnéaires, les voies à sens unique et le flot de voitures sur les routes. Je me rends compte en  relisant un mail que mon cousin n’habite pas St Aubin sur Mer mais St Aubin d’Arquenay. Petite angoisse avant de me rendre compte que cela me fera faire seulement 10 kms de plus. Ce n’est pas la mer à boire ! Je continue donc jusqu’à Ouistreham avant de tourner pour rejoindre St Aubin. Courseulles-sur-mer, avec ses immeubles, ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Je suis accueilli par Florence, très enthousiaste par mon voyage. Arnaud est encore au travail mais ne tardera pas. Leurs 2 fils arriveront en fin de soirée, quittant Paris le temps de chaque week-end. Je découvre leur chouette maison, moderne et nettement agrandie par une extension vers l’arrière. Le jardin est immense. 2 moutons se chargent de tondre la pâture.  Sitôt Arnaud rentré, on part se baigner à la mer du coté de Ouistreham. L’eau est loin mais elle est à une température délicieuse. Sitôt rincer, on part aussitôt faire une petite balade du côté de la Pointe du Siège. Retour à la maison pour un dîner BBQ un peu tardif mais très sympa.

 

Samedi 24/08/13:

Je quitte mon cousin et sa famille sans me presser car cette dernière journée sera cool. On se promet de ne pas attendre encore 10 ans avant de se revoir. Je suis gâté avant de partir : pique-nique fait par Florence, petites barres de chocolat et Arnaud qui m’invite à prendre des produits pharmaceutiques conditionnés dans l’usine où il travaille. J’opte pour des savons et un produit anti-moustiques. Nous nous quittons après quelques photos et une vidéo de mon départ.

Direction le Pégasus Bridge. J’y suis rapidement car la route est descendante. Visite du Pegasus Mémorial situé non loin du pont. Je laisse mes affaires à l’accueil, très sympathique au demeurant car je discute un bon moment avec la personne de mon voyage à vélo. Visite intéressante de toute cette opération du 04/06/44 qui conditionnait la possibilité de faire le débarquement. Il fallait effectivement absolument prendre possession des ponts enjambant l’orne sans les détruire et détruire par contre d’autres ponts situés plus loin. La stratégie reposée sur l’envoi de troupe et de matériel par des planeurs et du parachutage de centaines de soldats dans les environs. Les explications par un guide dans le musée puis à l’extérieur étaient vraiment très intéressantes. Une vidéo permet aussi de revivre cette offensive. L’ancien pont Pégasus est exposé à l’extérieur de même qu’une maquette d’un planeur. Impressionnant de savoir qu’ils arrivaient à largueur ainsi un tank dans ces simples planeurs fait en contre-plaqué.

Je reprends ensuite le vélo. En sortant du musée, j’ai la chance de voir le pont Pégasus en fonctionnement pour laisser passer 3 bateaux. Il bascule grâce à son contre poids et la chaussée se retrouve donc à la verticale. Je filme l’opération en time laspe avec une image toutes les 0.5s.

Je prends ensuite l’agréable piste cyclable qui longe le canal pour arriver au port de plaisance de Caen. Mais avec le vent de face et quelques gouttes de pluie, ce n’était tout de même pas aussi facile que cela. Je tourne un peu dans les rues piétonnes de Caen avant de me poser pour manger mon pique-nique. Je monte ensuite au palais Ducal d’où l’on a une belle vue d’ensemble sur la ville. L’intérieur du palais est énorme et abrite plusieurs musées. Je commence par celui des beaux-arts avec l’expo temporaire de peintures impressionnistes sur le thème de l’eau. De superbes tableaux y sont exposés. Je n’en dirais pas autant de certaines croutes d’art contemporain du reste du musée. Visite express ensuite du Musée Normand car j’avais pris un billet combiné puis d’une exposition sur les premières photos couleurs. Les grains de couleur étaient obtenus par de la fécule et donnaient un style assez proche de l’impressionnisme à ces photos.

Je me rends ensuite à la gare pour prendre un train à 17h qui me ramènera ainsi à Rouen pour mon retour chez moi.