Chamonix - Zermatt en VTT

Dimanche 08/08/10

 

Pour être au rendez-vous de 13h à la gare de Chamonix et pour ne pas à avoir à laisser ma voiture sur un parking pendant 1 semaine, je rejoins Chamonix depuis les Houches en train. Arrivant le 1er à 11h15, j'ai tout le temps de voir les autres membres du groupe arriver et de manger mon pique-nique. Je fais d'abord la connaissance d'Yves et Bernard qui viennent de Pertuis. Puis ce sera Alain de Suisse, Vincent de Villefranche sur Saône, de Sébastien du Nord, d’Olivier de Chambéry, de Nathalie d’Avignon, de Sébastien de Metz et de Gabriel de Toulon. Certains se connaissent déjà pour avoir fait ensemble le tour du Mont Blanc. On se jauge un peu en voyant les vélos de chacun (essentiellement de beaux VTT d’enduros mais il y a tout de même 2 semi-rigides) et en parlant des expériences de chacun dans des raids à VTT. Ce raid est organisé par Vélorizons, agence spécialisée dans les voyages à vélo et avec laquelle je suis déjà parti plusieurs fois notamment en Espagne, au Maroc, en Cappadoce et, l'été dernier, sur la traversée des Pré-Alpes en vélo de route. A 13h nous faisons connaissance avec David qui sera notre guide pour ces 8 jours et aussi de Daniel qui sera le guide pour un groupe préconstitué d’amis venant des hauteurs de Béziers. Nous chargeons nos sacs dans une camionnette d’une entreprise de la vallée faisant ainsi du transport de bagages pour les groupes de randonneurs et partons enfin à travers les rues bondées de monde de Chamonix. Sur un parking à l’extérieur de la ville, Olivier et les 2 guides terminent de se préparer avant que l’on ne prenne vraiment le départ. David nous donne ses 2 seules consignes pour ces 8 jours : « Si vous êtes devant les autres, arrêtez vous à chaque intersection et attendez les instructions pour éviter de s’égarer » et « Prudence et courtoisie chaque fois que l’on croise des randonneurs car il y a beaucoup de monde sur les sentiers et les VTT sont parfois plus ou moins tolérés ». C'est la première fois que David et Daniel font ce circuit. Ils nous guideront donc en suivant les cartes, ce qu'ils feront globalement très bien. Le chemin commence tranquillement le long de l’Arve, nous offrant de belles vues sur le Mont Blanc déjà dans notre dos et sur l’aiguille des Drus. Mais il devient parfois très technique car il monte par paliers assez raides avec des portions très caillouteuses et pleines de racines rendant ces passages pas toujours praticables pour les VTT. Je me rends compte que le niveau du groupe semble très bon car ils sont plusieurs à grimper mieux que moi. Je pensais pourtant être bien entraîné avec mes nombreuses randonnées et descentes à VTT ces derniers jours à Serre-Chevalier, les Houches et à Morzine !  C’est vrai que l’on croise pas mal de randonneurs mais tout se passe de manière très cordiale jusqu’au moment où l’on croise un couple d’irascibles nous menaçant de déposer  plainte à la police, le chemin étant selon eux interdit aux vélos, ce qui n’était pas vrai. Nous restons courtois et continuons notre chemin qui monte à flanc de coteau et devient vraiment très agréable. Nous arrivons au village du Tour, départ du télécabine qui nous montera jusqu’au télésiège qui lui nous montera ensuite jusqu’au niveau du col de Balme à 2195m. Nous évitons ainsi une longue montée sur piste qui nous aurait bien pris 1h30. A cette altitude, il fait frais et le vent souffle fort. On ne s’éternise donc pas et l’on rejoint la frontière suisse que l’on passe sans s’en rendre compte après un dernier regard sur la vallée de Chamonix. Il est temps maintenant d’attaquer une longue descente jusqu’au fond de la vallée coté suisse.

Je ne serais pas seul à filmer cette semaine. Olivier possède une caméra GoPro qu’il peut fixer un peu partout sur son vélo ou sur son casque pour des vidéos embarquées plus un APN pour des vidéos à l’arrêt. Pour ma part, j’ai toujours mon Canon Powershot dans ma boîte bricolée que je fixe à mon sac à dos au niveau de mon torse plus mon Lumix HD pour des vidéos à l’arrêt. Le chemin est plutôt roulant mais les épingles ne sont pas toujours faciles à négocier. Nathalie a visiblement beaucoup de mal et d’appréhension dans les descentes. Nous traversons un superbe petit hameau en faisant bien attention de ne pas abimer l’impeccable gazon sur lequel on roule. Dernière descente en lacets et en sous bois avant d’atteindre Le Chatelard au fond de la vallée. Il nous faut maintenant nous taper la montée jusqu’à Finhaut par une petite route aux pourcentages dépassant facilement les 20%. Nous arrivons enfin à l’hôtel Beau Séjour où nous attendent nos bagages et un accueil sympathique des patrons. Le jet d’eau est le bienvenu pour laver les vélos de la boue et des bouses de vaches. Nous avons des petites chambres de  3 lits. Nous prenons le dîner dans un restaurant en contre bas du village. Un repas copieux avec crudités, cordon bleu maison servi avec des pâtes et de la ratatouille et de la glace en dessert. On commence à profiter du savoir d’Alain, le local de ce périple, pour nous expliquer certaines spécificités de la Suisse comme ce système de loterie pour les locaux accroché au mur du restaurant

Nous avons fait 36km en 3h17, à 10.9km/h de moyenne. 1686m de dénivelé positif (dont 750m par les remontées mécaniques qui coutent 18€) et 1491m de dénivelé négatif.

 

Lundi 09/08/10

 

Après un bon petit déjeuner à l’hôtel, nous voilà reparti, d’abord par la route puis rapidement nous empruntons la fameuse ancienne route des diligences, une piste de très bonne qualité descendant jusqu’à Martigny, nous offrant d’innombrables lacets qui devaient être autrement plus techniques à négocier pour des diligences que pour nos VTT. On croise ou longe à plusieurs reprises le petit train qui fait la jonction entre Martigny et Chamonix et qu’il nous faudra prendre à la fin de ce périple pour rentrer sur Chamonix. Petit arrêt aux Marécottes pour jeter un œil à l’entrée du zoo et à la piscine aménagée dans un site naturel. Nous reprenons ensuite notre folle descente jusqu’au fond de la vallée. De là nous prenons un agréable petit chemin en sous bois qui passe au pied de la fin de la vallée encaissée du Trient et qui nous mène directement jusqu’à Martigny que nous pénétrons en passant sur le pont couvert en bois. Nous sommes plusieurs à retirer de l’argent suisse et reprenons notre traversée de la ville. Nous passons devant la fondation Gianadda avant d’aller faire un tour dans les arènes romaines. Nous quittons Martigny par notre premier bisse, petit canal d’irrigation à flanc de coteaux que nous quittons rapidement pour une montée qui commence très doucement et agréablement sur un sentier puis par la route qui monte beaucoup plus fort. Joli point de vue au village de Chemin-dessous. De là, nous remontons encore plus fortement à travers des champs d’abricotiers. Nous avons un moment d’incompréhension car nous avons perdu de vue Olivier et Yves depuis le point de vue. Lorsque nous rejoignons la route, nous stoppons des voitures et une moto pour savoir s’ils sont devant ou derrière. En fait, ils étaient derrière car Olivier voulait regonfler ces pneus. Nous arrivons au col des Planches où nous faisons notre pause pique-nique. Comme presque tous les jours suivants, il se compose d’une salade composée à base de féculents (pates, germe de blé, quinoa,…) de saucisson ou de jambon de pays, de fromage, de pain, d’un fruit et de chocolat. Nous faisons aussi souvent au cours de la journée des pauses avec des barres de céréales et des fruits secs. Nous allons ensuite prendre un verre à la buvette de la fromagerie de ce col. Accueil sympa et étonnant car les propriétaires ont sauvé un petit faon auquel il manquait une pate arrière et qui donc aurait été condamné à mourir sans leur secours. Allongé sur un canapé avec le chien de la maison lui faisant des mamours, on avait là une vraie image de carte postale.

Notre montée n’est pas terminée car il faut encore passer le col du Lein et un autre col. La piste continue de monter tranquillement. Nous traversons un enclos avec un nombre important de vaches Hérens. De couleur noires et avec leurs cornes, elles font fortement penser à des taureaux. Elles sont d’ailleurs élevées essentiellement pour des combats très populaires entre vaches pour désigner les plus vaillantes. Pas de danger cependant à priori à passer à coté d’elles. Elles ont l’air aussi docile et aussi peu intelligent que toutes autres vaches. Nous arrivons maintenant à notre premier portage qui va nous mener en 30mn environ, 300m plus haut, au pied de la Pierre à Voir. Je découvre pour la 1ère fois la technique du portage longue durée. Vincent nous a expliqué sa technique : Tube de cadre  horizontale sur les épaules ou mieux sur le haut du sac à dos, on tient de la main gauche la fourche de la roue avant et de la main droite la pédale droite. C’est très physique mais en y allant à un petit rythme tranquille, on y arrive sans problème. Nous retrouvons au col l’autre groupe que l’on poursuivra ainsi presque tous les jours. Quelle longue montée depuis Martigny : 1800m de dénivelé en 25km. La vue est magnifique, à la fois sur la vallée de Martigny, sur le massif du Mont Blanc, le massif du Grand Combin  et sur la station de ski de Verbier. La descente sur le col de la Croix de Cœur est courte mais superbe. Nous avons de  là une vue complète sur Verbier. Nous pouvons observer un parapente qui nous survol. Le gîte « Chez Simon » est bien indiqué depuis le col et nous y arrivons rapidement par un bon petit sentier alpin descendant. Ce gîte est situé sur des pistes de ski et est composé d’un grand bâtiment avec une belle terrasse faisant restauration, d’une ancienne grange aménagée en petites chambrées et d’un chalet transformé en dortoir. Nous apprécions la qualité et la propreté des sanitaires et de ces dortoirs. Nous avons bien le temps de prendre un pot, profiter du soleil et nous reposer avant le dîner. L’étape fait 46.6km. Nous avons mis 5h07 soit 9.1km/h de moyenne, 2026m de positif et 1294m de négatif

 

Mardi 10/08/10

 

Encore un bon petit déjeuner. Certains se sont fait piéger par une pate qui ressemblait à du Nutella et qui était en fait une pate salée, genre confiture d’oignons. Nous retournons au col de la Croix de Cœur par une piste, puis surplombons Verbier par une piste à flanc de coteaux. Passage par un court tunnel avant d’attaquer le 1er portage de la journée pour passer au col des Mines à 2320m. Nous arrivons sur le territoire du célèbre raid Cristalp. La descente jusqu’au fond de la vallée est très technique avec pas mal de rochers et de racines. Je dois souvent mettre pied à terre alors que la majorité du groupe passe avec un peu plus de facilité. Le parcours suit ensuite un super petit bisse qui épouse les courbe de niveau de la montagne. Un autre court portage nous attend car un énorme pans de la montagne s’est effondré. Nous rejoignons ensuite une piste qui nous mène au lac Noir sur le domaine de la station de ski de Nendaz. Là, mieux vaut être sûr de ses freins car l’on descend tout schuss sur une piste de ski. Mieux vaut s’arrêter aussi pour profiter de l’immense vue sur la vallée du Rhône, tout en bas. Nous approchons de Siviez, une autre station de ski par une piste. Pause pique-nique avant d’y arriver puis pot à un bar, histoire de s’hydrater un peu plus et remplir nos Camelback. Une longue montée par piste bien crevante nous attend maintenant qui sera suivie d’un portage de 150m de dénivelé pour atteindre le col du Mont Rouge. Vue magnifique sur les montagnes alentours et sur le petit single descendant sur une fine crête qui nous tend maintenant les bras. Mon Lapierre Zesty est vraiment bien adapté à ce type de parcours alpin. J’ai l’impression d’avoir 2 vélos en un. En montée, selle haute, amortisseur avant bloqué et en pro-pedal pour celui à l’arrière et en descente avec selle au plus bas et les 2 amortisseurs actifs. Le freinage est efficace et endurant et les suspensions font parfaitement leur boulot. L’arrivée sur la cabane d’Essertz est rapide. Une journée de rêve avec 37.7km fait en 4h27 (8.5km/h de moyenne), 1615m de dénivelé positif et 1547 de négatif. Le refuge est assez rustique (pas de douche, dortoir en rang d’oignon) mais il nous enchante par sa vue et son isolement. Le dîner sera le seul petit couac de ce raid : Soupe, polenta et pomme. Les jeunes qui tiennent ce refuge par roulement ont mal prévu leur approvisionnement et sont gênés vis-à-vis de nous. Heureusement, ils nous proposent de la polenta à volonté et sortent saucisson et fromage à raclette pour compléter un peu et satisfaire nos appétits d’ogres.

 

 

 

 

Mercredi 11/08/10

 

Alors que la facilité serait de descendre dans la vallée par la piste, nous prenons de nouveau un petit single parfait pour commencer en beauté cette nouvelle journée qui sera encore sous le signe du soleil même si plus de nuages se font présent. Remontée sur l’autre flanc de la montagne comme toujours par une bonne route se transformant ensuite en piste roulante. Séb et Gabriel se tirent la bourre avec un routier pendant que chacun d’entre nous montons tranquillement à notre rythme. Pause fruits secs et rattrapage des biterrois au pied d’une porcherie, peut être pas le meilleur lieu pour s’arrêter car même s’ils sont suisses, des porcs restent des porcs ! Nous avons ensuite un long sentier à flanc de coteau pas trop technique et avec une supperbe vue dégagée sur cette nouvelle vallée. Nous sommes en plein sur le circuit du raid Cristalp ! Petite pause à Evolène pour parler météo et meilleur chemin à suivre avec des locaux. Il nous faut ensuite remonter 250m par une piste pour rejoindre notre lieu de pique-nique au bord du lac d’Arbey. Le chemin ensuite est vraiment superbe, parfois avec un à-pic impressionnant sur notre gauche mais toujours avec une superbe vue sur le Dent Blanche et la Tête Blanche. Nous retrouvons aux Haudères Nathalie et Séb qui avaient préférés faire la descente par la piste. Une dernière montée nous attend pour rejoindre La Sage et notre gîte de l’Ecureuil où nous arrivons vers 15h. La journée a été assez courte avec 33.7km réalisés en 3h55 de roulage à 8.6km/h de moyenne, 1412m de dénivelé positif et 1910m de négatif.

 

Jeudi 12/08/10

 

Comme c’était annoncé par la météo, le temps se gâte à partir d’aujourd’hui. Heureusement, il ne pleut pas au moment de notre départ mais ce n’est qu’une affaire de temps. Nous avons une longue montée par une petite route puis par une bonne piste. La pluie est fine et nous dispense de mettre un vêtement contre la pluie car la chaleur que nous dégageons nous sèche aussi vite que l’on se mouille. C’est fini des grandes vues dégagées. Nous sommes maintenant soit dans les nuages soit au dessus. Nous nous regroupons dans un minuscule abri au pied d’un très long portage et poussage de vélo qui nous mènera jusqu’au col du Torrent à 2919m. Sacré bavante mais nous sommes content d’arriver à ce point culminant du raid. La descente sur le lac des Autannes est tout simplement géniale. La vue est assez dégagée pour nous permettre de voir le glacier de Moiry. Ensuite, il se met à pleuvoir vraiment plus fort. Dans le groupe, ils enfilent tous leurs pantalons de pluie. Je suis le seul à ne pas en avoir mais cela ne me gêne pas car il ne fait pas trop froid. On roule dans des champs de bouses de vaches et on s’en asperge allègrement. Comme si cela ne lui suffisait pas, David glisse et chute dans une bouse. Franche rigolade ! On devine à peine l’immense lac de Moiry aux eaux turquoises tellement la vue est bouchée. La descente vers Grimentz par une très longue piste caillouteuse aurait pût semblées plus dangereuse mais nous avons pris de l’assurance au fil des jours et nous  y prenons finalement beaucoup de plaisir. Nous arrivons à Grimentz en même temps qu’une courte accalmie qui nous permet d’apprécier les charmes de cette petite ville avec ses superbes chalets en bois. Mais pour notre pique-nique, ce sera sous abri car la pluie recommence à tomber. Nous prenons un pot dans un café pour nous réchauffer et reprenons notre parcours. Nous continuons par le chemin au lieu de rentrer directement par la route et nous faisons bien car il est superbe même s’il est bien détrempé. Arrivée à Zinal par la route et sous la pluie. Vivement que l’on puisse se sécher et se changer ! Nous dormirons à l’auberge l’Alpina située à la sortie du village. Comme presque chaque fois, nous avons la possibilité de laver les vélos. Par contre, il manque de place pour faire sécher les affaires de 19 personnes. La chaufferie, les dortoirs et couloirs deviennent vite un vrai bazar. Je m’ouvre sans trop de gravité heureusement le front en me cognant dans la chaufferie. Bon repas bien copieux. Nous n’avons fait que 32km, en 4h05 soit 7.8km/h de moyenne (un record de lenteur !), 1470m de positif et 1457m de négatif.

 

Vendredi 13/08/10

 

Nous retournons un peu sur nos pas jusqu’à Zinal puis jusqu’au superbe village de Ayer par la route. Il ne pleut pas mais le temps est toujours assez couvert. Comme chaque jour, nous avons notre très longue montée par une bonne piste. Je prends goût à ces longues montées. En y allant tranquillement à son rythme, ce n’est vraiment pas une épreuve. David peste contre Nathalie qui est partie devant (c’est une très bonne grimpeuse) et qui ne respecte pas sa consigne d’attendre les autres à chaque intersections. Si elle se plante de chemin, sachant qu’elle n’a pas de portable, elle pourrait nous faire perdre beaucoup de temps. Nous la retrouvons au bout de 2h et elle aura droit à une belle engueulade de David. Pour atteindre le col de la Forcletta, nous avons alors un dur portage de 45mn. Au col, nous sommes à 2874m. La descente est trop technique et demande souvent à mettre pied à terre. Nous pique niquons dans un hameau d’alpage déserté. Superbe descente ensuite vers la vallée de Turtmantal. Nous sommes désormais dans la partie alémanique de la Suisse. Un peu de chemin en fond de vallée nous fait du bien après tant de longues montées et de descentes raides. David manque un petit bout du parcours que nous faisons donc par la route mais l’on retrouve vite le chemin qui passe au pied d’une petite chapelle. Nous longeons ensuite le bisse le plus incroyable que l’on ait encore jamais vu. Mieux vaut pas avoir le vertige car sur plusieurs kilomètres nous serons sur un sentier que quelques centimètres de large coincés entre un à-pic d’au moins 50m et le petit canal creusé dans les flancs de la montagne. Des travaux titanesques pour irriguer au mieux quelques champs. Le chemin est si étroit que nous sommes bien souvent à pied. Un déséquilibre sur le vélo pourrait être fatal. Notre stress et notre plaisir prennent fin au village d’Ergisch mais laissent place à une certaine fatigue de cette dure étape. Nous avons encore un peu de chemin et de route avant d’arriver à notre hôtel d’Eischoll, le Schwarhorn. Nous allons pouvoir y passer une bonne nuit car nous avons des chambres de 2. Malgré que l’on était un vendredi 13 et qu’un chat noir avait traversé la route devant nous au village d’Ergisch, aucun malheur n’est à signaler pour cette 6ème journée. Au total, seules quelques petites chutes sans gravité seront à déplorer. Nous avons fait 45.6km en 5h37 (8.1km/h de moyenne), 1663m de positif et 2043 de négatif. Nous sommes bien en partie alémaniques. Toutes les chaines de la télé sont en allemand. Heureusement, une partie du personnel de l’hôtel parle le français. Bon repas dans la partie restaurant de l’hôtel.

 

Samedi 14/08/10

 

Comme la veille nous partons par un temps très couvert, sans pluie mais elle ne tardera pas à tomber. Dans notre malheur, c’est qu’en même bon de ne pas commencer directement sous la pluie ! C’est encore une fois une longue montée par une petite route se terminant en bonne piste. A noter que quasiment toutes ces petites routes semblent sillonnées par le réseau des cars postaux qui sont tous dotés de portes vélos à l’arrière. Cela aura pût être utile en cas de défaillance mécanique ou physique d’un membre du groupe. Les quelques petites portions en descente ne sont pas trop agréables car avec ce temps on se mouille 10 fois plus vite qu’en montée. Nous arrivons au col de Moosalp d’où, en temps normal, l’on devrait avoir une vue superbe. Nous prenons ensuite une boisson chaude au restaurant Dorbia. Nous passons ensuite par une agréable piste à flanc de coteau traversant à 2 reprises des petits tunnels. La descente sur Kalpetran par un petit single est ensuite un vrai régal. Il doit bien y avoir une vingtaine d’épingles que l’on négocie de mieux en mieux. David nous explique la théorie d’un passage parfait en dynamique d’une épingle mais, au moment de la démonstration, il se rend compte qu’il a un problème avec la gaine de son frein arrière qui l’empêche de freiner. Il cumule un peu les petits problèmes depuis l départ alors que dans les groupes nos vélos tiennent très bien le coup. Aucune crevaison à signaler par exemple pour les 2 groupes pour l’ensemble de ce circuit. Nous voilà enfin dans la vallée qui mène à Zermatt. Nous prenons un sentier qui monte et descend le long de la vallée avant de nous rabattre sur la route pour arriver plus rapidement à St Nicklaus où nous souhaitons prendre nos billets de trains pour le lendemain. C’est un peu le bazar de savoir qui veut faire quoi le lendemain (rentrer tôt le matin ou aller à Zermatt pour une dernière virée à VTT avant de rentrer en fin d’après midi) et d’expliquer nos besoins au guichetier qui n’a pas l’air très coopérant. La majorité du groupe, rincée par ces 4 derniers jours de mauvais temps décide qu’elle rentrera sur Chamonix en matinée. Billet en poche, nous rejoignons Herbriggen par la route et sous une forte pluie. C’est la fois où nous sommes le plus rincé. Arrivée à l’hôtel Bergfreund qui a l’air très chic. Lavage des vélos qui malgré la pluie ne sont toujours pas propres. Nous avons des dortoirs de 6 personnes en sous pente. Il faudra faire gaffe de ne pas se cogner la tête tellement le plafond est bas. Très bon repas copieux et raffiné dans une grande salle très bruyante à cause de nombreuses personnes âgées en voyage organisé. L’étape a été de 43.7km, fait en 4h52 à 9km/h de moyenne. 1606m de positif et 1573m de négatif.

 

Dimanche 15/08/10

 

Dernier jour de ce raid. Malheureusement il a plu presque toute la nuit et le temps est toujours maussade. Nous nous goinfrons d’un petit déjeuner très copieux. Tandis que la grand partie du groupe prépare ses affaires pour rentrer au bercail, nous sommes 5 bien décidés à braver le mauvais temps pour profiter de cette dernière journée et profiter peut être, du moins nous l’espérons, d’une chance d’une éclaircie pour voir enfin de Cervin. Le groupe des biterrois a eu la bonne idée  de demander que la navette de l’hôtel puisse les emmener faire un tour à Zermatt puis les convoyer directement jusqu’à Chamonix. Une solution un peu moins onéreuse et beaucoup plus pratique que le retour en train. Nous quittons les compagnons de notre groupe à la gare de Herbriggen à 9h et prenons à notre tour un train, mais en direction de Zermatt. L’arrivée dans les rues de Zermatt est surprenante. Cela grouille de monde, de touristes de tous les continents, de magasins mais bizarrement pas de voitures. Zermatt est une ville sans voitures. Elles doivent toutes être parquées à l’entrée de la ville et de petits véhicules électriques font le relais pour transporter les gens et les marchandises. Pour la 1ère fois, David se perd un peu pour trouver le départ de notre circuit. Il est moins à l’aise en ville qu’en pleine nature ! Il nous fait voter pour savoir si l’on fait les 600m de dénivelés en  montée en vélo ou en prenant le funiculaire de Sunnega. Nous choisissons finalement le funiculaire même s’il est très cher (25CHF ou 18€). Cela nous permettra de moins nous presser pour rentrer à Herbriggen et prendre un train à 16h07. Entièrement souterrain, ce funiculaire nous monte en moins de 2 à 2200m. La vue est complètement bouchée par les nuages et il fait frais. Le sentier contourne un lac puis monte à flanc de coteaux. Il y a de la neige qui est tombée récemment mais le chemin est bien dégagé. Comment doivent être les cols que nous avons passés ces derniers jours situés beaucoup plus haut, à près de 2900m ? Nous descendons ensuite par une piste jusqu’au lit d’un glacier qui a du déjà pas mal reculer. Nous scrutons le ciel car il semble se dégager un peu nous laissant voir un peu de Mont Rose mais pour ce qui est du coté du Cervin, le ciel est toujours autant bouché. Nous décidons de nous arrêter au Bergrestaurant Grûnsee pour déjeuner. Nous fantasmons depuis quelques jours sur une fondue et c’est notre dernière occasion de parvenir à en manger une. Malheureusement, cette auberge ne la propose pas. Nous nous consolons donc sur des croutes au fromage (une spécialité suisse) ou d’un bon rösti, autre spécialité savoureuse. Le passage à la caisse est un peu compliqué, Vélorizons prenant une partie du repas à sa charge et nous qui soldons nos francs suisse et complétons par des euros. En sortant, nous sommes résignés. Le ciel est toujours bouché. Nous n’arriverons pas à voir le Cervin. C’était un peu prédestiné pour moi, car le train qui nous a amené à Zermatt s’appelait Mount Fuji et que lors de mon dernier voyage au Japon, j’avais été aussi frustré à cause du mauvais de ne pas avoir vu le Mont Fuji. Dommage aussi, car j’avais pensé que l’on aurait pu faire et envoyer à Lapierre une photo des 3 Zesty (le 914 de Bernard, le 714 d’Yves et mon 514) de ce périple avec le Cervin en fond d’image.

Nous redescendons sur Zermatt par un petit single en lacet assez inégal avec des parties bien roulantes et des parties trop dures, d’autant que le sol, les racines et les pierres sont bien humides. Nous rentrons à Herbriggen par la route. Rouler en peloton n’est pas notre fort. David avec son double plateau a du mal à suivre et moi, je suis prudent car je sais que dans l'excitation de l'arrivée une erreur et une douloureuse chute sur le goudron sont vite arrivée. D'ailleurs, Sébastien, le nordiste, en fera les frais. Je l'ai vu me doubler comme un dératé dans une petite montée puis descendre à fond vers une épingle à cheveu rendue glissante par la pluie fine qui commence à tomber. Résultat, sa roue avant chasse et il est bon pour une courte glissage sans gravité heureusement mais lui laissant tout de même 2 beaux hématomes à la cuisse et au genou. Nous arrivons suffisamment tôt à l’hôtel pour nettoyer les vélos, prendre une douche et nous préparer pour notre retour en train. Nous avons fait 29km en 2h12 à 13.3km/h de moyenne. 941m de montée dont 600 en funiculaire et 1328m de descente. Nous prenons comme prévu le train  de 16h07. C’est un peu le bazar pour rentrer nos vélos. A Visp, il faut changer de train. Dans l’affolement du peu de temps pour le changement et de notre bardas, avec Sébastien, on se trompe de train et embarquons pour Spiez. Bye-bye David, Olivier et Séb  qui eux n’ont pas du se tromper. Le contrôleur est strict et nous fait payer 44CHF pour cette erreur. A Spiez, on prend aussitôt un train pour Visp d’où l’on prend dans la foulée un train pour Martigny. Il faut encore changer ce qui n’est vraiment pas pratique avec nos vélos et nos gros sacs. Nous prenons maintenant le petit train à crémaillère qui rejoint Chamonix. Le trajet est superbe mais le temps semble bien pire coté français. Dernier changement à Valorcine (le 7ème de la journée !), après la frontière pour ensuite descendre sur Chamonix où l’on arrive à 20h30 sous un ciel très noir et très pluvieux.

Fin d’un superbe raid, mon 1er raid alpin pas si dur que cela car en 8 jours les étapes ne sont jamais trop longues. Il serait tout à fait faisable en 6 jours mais ce serait beaucoup plus sportif.