Grande Traversée des Pré-Alpes (route)

 

Samedi 08/08/09 :

Il est 3h30 du matin. Je passe une dernière nuit au grand camping de Thonon-les-Bains avant le rendez-vous à 9h avec le groupe Vélorizons pour cette grande traversée des Pré-Alpes. Je suis réveillé par la pluie qui commence à tomber. « Et merde ! Ça commence mal » me dis-je d’autant que les prévisions ne sont pas bonnes jusqu’à lundi. A 7h30, il me faut donc plier une tente trempée sous une pluie qui heureusement semble s’arrêter. A 8h30, je suis au rendez-vous, devant la gare de Thonon-les-Bains. Il y a déjà d’autres participants qui s’affairent. Je décharge mes bagages, mon vélo et ma tente qu’il faudra bien que je fasse sécher si je ne veux pas qu’elle moisisse dans le coffre de ma voiture. Je pars ensuite garer ma voiture de l’autre coté de la gare, là où c’est gratuit. J’ai réussi à mettre mon VTT et quelques autres bagages entièrement dans le coffre de la Clio, donnant ainsi l’impression d’une voiture vide. Fin des préparatifs devant la gare un peu désordonnés. Nous sommes nombreux, 22, et Simon est seul pour nous accompagner. On le laisse avec un tas de bagages dont on se demande s’il va tout réussir à caser dans le Renault Trafic de location, d’autant que certains ont de grosses valises spécifiques pour le transport de leurs vélos. Je récupère mon road book que je n’avais pas encore reçu par courrier et prend mon pique-nique préparé par Simon. Dans le bazar de ce départ, nous n’avons pas eu le temps de faire les présentations avec tout le monde. Il est 9h et il est temps de partir car cette première journée promet d’être longue. Il ne pleut plus heureusement mais le ciel est bien gris. Je suis dans le groupe niveau 2. Je ne savais pas trop qu’il y avait 2 groupes de niveaux mais le programme du niveau 2 me semblait bien suffisant pour moi et mon manque d’entrainement en vélo de route (4300km en 4 ans alors que certains font le double en juste une année). Dès Thonon-les-Bains, les 2 groupes de niveaux ont des circuits différents mais comme chaque jour, nous allons en principe au même lieu de logement. Je pars donc avec Marc et Cathy. Les autres sont déjà partis. La montée vers le col de Jambaz se passe sans trop de problème mis à part une déviation qui nous fait passer par le village de Lullin et qui nous rajoute 2 km.   Nous avons doublé quelques autres personnes du niveau 2 qui visiblement ont un rythme plus tranquille. Avec Cathy et Marc, c’est sympa car on a à peu près le même rythme. Nous passons le col de Jambaz (1027m) quasiment sans nous en rendre compte mais une nouvelle déviation au col nous fait hésiter. Nous décidons de tout de même passer. Belle descente sur Mégevette mais sur route mouillée, nous sommes donc prudents. Nous avons bien fait de ne pas suivre la déviation car les travaux du pont de Mégevette sont presque terminés. Les routes sont agréables avec très peu de circulation. Traversée de St Jeoire et de son marché dans la rue principale. Nous dérogeons ensuite du road book pour suivre une petite départementale qui nous mène jusqu’à Marignier. En fait, je m’étais fait une trace sur mon GPS sans connaitre le tracé exact. C’est pour cela que je me trompe un peu ensuite en guidant les compagnons de route jusqu’au centre de Cluses. Mais c’est bien ainsi car ce sera un bon endroit pour la pause pique-nique puis pour prendre un verre dans un bar.

Le plat de résistance de cette après-midi arrive de suite avec le passage du col de la Colombière (1613m). Jusqu’au village du Reposoir (qui porte bien son nom au milieu de ces 16km de montée), la montée est longue mais pas trop dure. Marc commence à décrocher. Je continue avec Cathy qui tient bien la forme, et qui, cela se confirmera lors des prochains jours me passe facilement lorsque le pourcentage de la pente dépasse les 8%. En dessous, c’est plutôt moi qui suis devant. Elle termine donc devant moi le Colombière. Je ne peux pas dire que ce col m’aura fait particulièrement souffrir. J’ai la forme grâce à mes 4 jours de VTT la semaine précédente dans les Vosges et le temps frais est agréable. Belle descente ensuite vers le Grand Bornand puis Thônes mais il faut tout de même se couvrir pour pas attraper froid. Alors que le programme initial de ce circuit prévoyait de passer la nuit à Thônes, il nous faut faire 14km de plus et le passage du petit col du Marais (843m) pour rejoindre le hameau du Bouchet. Autant dire qu’avec déjà plus de 100km dans les pattes et une terrible montée pour arriver à ce hameau, nous sommes bien crevés et contents d’arriver à notre hôtel. Nous sommes les premiers. Les derniers arriverons jusqu’à 2h30 plus tard. Nous avons des chambres de 3 ou 4. Je fais sécher ma tente en attendant le repas qui sera d’ailleurs bien bon et copieux. Certains comment à avoir des soucis mécaniques sur leurs vélos. Ils devront faire avec pendant 2 jours car les vélocistes sont fermés les dimanches et les lundis. Nous faisons connaissance avec ceux que nous avions juste croisés le matin même. A 22h30, nous sommes tous au lit.

Données de l’étape : 111km

Dimanche 09/08 :

Nous partons à peu près tous ensemble. Petit passage facile du col de l’Epine puis chouette descente groupés sur Faverges. William, un vélo sportif d’expérience nous indique du doigt les petits dangers de la chaussée. Nous rejoignons la piste cyclable qui va jusqu’à Annecy. On prend les relais et ça roule vite. Plus de 30km/h de moyenne jusqu’à Sevrier. Là nous quittons les niveaux 3 qui vont monter le col de Chatillon depuis Annecy. Nous nous contentons du col de Leschaux qui avec ses 897m est déjà pas mal. Les vues sur le lac d’Annecy sont chouettes. Longue montée mais pas trop dure. Il suffit de prendre un rythme tranquille. Je m’arrête 1mn pour questionner un groupe de jeunes en vélo qui ont l’air bien chargés et bien fatigués. Ils sont allemands et viennent de Stuttgart. Ils vont jusqu’à Barcelone. Beau programme ! On se retrouve à plusieurs au col mais on commence à se connaître et on sait bien que nous avons des niveaux différents. Je continue donc à rouler avec Cathy. Son mari quant à lui fait le circuit niveau 3. Le soleil est revenu et les derniers 2km en ligne droite et sous le soleil du col de Plainpalais me semblent bien longs. Chouette descente ensuite avec vue sur Chambéry . Nous faisons une pause au milieu de la descente à St Jean d’Arvey pour manger notre pique-nique et prendre un pot. Café pour Cathy et coca frais pour moi. Nous croisons Simon qui va au gîte avec la camionnette mais ne croisons pas d’autres cyclistes du groupe. Nous somme encore une fois les premiers. Traversée rapide de Chambéry en suivant la trace du GPS. Il nous faut maintenant attaquer en pleine chaleur la terrible montée du col du Granier (1134m). Je suis très à « l’écoute »  de mes cuisses. Mes muscles sont durs et je crains une crampe ou une contracture. Je préfère faire une pause à 3km du col pour faire des étirements. Je retrouve Cathy au col où je prends une glace bien méritée. Il ne nous reste plus que quelques kilomètres en descente pour rejoindre le gîte de la Hulotte au pied de la minuscule station de ski du Granier. Nous sommes bien les premiers et les propriétaires ne sont pas là. Nous attendons donc dehors un moment avant qu’on nous ouvre. C’est un jeune couple qui tient ce gîte. Ils l’ont restauré en 2005. Lui se fait un plaisir de raconter les travaux mais aussi l’histoire de l’adoption de leurs 2 enfants venant de Chine. Les derniers arriveront sous la pluie et encore une fois tard pour les derniers. Je fais un peu de lessive mais il faudra plusieurs jours pour faire sécher tout cela. Grande tablée pour nous tous et bon repas copieux avec notamment un bon gratin. Pour la 1ère fois, étant donnée notre nombre, le groupe doit être séparé en 2 pour l’hébergement. Les toulonnais dorment un peu plus bas à Entremont le Vieux.

Données de l’étape : 105km

Lundi 10/08 :

Il a pas mal plus la nuit et le temps est toujours pluvieux au petit matin. La pluie va cependant vite cesser pour cette traversée du Massif de la Chartreuse mais ce sera temporaire puisque dans la descente vers Grenoble, il se mettra à pleuvoir fort. Dans les 2 premiers cols, celui de Cucheron (1139m) et celui de Porte (1326m), je suis très prudent avec mes cuisses, surtout avec la gauche. Il est devenu plus gros et je sens qu’un seul petit effort violent pourrait me créer une contracture. La descente sur Grenoble sur une toute petite route se fait donc très prudemment mis je me fait tout de même une petite frayeur avec une petite glissade de la roue arrière lors d’un freinage un peu trop sec. L’arrivée dans cette grande ville de Grenoble après cette traversée de la Chartreuse nous déstabilise un peu mais grâce au GPS j’arrive à rapidement trouver la direction pour la montée sur le plateau du Vercors. J’ai trouvé les 13km de montée jusqu’à St Nizier de Moucherotte bien longs. Heureusement les points de vue sur Grenoble étaient pas mal malgré un temps toujours gris. Il ne pleut plus et ce sera ainsi jusqu’à notre arrivée à Fréjus. A St Nizier, il est plus de 13h30 lorsque nous arrivons. Il était temps de faire une pause pique nique suivie d’un thé et d’une petite tarte aux noix de Grenoble pour se donner des forces avant désormais la traversée du Vercors que je redoute un peu car je sais pour y être déjà venu que c’est loin d’être un plateau tout plat. Les 3 toulonnais font leur pause en même temps que nous mais eux tournent plutôt à la bière. Ils partiront devant nous car ils font un circuit plus long que nous. La traversée du Vercors se passe plutôt bien finalement avec un profil assez souvent descendant. Je protège Cathy du vent pas mal de temps. Superbe passage dans les gorges de la Bourne. Traversée de la Chapelle en Vercors avec une petite pensée pour Géry et Olivier qui connaissent bien ce lieu pour la spéléo. Les derniers kilomètres avec la montée au col du Carri (1202m) sont durs mais nous sommes bien contents d’arriver. Simon n’est pas encore arrivé et nous n’avons donc pas nos affaires. Nous serons assez déçus par ce gîte. Accueil un peu froid, bazar dans la distribution des chambres et dortoirs et surtout pas assez à manger au dîner et au petit déjeuner. Avec les calories que nous dépensons chaque jour il nous faut quasiment le double de ration d’un quidam normal. Nous nous ruons sur les restes de salades plus très frais de midi tellement nous avons faim.

Données de l’étape : 114km

Mardi 11/08 :

Nous sommes plusieurs à choisir de faire le circuit du niveau 3 qui n’est pas beaucoup plus long que celui du 2 et qui évite de repasser par la Chapelle en Vercors. Nous partons tôt donc avec un bon groupe. Je crève en haut d’un col et sympas les autres m’attendent. Ensuite nous filons vers Vassieux en Vercors mais le groupe se disloque un peu jusqu’au col de Rousset qui peut être considérer comme le passage vers le midi de la France. En bas c’est la région du Diois et nous devrions trouver le cagnard méditerranéen. Pause photos à la sorte du tunnel donnant sur le col. Nous attaquons ensuite une longue descente de 11km avec plusieurs épingles. Nous croisons pour la 1ère fois pas mal de cyclistes qui font cette montée. Je fais un peu la course dans la descente avec Régis que j’arrive finalement à doubler. A Die, nous sommes plusieurs à vouloir faire une pause. Certains pour prendre un verre ou comme moi pour y faire un tour rapide. Il fait effectivement bien chaud. Nous rejoignons Pontaix en roulant groupé puis, par une petite départementale, nous traversons des champs de vignes de la fameuse clairette de Die. Nous longeons la vallée de la rivière Roanne. Pause pique-nique bien agréable à l’ombre d’un arbre à St Benoit en Diois où nous faisons aussi le plein d’eau. Je pense que nous devons facilement boire 4 l d’eau par jour. Personnellement, mes 2 premiers bidons de la journée sont avec de l’Isostar. La plupart d’entre nous prenons d’ailleurs ce genre de produit pour pouvoir tenir ces efforts. Certains ont fait le choix de ne pas porter de pique-nique et de se contenter donc de barres de céréales. Je roule un peu seul jusqu’à St Nazaire du Désert. Cathy est partie devant, Marc et Pierrick n’arrivent pas à me suivre. Mais à St Nazaire, je retrouve à un bar le groupe des gros rouleurs. Je terminerais l’étape avec eux avec petites courses au point lors de cols suivants. Je me sens vraiment en forme aujourd’hui. Les cuisses tiennent le coup et je supporte bien la chaleur. Les 2 derniers kilomètres après la Motte Chalençon sont terribles avec 2 passages très pentus. C’est toujours très dur de terminer une étape par une montée. Nous sommes accueillis par la truculente Francine qui tient cette ferme auberge. 1,60m et peut être 120kg, la personne avec sa gouaille est haute en couleur mais fort sympathique. Elle nous prend en photo pour sa collection personnelle et nous offre à tous des boissons bien fraiches qui seront bien appréciées. Avec le soleil et le petit vent qu’il fait, nous avons enfin la possibilité de faire sécher notre linge humide depuis 2 jours et faire un peu de lessive. La journée a été longue mais on peut presque la considérer comme une journée de repos. Nous arrivons d’ailleurs tous pour une fois assez tôt. Le repas sera très copieux avec vin à volonté et clairette de Die en apéritif offert par Anne Laure, la compagne d’un toulonnais, qui ne fait pas de vélo et est donc accompagnatrice dans la camionnette de Simon.

Données de l’étape : 120km

Mercredi 12/08 :

Réveil très tôt, on s’en serait douté à cause du coq dont le poulailler est juste en dessous de notre dortoir. Encore une fois, nous avons été séparés en 2 groupes pour la nuit, certains ayant dû dormir dans un hôtel de la Motte Chalençon. Aujourd’hui grosse journée puisque nous attend la terrible montée du Ventoux par Malaucène. Heureusement les 60km d’approche sont globalement descendant. Nous nous dépêchons sans nous arrêter ni à Nyons ni à Vaison la Romaine pour arriver pas trop tard au pied de la montée. Nous roulons donc groupé à 4 mais je termine seulement avec Cathy, les autres n’arrivant pas à suivre notre rythme. Malaucène ! Nous y voilà ! Moi qui ait déjà monté le Ventoux depuis Bédoin et Sault suis content de découvrir cette montée depuis Malaucène. Je la sais dure et longue mais j’espère bien pouvoir le gravir en moins de 2 heures. Avec Cathy, nous faisons une bonne pause à Malaucène qui est en plein marché. Il est 10h50 et nous attaquons la montée. Je pars un peu vite, trop confiant de ma forme et motivé par 2 cyclistes que je vois devant moi. Mais mon rythme va baisser car la montée jusqu’à la station de ski du Mont Serein est interminable. Il y a de nombreuses portions très pentues à plus de 10% et il fait chaud. Les forts dénivelés, ce n’est pas mon fort et Cathy en profite pour me doubler. Je fais quelques très courtes pauses pour boire ou refroidir mes plantes des pieds qui chauffent fort mais heureusement, grâce à mes nouvelles semelles orthopédiques je n’ai plus ces douleurs atroces qui m’arrivaient parfois. Jusqu’au Mont Serein, nous avons heureusement une piste cyclable qui a été tracé à gauche de la chaussée. Nous ne sommes donc pas trop gênés par les nombreuses voitures qui montent. Je découvre une odeur très désagréable et omniprésente lors de cette montée de freins à disque des voitures qui descendent. Au niveau de la station de ski, la pente se calme franchement se qui fait du bien mais après, la route devient plus étroite et toujours très pentue. J’arrive dans la partie désertique. Cathy est déjà loin devant. Je commence à prendre quelques photos mais c’est aussi un bon prétexte pour faire de courtes pauses. A quelques centaines de mètres du sommet, c’est le bazar de toutes ces voitures, vélos et piétons. Il est temps d’arriver car je suis sur le point de craquer nerveusement. Cela m’arrive parfois au terme d’un effort trop intense. A 200m du sommet, je retrouve Simon, Cathy et Pierrick qui a fini dans le camion. Nous pique niquons au beau milieu de ce bazar de voitures. Nous faisons ensuite des photos au sommet. Le temps est magnifique et la vue est très dégagée. Peu de vent heureusement. Je m’arrête 2 fois dans la descente vers le chalet Reynard pour faire des photos, notamment de la stèle de Tom Simpson. A chaque reprise, je m’amuse à redoubler la même voiture. La descente vers Sault est ensuite moins plaisantes avec ses parties de replat et sa chaussée vraiment pas en bon état. Maintenant que nous sommes dans le sud, il faut aussi faire bien attention aux plaques de goudrons rendu presque liquide avec la chaleur. La petite montée sur Sault est très dure après ces 26km de descente. Nous faisons une pause à un bar avant de reprendre une petite route globalement descendante jusqu’à Montbrun Les Bains. Encore une fois nous terminons notre étape par une toute petite route avec une montée très dure et en plein soleil mais nous arrivons enfin au gîte de Vergol. Mis à part une grande terrasse ombragée, il n’a pas l’air terrible. Il n’y a pas de boissons fraiches pour nous accueillir et nous devons attendre un peu l’arrivée de Simon. Il nous explique que nous sommes encore une fois partagés dans 2 gîtes. Il demande des volontaires pour l’autre gîte sans rien nous donner de précision à savoir s’il est mieux ou non. Je prends le risque que l’autre soit mieux et accepte qu’il m’y transfert. Il s’agit du gîte de la Villette situé en hauteur non loin de Montbrun. J’ai fait le bon choix car il à l’air chouette, il y a des bières fraiches et le top du top, une belle piscine. Quel délice de pouvoir se baigner après cette dure journée. Un petit bémol cependant avec tous les taons qui ont l’air de se régaler aussi. Le lieu est paisible. Un petit troupeau de moutons et de chèvres est guidé vers les hauteurs. Le repas sera aussi très bon et très copieux avec vin à volonté et Chartreuse en digestif. De jour en jour, le vin devient meilleur. C’est de bon augure pour la fin de la semaine ! L’ambiance est bonne et l’on apprécie finalement d’être en petit groupe pour mieux se connaitre. Comme pour les autres nuits, malgré une bonne fatigue, j’ai du mal à bien dormir. J’aurais souvent besoin de prendre un petit somnifère pour ne pas veiller toute la nuit.

Données de l’étape : 131km

Jeudi 13/08 :

Aujourd’hui peut être considérer comme une étape de liaison. Entre le Ventoux la veille et les gorges du Verdon pour le lendemain, cette traversée du plateau d’Albion puis la vallée de la Durance, ne présente que peut d’intérêt. On peut aussi la considérer comme journée de repos car il n’y a pas vraiment de cols au programme d’aujourd’hui. Je reste sur le circuit du niveau 2, mais ne suis pas au courant que les amis avec qui j’ai désormais l’habitude de rouler et qui sont dans l’autre gîte, vont faire le circuit du niveau 3. A Aurel, je dépasse Odile puis Augustin. Plus loin, je rejoins Luca, l’italien de notre groupe, qui va rester dans mon aspiration pendant toute la traversée un peu monotone du plateau d’Albion. Petit souvenir en traversant Revest de Bion, on nous avions passé un Noël en famille il y a quelques années. Petite pause à Banon, puis pique nique à Forcalquier où le gros du groupe se reconstitue. A la reprise, nous filons un bon train puisque nous roulons à la queue leu leu en prenant des relais. Mais qu’il est difficile de tenir un rythme de 38km/h de moyenne. Dans la 1ère petite côte, le groupe explose. La montée vers le col avant Gréoux les Bains est bien dure, en plein soleil et avec pas mal de voitures roulant vite. A St Martin de Brômes, je retrouve comme convenu Simon, qui m’emmène avec Gilles jusqu’au gîte qui se trouve un peu plus haut et qui surtout est inaccessible en vélo de route puisque la route se termine par 1.7km de piste. Nous sommes arrivés et nous avons le temps de nous poser un peu. Le gîte est très agréable mais pour le repas, il nous faut marcher presque 1km pour aller jusqu’à la salle à manger. Grande tablée puisque ce soir nous sommes tous ensemble. Encore un très bon repas servi par tous les membres de la famille du propriétaire. Comme le groupe est important, il aura fallut quelques jours pour connaître un peu tout le monde. Il y a de vrais cyclo-sportifs comme William ou Alain, des sportifs complets (course à pied et triathlon) comme les toulonnais, des vrais randonneurs à vélo comme leurs femmes ou Gilles, Jean-François. Je me sens parfois un peu différent de ces vrais routiers. Ils savent bien que je suis plutôt vététiste mais je prends de plus en plus goût à la route. Les discussions tournent souvent autour de tel fameux col ou de telle fameuse cyclo-sportives sur route (Combien de fois ont-ils parlé de cette fameuse « Marmottes » ?)

Données de l’étape : 106km

Vendredi 14/08 :

Avec la chaleur qui nous attend aujourd’hui nous nous levons très tôt (6h30). Jean François part même à 6h sans prendre son petit déjeuner. L’organisation pour ce matin est compliquée entre les sacs qu’il faut séparer en 2 tas puisque nous serons dans 2 logements différents le soir même, les navettes que doit faire Simon pour amener certains à St Martin où ils avaient laisser leur vélos la veille à la mairie du village et les 2 tas de chaussures de marche pour ceux qui comme moi doivent rejoindre la route à pied. Jusqu’à Moustiers-Ste-Marie, je roule seul. C’est seulement quelques kilomètres avant le village que le groupe des gros rouleurs me rattrapent. Petit tour rapide dans Moustier avec son marché de Provence, puis descente vers le lac de Ste Croix. Nous attaquons maintenant la montée vers la rive gauche du Verdon via le village d’Aiguines. Une bien longue montée mais le paysage et les points de vue sur les gorges sont superbes. Quel avantage d’être en vélo de pouvoir s’arrêter facilement sur les bords de la route pour apprécier la vue et prendre le paysage en photo. Il m’arrive même de rouler à gauche lorsqu’il n’y a pas de voiture en face pour en profiter au maximum. On voit au bas des gorges le quasi embouteillage des pédalos partant du lac de Ste Croix. Je roule seul aussi pour pouvoir en profiter à mon rythme. Je connaissais déjà la rive droite pour l’avoir parcourue lors d’un week-end du 14 Juillet avec 2 potes de l’armée lorsque je faisais mon service à Draguignan, mais je ne connaissais pas encore cette rive là ou du moins je ne m’en souvenais pas. Au tunnel du Fayet, je retrouve les 3 toulonnais. Après le passage du pont de l’Arturby, nous faisons notre pause pique-nique au bar boutique à souvenir du balcon de la Mescla. Il était temps car je commençais à avoir très faim. Heureusement que j’avais déjà bien entamé ma salade car à un moment, à cause d’un faux mouvement, je fais tomber mon tupperware par terre. Au moment de repartir, une autre partie du groupe arrive et prend notre place à table. La reprise est dure. Il fait bien chaud et il faut encore se taper une montée. Mais la descente sur Trigance est grisante. J’atteints ma vitesse maxi pour cette semaine soit 70km/h. Le raidillon juste après est beaucoup moins apprécié. Au village de Soleils, qui porte bien son nom ce jour là, je discute avec un gars en vélo qui fait une pause auprès d’une fontaine. Il ne parle pas français et très peu anglais. Je comprends qu’il vient de Hongrie et qu’il sillonne ainsi toute l’Europe. Son vélo est un vieux VTC de femme tout pourri chargé avec une grande caisse sur le porte bagage. Il m’a l’air sacrement pauvre. Je crois comprendre qu’il voyage ainsi avec toutes ses affaires. Je suis impressionné. On n’a pas beaucoup de mérite à coté à faire notre périple avec nos supers vélos et une voiture suiveuse.

J’ai la flemme de montée jusqu’au Point Sublime, soit 12km AR. Les toulonnais m’auront bien fait rigolé lors de la pause pique nique car ils sont sensés faire le circuit du niveau 3 et donc non seulement monter au Point Sublime et aussi faire la boucle du belvédère de la Maline. Ils ne sont pas trop motivés mais leur honneur semble en jeu si les autres du niveau 3 (« les parisiens ») font cette boucle mais pas eux. Je crois qu’au final seul 1 des 3 l’aura fait. Je les quitte à l’intersection pour continuer tranquillement le long du Verdon et rejoindre Castellane. Je prends mon temps à regarder les apprentis rafteurs passer un rapide. Petite pause à Castellane pour manger une énorme glace italienne (ce n’était pourtant qu’un petit modèle). Je croise les « parigots » qui partent directement pour rejoindre notre point d’arrivée à St André des Alpes. Encore une fois, nous avons 2 lieux de logement. Nous avons fait les répartitions la veille en fonction de ceux qui devront être tôt à Fréjus le lendemain pour attraper un train. Je suis donc dans le site le plus éloigné et nous devons donc faire 16km de plus que les autres mais heureusement nous longeons le lac de Castillon et une bonne partie du trajet est assez plate. J’arrive tout de même bien crevé à l’hôtel « Lac et forêt » situé à l’entrée de la ville de St André des Alpes, juste devant une piste d’atterrissage pour parapente et ailes deltas et en bout de lac. Nous avons des petites chambres de 2 lits. Après un pot, une bonne douche et un peu de lessive, je pars me baigner dans le lac. J’y vais en vélo car la plage est à 2 kilomètres. Qu’est ce c’est dur de remonter sur le vélo aussi rapidement  et quel mal au fesse sans cuissard ! Mais la baignade fût délicieuse. Simon nous rejoint pour un apéro offert par Vélorizons bien apprécié. Très bon repas ensuite.

Données de l’étape : 116km

Samedi 15/08 :

Voilà le dernier jour de ce circuit. On râle un peu depuis quelques jours car ce qui ne devait être qu’une formalité de 50km sur le programme initial s’est transformée en circuit d’une journée comme les autres avec 115km de prévus, heureusement avec plus de descentes que de montées. Il nous faut donc partir très tôt. Levé à 6h30, petit déjeuner à 7h et départ à 7h30. Nous nous dépêchons pour retrouver l’autre groupe à Castellane entre 8h15 et 8h30 afin de terminer cette étape en semble. A Castellane, nous sommes quasiment au complet et en profitons pour faire des photos de groupe. Les 29km, plus ou moins en montées et en descentes jusqu’au col de Valférriere (1169m) sont cassants et les groupes explosent.   Après le Ventoux, je me fâche encore une fois contre un automobiliste qui face à moi persiste à vouloir doubler une autre voiture sans se rabattre à mon approche. Je n’aime pas du tout cela de voir une voiture à plus de 100km/h passant tout près de moi. A part cela, cela se sera plutôt bien passé avec les autos. Je roule bien à droite, leur fais un geste de passer ou d’attendre lorsqu’ils sont derrière moi et qu’ils manquent de visibilité pour me doubler et puis il faut surtout noter que le circuit nous faisait globalement passer par des routes très peu fréquentées. Quel soulagement d’arriver à ce col ! Les 70 prochains kilomètres sont globalement descendants. Dans la descente sur Mons, je rejoins Cathy, Martin et Patricia, le couple de Québécois, qui nous auront bien amusés avec leur fort accent et leurs expressions typiques. Je ne les avais pas vu rouler les 1ers jours et j’étais un peu inquiet pour eux car ils s’étaient mis sur le circuit niveau 3 et arrivaient parmi les derniers tous les soirs. Je constate qu’ils sont en fait bons rouleurs. Patricia pique même de sacrés sprints de temps en temps pour aller prendre une photo.

Nous faisons une pause dans le joli petit village de Mons qui domine la plaine et d’où l’on commence enfin à voir la mer. Ce village est bien agréable car les voitures y sont bannies. A l’occasion du 15 Août, des habitants sont habillés en costumes provençaux. Les traversées des villages de Fayence, St Paul en Forêt et de Bagnols en Forêt sont moins agréables à cause de l’affluence. Les derniers kilomètres avant Fréjus sont très durs. Nous devons affronter une succession de montées suivies de redescentes. Psychologiquement, il ne faut surtout pas se dire que c’est la dernière montée. Je prends en photo un borne kilométrique indiquant Fréjus en ayant l’idée de faire ensuite une retouche pour y indiquer « Fréjus 920km » soit le kilométrage total de cette semaine. L’arrivée dans Fréjus puis St Raphaël n’est pas agréable. Nous traversons l’autoroute puis des zones commerciales avant de nous perdre un peu car la gare de St Raphaël n’est nullement indiquée. Une hésitation de Régis, un des toulonnais que nous suivons car il dit connaître le coin manque de mettre tout le groupe derrière par terre. Cela aurait été dommage une chute aussi près de l’arrivée alors que toute la semaine s’est passé sans chute grave. Nous arrivons finalement à 12h30 à la gare en même temps que Simon qui cherche à se garer. A Die, il avait récupérer une remorque qui sera bien utile pour les 7 vélos de ceux qui remontent le soir même sur Thonon-les-Bains. Nous rejoignons sur une petite placette ceux arrivés en premier et qui sont déjà attablés sur la terrasse d’un bar. Moyennant une consommation, le patron nous autorise à sortir notre pique-nique. Je me délecte d’un grand verre de 500cl de bière Leffe.

Nous laissons ensuite nos vélos à Simon qui a finalement pu se garer non loin de la gare. C’est le temps des 1ers adieux mais aussi d’aller rapidement à la plage voir enfin la mer de prendre un bain bien mérité. Aucun mal pour rentrer dans l’eau chaude (27°C) mais c’est plus difficile d’avoir un peu de place sur la page au sable brulant.

Données de l’étape : 115km soit un total de 918km en 8 jours

Epilogue :

15h30. Nous montons dans la camionnette pour un trajet qui sera bien long jusqu’à Thonon-les-Bains. 15 Août oblige, Simon préfère éviter les grands axes embouteillés.   Nous reprenons donc la route faite le matin même jusqu’à Castellane pour ensuite nous diriger vers Sisteron, Grenoble, Annecy, Chambéry puis Thonon-les-Bains. Je n’aime pas voir en voiture par où nous sommes passés en vélo. Cela me semble toujours inhumain alors que lorsque je suis sur un vélo je n’ai pas ce genre de conscience. Après quelques kilomètres, aux places arrière, on constate que le plancher est brulant. En fait, on se rend vite compte que la climatisation est complètement déréglée et qu’on avait donc mis le chauffage à fond.

Nous faisons une pause dans un village et mangeons les restes de pique-nique car le resto local nous propose pas grand-chose à manger rapidement. Nous arrivons à 00h40 à Thonon-les-Bains. Certains ont encore de la route pour rentrer chez eux. Quant à moi, je partage une chambre avec Alain, le belge du groupe, à l’Etap hôtel de Thonon-les-Bains. Les 3 jours suivant je resterais à Thonon-les-Bains en camping pour un repos bien mérité. Le lundi 17, alors que je me baignais dans le lac Léman, ma voiture est fracturée (custode arrière cassée) et mon sac contenant toutes mes affaires précieuses (téléphone, GPS, appareil photo, lecteur multimédia, carte grise, clé d’appartement) est volé. Je suis dégouté surtout pour toutes les photos et vidéos que j’avais prises lors de ce périple. Le sac était bien caché dans le coffre, mais je soupçonne le ou les voleurs de m’avoir observé en arrivant et m’avoir vu y ranger mon appareil photo et mon téléphone que j’avais sur moi et que je ne préférais pas avoir avec moi sur la plage. Quelle déception ! Quelle injustice ! Je me voyais déjà préparer un chouette diaporama comme je sais les faire, résumant bien cette semaine. Mes les souvenirs que j’ai de cette bonne semaine, personne ne peut me les voler. Ce fut tout de même un sacré défi de faire cette traversée des Préalpes. Moi, qui voulais faire à la place, la traversée des Alpes (annulée pour cause de manque de participants), je suis finalement content de ce choix. Nous avons traversé tous les jours des paysages très différents. Il me faudra tout de même faire prochainement cette traversée des Alpes car elle rentre parfaitement dans mon projet de tour de France au plus près des côtes et des frontières. Les muscles ont bien tenus. Je n’ai plus ces douleurs dans la plante du pied qui m’arrivaient parfois avant mes nouvelles semelles orthopédiques et j’ai bien supporté la chaleur. En prenant soin de boire abondamment, j’ai écarté tout risque de refaire un calcul rénal. Bref ce fut une belle et sympathique 1ère expérience de trip en vélo de route. Le mercredi, je prenais le train avec mon vélo de route de Thonon-les-Bains jusqu’à Bellegarde sur Valserine pour boucler la partie est de mon tour de France. De Bellegarde, je pousse ma détermination à faire ce tour complet jusqu’à aller à St Germain de Joux, où j’étais passé en 2005 lors de ma traversée du Jura, soit 22km en montées et descentes aller et retour depuis Bellegarde. Il me faut donc ensuite rejoindre Thonon-les-Bains pour faire cette liaison entre Jura et Alpes. Il me faut passer par la Cluse, étroiture au pied du Jura où passe le Rhône, pour rejoindre Genève par des petites routes puis par des pistes cyclables. Je ne m’éternise pas trop dans les rues de Genève car je manque une 1ère fois de rentrer de face dans un cycliste puis d’être frôler par une voiture. Je préfère donc faire une pause et manger mon pique-nique sur le bord du lac tout en regardant le jet d’eau. Il fait très chaud. Ce n’est que plus tard que je vis dans les titres des journaux que Genève était ce jour là en alerte orange pour la canicule. Je rejoins ensuite Thonon-les-Bains à bonne allure en longeant le lac et en passant par de petites communes bourgeoises suisses puis françaises. Auparavant, avant cette traversée des Pré-Alpes, j’avais aussi fait une liaison pour compléter mon tour de France. J’avais rejoint Thann (Les Vosges) avec Montbéliard (Le Jura) et c’est pour le retour que j’avais pris le train entre Montbéliard et Mulhouse