TMV (VTT): Wissembourg - Chatenois


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Prologue :

J’avais choisi de commencer mes vacances d’été en bouclant la traversée des Vosges que j’avais faite en partie au mois de Mai de cette même année avec mon ancien club de la Celle St Cloud. Cette fois ci, je suis seul, bien que j’avais essayé et presque réussi à avoir de la compagnie, et en autonomie pour cette 1ère partie de la TMV que je prévoie de boucler en 4 jours. J’ai fait la route la veille depuis Rouen en passant par Beauvais, Compiègne, Reims, Metz et en terminant par une petite départementale en plein gravillonnage pour rejoindre Wissembourg, lieu de départ officiel de la TMV. J’avais réservé ma 1ère nuit à l’hôtel d’Alsace de Wissembourg. Dîner dans un petit resto du centre après une petite balade pour voir cette jolie ville.

 

Vendredi 24/07 : Environ 70km

Mes affaires sont prêtes, ma voiture garée à coté de l’hôtel pour les 5 jours à venir, et je viens de prendre un bon petit déjeuner à l’hôtel, il est donc temps de partir. A l’aide du GPS, je trouve sans trop de problème le début de la trace. On commence par une belle petite montée en sous-bois. Les sensations sont bonnes, je suis en forme plus que mon vélo qui couine un peu. J’ai fait changer la chaîne et la cassette juste avant de partir mais j’ai toujours ces bruits qui viennent sans doute de l’articulation de la suspension arrière. Le temps est beau et il ne fait pas trop chaud. Mon sac est un peu pesant, probablement plus que lors de la traversée du Jura mais il ne me gène pas trop. Les 1ères heures sont agréables avec de bonnes pistes et des traversées de petits villages.

La vue se dégage un peu en arrivant à Gimbelhof. Je passe au pied du château de Fleckenstein et amorce une petite discussion avec des gens qui prépare une fête en plein air qui se déroulera en soirée.

La fin de journée est dure avec une arrivée interminable et en montée jusqu’au village de Lichtenberg où j’arrive vers 17h. Je m’installe à l’hôtel qui fait chambre d’hôtes, place de la poste. Il a l’air d’être bien vide. Je bois un bon 1/2l de panaché et manque de force par la suite pour monter jusqu’au château qui surplombe le village. Je dîne seul dans le resto d’à coté. La patronne n’avait probablement pas prévu d’avoir de clients ce soir là comme beaucoup d’autres soirs, je présume. Elle me fera tout de même un assez bon repas et très copieux, c’est tout de que je demandais. Mais qu’elle impression bizarre de se retrouver tout seul dans un resto désert et d’attendre patiemment en entendant tous les bruits en cuisine que la patronne une dame bien âgée, me serve. Bonne nuit réparatrice après une petite balade autour du château car je retrouve enfin des forces.

 

 

 

Samedi 24/07 : Environ 66km

Je reprends les chemins après un petit-déjeuner à l’hôtel, encore une fois dans une grande salle un peu déserte. La piste change un peu avec plus de petites côtes et un cheminement moins droit. Il n’y a vraiment personne sur ces chemins ! A Wimmeneau, j’achète de quoi faire mon pique-nique de midi dans un petit supermarché. Même s’il est encore tôt, je préfère profiter de la 1ère occasion plutôt que d’attendre en crevant de faim la prochaine boutique ouverte. Je fais une bonne pause dans le joli village de la Petite Pierre. Longue montée en plein soleil puis en sous-bois jusqu’aux hauteurs de Ernolsheim lès Saverne. J’arrive ensuite à la chapelle du Mont St Michel où pas mal de touristes et marcheurs sont présents. Jolie vue dégagée sur la vallée et notamment sur Saverne. J’apprécie un coca bien frais avant de terminer cette étape. L’après midi n’est pas trop dure avec une arrivée en descente puis sur du plat le long du canal du Rhin au Rhône jusqu’à Saverne. Comme j’arrive trop tôt il me faut patienter avant l’ouverture à 17h de l’auberge de jeunesse. J’en profite pour voir un peu la ville, manger une glace puis boire un verre. L’auberge de jeunesse est installée dans une aile de l’immense château des Rohan mais il faut monter plusieurs étages pour aller aux chambres. Le vélo est mis en sécurité au sous sol. Quant à moi, je bénéficie d’une petite chambre individuelle. J’ai de la chance car il semble qu’il y ai beaucoup de monde dans cette auberge, notamment des très jeunes faisant aussi du vélo. Dîner me convenant parfaitement dans un petit resto de la ville.

 

Dimanche 25/07 : Environ 60km

Après un bon petit déjeuner à l’AJ dans une salle comble, je retourne dans la rue piétonne du centre ville car j’avais vu la veille une boulangerie proposant des sandwichs. Nous sommes dimanche et il vaut mieux que je sois prévoyant pour mon pique-nique de midi. La trace de la TMV ne passant pas normalement par Saverne, je me trompe un peu dans les 1ers kilomètres en longeant le canal. Je fais donc demi-tour et retrouve la piste qui monte pas mal et longtemps, d’abord par la route puis ensuite par des chemins. Ensuite, on roule en sous-bois par monts et par vaux. Je croise pas mal d’autres vététistes qui font leur sortie du dimanche.

Au village d’Urmatt, je vois que le ciel devient vraiment très sombre, surtout au Nord où il doit pleuvoir averse. Au sud, le ciel est encore clair. J’ai de la chance car c’est ma direction. Je me tâte tout de même en traversant le village de Muhlbach. Vaut-il mieux trouver un abri et attendre que l’orage passe ou continuer ? Comme, je ne trouve pas vraiment d’abri, je décide de continuer et d’attaquer la montée vers Grendelbruch. Mais il se met à pleuvoir de plus en plus fort. Je m’arrête, cours me mettre sous les arbres, met mon vêtement imperméable, recouvre tant bien que mal mon sac à doc d’un sac poubelle et attend un bon moment que la pluie se calme. Je repars alors pour terminer cette longue et crevante montée. A un col il me faut encore monter. Un panneau indique 45mn à pied soit 3 km mais ils me paraîtront interminable mais heureusement sur la fin, cela se transforme en faux plat. J’arrive au refuge des Amis de la Nature de Muckenbach en plein milieu de la grande fête campagnarde dont on m’avait parlé lors de ma réservation. Il y a un groupe de musique et des gens dansent. D’autres sont attablés, mangent et boivent. J’ai un peu de mal à trouver quelqu’un qui puisse m’indiquer où je dois m’installer. On m’indique finalement un grand dortoir où en fin de compte je serais seul toute la nuit. Après une bonne douche, je descends profiter un peu de la fête et boire quelques verres. On m’annonce qu’elle se terminera vers 19h. Il me faudra donc manger avant si je ne veux pas me retrouver le bec dans l’eau sans rien avoir à manger. Il est donc 18h30 lorsque je mange une copieuse flammenkusche. C’est un tôt mais j’ai très faim. Le vélo restera dehors toute la nuit.

 

Lundi 26/07 : Environ 73km

Aie ! Pas moyen de se faire servir un petit-déjeuner au refuge. Mais on me propose tout de même quelques restes de la fête de la veille, un peu de soda et des croissants rassis. Avec une barre de céréale, cela me sera suffisant. Les 1ers kilomètres sont agréables car plutôt en descente. Mais après, commencent de longues portions de montée. Ma seule possibilité pour déjeuner aujourd’hui est d’aller à Hohwald. A vol d’oiseau, je peux voir sur le GPS que c’est à moins de 10km mais la trace est loin, très loin d’être rectiligne et l’approche est interminable. Il me faut aussi monter au mont St Odile et je suis parfois obliger de mettre pied à terre et pousser le vélo. Je ne m’attarde pas au sommet du Mont St Odile car il fait gris, j’ai faim et il est déjà plus de 12h. Me fiant au GPS, je me lance dans une longue descente par une route mais à un moment, horreur, je me rends compte que je suis déjà passé par là, tout à l’heure. Je me suis trompé et me suis dirigé vers ma trace aller. Il me faut donc prendre une décision, soit improviser en suivant la route soit faire demi-tour et retrouver la bonne trace. C’est ce que je décide finalement de faire car c’est le moins risqué mais il faut que je me tape cette longue remontée en plus en sens interdit, jusqu’au Mont St Odile. Là, je retrouve sans trop de difficulté la trace. J’arrive enfin au joli petit village du Hohwald où malheureusement le seul commerce présent est fermé les lundis. Mais heureusement, il y a un petit resto qui fera parfaitement l’affaire. Après un bon petit repas, je continue ma route qui reprend en montée. Je me paye une petite sieste à un col et profite enfin d’un bon soleil. Il y a aussi plein de grosses mures qui seront parfaites pour compléter mon repas. On descend ensuite le long d’une crête puis par une petite route on remonte vers le château de Bernstein. Les derniers kilomètres se font sur une bonne piste. Mon état d’esprit est bien différent par rapport à ce matin : j’ai le ventre plein, il fait beau, les derniers kilomètres devraient être descendants et puis surtout la fin de ce raid de 4 jours approche. Je monte à pied au sommet de la tour du château de Bernstein pour profiter du large vu sur la vallée, sur Dambach et sur Châtenois au loin. Chouette descente jusqu’à Châtenois que je retrouve avec plaisir après y être passé en Juin lorsque nous avions fait la dernière partie de cette TMV. Je retrouve le même gîte qu’en Juin. On me donne une petite chambre de 2 où je serais seul. Par contre, il ne serve pas le dîner aux individuels. Ce n’est pas grave. J’en profite pour faire un tour dans le village, boire un pot puis manger en terrasse dans un petit resto.

 

Epilogue :

Le lendemain, je repars en vélo depuis Châtenois pour rejoindre la gare de Sélestat. Comme j’arrive tôt j’en profite de circuler un peu dans les vieilles rues de Sélestat même si ce n’est pas facile car un grand marché si déroule. Je prends ensuite un train pour Strasbourg. Je descends là pour revoir cette belle ville que j’avais déjà vue en 2003, en pleine canicule. Strasbourg est toujours aussi jolie mais je n’ai pas trop la tête à faire du tourisme. Je reprends donc un autre train vers 13h pour rejoindre directement Wissembourg où je retrouve ma voiture. Je descends ensuite sur Cernay pour un peu de repos et pour faire la liaison en vélo de route entre la TMV et la GTJ, c’est-à-dire entre Thann et Montbéliard. Le mercredi 29/08, je rejoins Thann depuis Cernay par une piste cyclable puis ce sera une succession de petites routes sans trop de dénivelé jusqu’à Montbéliard. A noter tout de même, que mon GPS m’a fait passer par une petite route qui se transformera pendant quelques kilomètres en piste. Malgré une conduite prudente, je crève de la roue avant par pincement. Un jeune vététiste sympa s’arrête pour me demander si tout va bien. C’est amusant de voir que ce qui est de la rigolade pour un VTT devient un enfer pour un simple vélo de route avec ses pneus ultra fins. J’arrive un peu fatigué à la gare de Montbéliard après 95km sous un chaud soleil. La gare de Montbéliard me rappelle mon départ de ma traversée du Jura en 2006, je peux même dire qu’il s’agissait du départ de mon tour de France mais à l’époque je n’avais pas encore ce projet en tête. Je rejoins Mulhouse en train. Il me reste ensuite moins de 20km pour rentrer à Cernay, où je me suis installé au même camping qu'en 2003.