De l'Atlas à la Vallée du Draa (VTT)

Dimanche 25/04/04 :

Rdv donné à Frédéric, mon copain du club VTT de la Celle St Cloud, à 10h chez moi pour rallier Roissy. Auparavant, ma journée de samedi aura été bien chargée, avec les derniers préparatifs pour ce voyage mais aussi les préparatifs pour mon départ à Séville et même ceux pour mon séjour en Provence prévu dans 3 semaines. On charge donc mon vélo, bien rangé dans un sac de transport prêté par un autre collègue du club, et mes bagages dans son Scénic. La femme de Fred est là aussi et se chargera de ramener la voiture. Nous arrivons bien en avance à l’aérogare T3 mais cela était bien inutile puisque l’avion est déjà prévu avec du retard. Nous récupérons nos billets auprès de Go Voyages et patientons un peu avant d’enregistrer nos bagages. Avec 26 kg pour moi et 29kg pour Fred, nous sommes tous les 2 en légère surcharge mais on ne nous dit rien. Par contre, Fred qui avait mis ses outils et une bombe de graissage dans son sac de cabine, se verra obliger de l’enregistrer en soute pour des questions de sécurité. Nous pique-niquons en patientant. Dans la queue pour l’embarquement, nous essayant de faire le tri des personnes partant avec Allibert comme nous pour Marrakech mais pour de la marche à pied ou du VTT. Nous faisons la connaissance de Nathalie qui sera en VTT avec nous. Le décollage se fait donc à 15h avec 1h 30 de retard. Sur tout le trajet, le temps est au beau fixe et le survol de Paris, de la Gironde, des Pyrénées, de L’Espagne, de Gibraltar puis du Maroc est superbe avec notamment une belle vue sur Marrakech en arrivant. Le repas servi pendant le vol sera une bonne coupure pour ce vol de 2h50. Avec les 2h de décalage horaire, nous arrivons donc à 18h. Le passage de la douane nous prendra 1h. A l’extérieur de l’aéroport, Ahmed nous accueille. Nous savons maintenant que nous sommes 7 pour cette semaine de VTT. Les bagages et vélos sont chargés dans un minibus et nous prenons la direction de l’hôtel, à 4km environ de là. La circulation est dense entre les voitures, les charrettes, les vélos et les mobylettes. Pendant un moment, le chauffeur se traîne à 40km/h car la police contrôle au radar les véhicules. A l’hôtel Imilchil, nous rencontrons Fabienne, une toulousaine, qui a pris un autre vol. Nous nous installons 2 par chambres. Les 3 autres personnes composant notre petit groupe sont Bernard et Jacques, 2 baroudeurs dans la soixantaine de Bouffémont dans l’Oise et Nicolas, jeune ingénieur de Nice. Moi, Fred et Fabienne remontons nos vélos dans le sous-sol de l’hôtel. J’ai la mauvaise surprise de voir que le disque du frein arrière est complètement voilé. Je n’en ai pas de rechange alors que j’en avait un lorsque j’étais descendu à Montpellier. Je me débrouille donc pour le dévoiler à la main en espérant que cela ira. Nous allons ensuite à pied jusqu’à la place Djemaa el Fna pour retrouver les autres du groupe et manger ensemble. La rue et les trottoirs grouillent de monde et cela de plus en plus au fur et à mesure que l’on s’approche de la place. On ne voit autant de monde en France que pour la fête de la musique. Je retire de l’argent à un distributeur. Le cour du change est globalement simple 100 dirhams = 10 euros. Au lieu de manger dans un restaurant cher donnant sur la place, nous choisissons de manger sur la place dans une des nombreuses gargotes montées provisoirement. Les stands sont appétissants avec brochettes, couscous, crudités proposés à des prix dérisoires. Nous sommes installés sur des petites tables et des bancs peu confortables. Le serveur voyant un peu notre embarras pour commander prend l’initiative de nous amener un peu de tout. Nous lui dirons de stopper à un moment car il n’y a plus de place sur la table et dans nos ventres. Retour à l’hôtel, assez tôt pour nous coucher.

 

Lundi 26/04/04 :

Réveil très matinal (3h30 pour moi) à cause du décalage horaire et des habitudes de travail. Petit-déjeuner à l’hôtel. Il y a du monde avec tous les groupes en partance comme nous aujourd’hui et les serveurs sont débordés. Il nous faudra patienter longuement avant d’avoir une table, puis de quoi manger. Nous n’aurons pas la patience d’attendre la boisson chaude. Le jus d’orange est délicieux. Ce ne sont sûrement pas les mêmes oranges que celles que nous avons en France. Il est 8h et nous trouvons nos 2 4x4 qui nous attendent pour les chargements des affaires et pour le départ. Nous sommes mal assis, mais le dépaysement et la vue sur la chaîne de l’Atlas enneigée au loin nous font oublié cela. Nous faisons 2h de route environ en direction de Ouarzazate, une route qui monte progressivement jusqu’au col de Tizi N’Tichka (2160m). Pause thé à la menthe dans sur la terrasse d’un restaurant à Tadder. Nous récupérons les vélos de location sur le bord de la route et après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour nous apprêter à enfin enfourcher nos vélos. Nous commençons par 10km de descente par la route en direction de Telouet. Le paysage est superbe avec une nature bien verte et un sol bien aride pourtant. Après quelques autres kilomètres plus ou moins plat sur cette petite route, nous retrouvons le 4x4 et le cuisinier qui nous a préparé le pique-nique. Comme au Mali, 4 matelas entourent un tapis faisant office de nappe .Le menu sera sensiblement le même tous les jours : thé à la menthe, grand plateau de crudités, sardines, thon ou maquereau, orange. Nous sommes en plein soleil mais même s’il ne fait pas trop chaud (nous sommes à 1900m environ), on sent les coups de soleil arriver. Route montante ensuite jusqu’à la Casbah d’El Glaoui. Nous faisons d’abord une pause Coca à l’entrée du village sous la grande tente d’un bar local. Une guide nous fait la visite de cette casbah, qui est bien délabrée par manque d’entretien. Les parties les plus récentes conservent encore de belles décoration des salles d’apparats (salle à manger des hommes, celle des femmes,….). Les quelques explications sur les coutumes de vie et les méthodes de construction sont intéressantes. Nous reprenons la route pour quelques kilomètres avant de prendre un petit sentier qui serpente dans le lit d’une rivière sur 4km environ. Nous nous amusons à être enfin en tout chemin. Le vélo tout suspendu se comporte à merveille. Mon frein arrière touche finalement assez peu le disque. Après un petit dévoilage pour peaufiner, ce sera presque parfait. En encas, Ahmed nous sort du 4x4 un gros sac de 5kg de mélange de dattes, figues, cacahouètes, chouchous, amandes et autres fruits secs délicieux. Il nous reste 4km de piste dans une vallée pour rejoindre notre gîte à Tighza Mais ils seront terribles avec pas mal de dénivelés. Ils seront aussi terribles pour un des 4x4 qui manque de se reverser au passage d’un gué. Il penche très fort et il faudra l’intervention de pas mal de monde pour le remettre d’aplomb. Nous arrivons crevés dans ce grand gîte au confort rustique mais appréciable. Une bonne douche et un copieux couscous nous ferons le plus grand bien.

 

Distance : 37,9 km Moyenne : 17,29 km/h 56 km/h max. 580m de montée et 835m de descente.

 

Mardi 27/04/04 :

Encore une fois, le sommeil fut court mais nous sommes tout de même en meilleur forme qu’en arrivant la veille. La redescente dans la vallée est un plaisir. Un passage à gué nous mouille bien les pieds. Nous suivons ensuite la piste coté droit puis coté gauche de la vallée, une bonne piste empruntée par pas mal de 4x4 chargés de touristes qui nous encouragent mais qui nous enfume bien aussi. Les montées sont parfois rudes mais heureusement assez courte. Très régulièrement, nous traversons des petits villages. Cette petite vallée encaissée est chouette. L’eau, la verdure, les canaux d’irrigations et les villages au fond, les pentes arides et les pylônes et autres antennes radio sur les hauteurs. Tout le monde ne roule pas à la même vitesse mais cela n’est pas trop gênant. J’en profite pour discuter un peu avec des gens sur le bord de la piste ou pour filer des bonbons ou des stylos aux enfants. Nous faisons une pause à un superbe point de vue surplombant le reste de la vallée. Des étals avec minéraux et bijoux sont présents, mais les petits vendeurs sont cachés à l’ombre et rappliquent uniquement si il y a du monde. La descente est un plaisir avec mon vélo. C’est peut être moins le cas des autres avec leurs vélos semi- rigides. Après encore quelques kilomètres, nous retrouvons le 4x4 qui nous a installé un coin pique-nique bien à l’ombre d’un olivier et au bord de la rivière. Petite sieste pour tous même si l’ombre devenant rare, certains sont obligés de s’allonger sous un 4x4, ce qui fait bien rire des femmes revenant du village avec leurs ânes. Nous continuons la piste jusqu’à Aït Benhaddou. Le vent commence à être fort et cela devient pénible, heureusement nous arrivons sur la route. Pause Coca dans un troquet. Le site d’Aït Benhaddou est classé patrimoine de l’humanité par l’UNESCO mais Ahmed nous dit que seule la vue d’ensemble sur le village vaut le coup. Nous continuons encore la route sur 10 km. Nous sommes en plein dans un paysage lunaire. Nous nous arrêtons lorsque nous rejoignons la route entre Marrakech et Ouarzazate. En 4x4, nous faisons un transfert vers notre lieu de bivouac, dans l’oasis de Fint. On contourne Ouarzazate pour ensuite prendre une piste descendant vers ce bel oasis au bord d’une rivière. Nous plantons les tentes au bord des champs et assistons à la technique d’irrigation des plants d’oignons. Nous montons chacun nos tentes biplaces pendant que l’équipe monte la tente pour la cuisine et celle plus grande pour le repas, toutes 2 de forme très traditionnelles. Au repas, soupe, tajine de mouton et salade de fruits (en boite). Thé à la menthe pour commencer et verveine pour finir.

 

Distance : 51,9 km Moyenne : 16,22 km/h 46 km/h max. 415m de montée et 1015m de descente.

 

Mercredi 28/04/04 :

Après avoir plié le camp, nous reprenons la piste en 4x4, direction Ouarzazate pour faire les pleins d’essence. Nous voyons de loin les studios de cinéma qui ne peuvent pas se visiter en ce moment car on y tourne le film Iznogoud. La route continue vers le sud et recommence à monter. Nous stoppons après un col pour enfourcher nos vélos. Contre une pièce, des marchands d’une aire de repos de la route nous font toucher des caméléons et autres gros lézards. Après une bonne descente sur la route, nous tournons à gauche pour une piste de 10km allant jusqu’aux cascades de Tizghi. Paysages superbes et belle descente. Je fais essayer mon VTT à Nicolas pour qu’il profite de son confort un moment. Les derniers mètres pour accéder à la cascade se font à pied. Il n’y a pas beaucoup d’eau mais le site est sympa. Nous crapahutons un peu pour voir l’amont de la cascade. Au retour, au pied de la cascade, un berbère nous propose un thé à la menthe, toujours bien apprécié. Nicolas est le seul à se baigner dans le petit lac. De retour sur nos vélos, il nous faut grimper une bonne pente avant de redescendre vers la vallée du Draa. Je crève par pincement, le pneu arrière étant un peu trop sous gonflé. Superbe paysage que ce coin isolé. Nous cherchons un peu le 4x4 et le pique-nique mais il nous faudra encore faire une grosse montée et une descente pour les retrouver. Encore une fois, ils ont trouvé un super coin, à l’ombre de palmiers et non loin de la rivière. Petite sieste avant de reprendre les vélos pour sortir de cette vallée et retrouver des villages, tels Agdz puis Targua où nous visitons une autre casbah avec un guide sympa et blagueur. Nous prenons le thé à la menthe sur la terrasse du restaurant jouxtant la casbah. La vue sur la vallée du Draa est grandiose. Pendant ce temps, les vélos sont chargés sur un 4x4 car la journée est finie pour nous. Transfert à Tansikt où nous plantons nos tentes dans les jardins d’un restaurant, désert de tout client. Il n’y a qu’une douche et nous jouons donc à courte paille l’ordre de passage de chacun. L’eau est chauffée au feu de bois ! Encore un bon repas mais, ce qui est un peu dommage, c’est nos guides mangent de leur coté. On aurait bien aimé discuter un peu plus avec eux d’autant qu’ils sont jeunes et bien sympas. Petite partie de Uno avant d’aller se coucher.  

 

Distance : 44,6 km Moyenne : 19,2 km/h 66 km/h max. 555m de montée et 1230m de descente.

 

Jeudi 29/04/04 :

Nous reprenons nos vélos pour poursuivre cette descente le long de cette large vallée du Draa. Le paysage va rester à peu près le même pour les 2 prochains jours : rivière presque asséchée, palmeraies et plantations jusqu’à plusieurs centaines de mètres de la rivière et villages tous les 2 ou 3 kilomètres, traversés par la piste que nous suivons. Nous croisons un convoi de 3 2cv suivis de plusieurs 4x4 d’assistance. Ce sont des français, faisant un raid nommé ‘Raid des baroudeurs’. D’un abord plutôt sympa au départ, on apprécie moins le fait qu’ils vantent ici et à nous leur sponsor (Sojasun) et l’importance de leur assistance nous fait sourire. Pique-nique et sieste à l’ombre d’un tamaris cette fois-ci. La rivière est sèche, mais des pompes permettent de sortir de gros volume d’eau de la nappe phréatique. On croise encore une fois un autre groupe de vététiste. Il s’agit d’un club de triathlon de Marignane faisant à peu près le même circuit que nous mais par leurs propres moyens. On discute un peu avec des gamins. Au global, tout le monde ne parle pas français, je dirais même peu de monde mais on sait toujours ce qu’ils demandent gentiment : stylo, bonbon ou dirham. Dommage qu’ils ne savent pas dire ‘S’il te plait’. J’aurais un peu de mal à le faire apprendre à certains. De notre coté, Ahmed nous apprend quelques mots, notamment un chouia (un peu) et Yalla (on y va). L’après-midi nous suivons et faisons même la course avec des gamins allant à l’école à vélo. Nous n’avons pas trop de mérite à aller plus vite qu’eux quand on voit l’état de leurs vélos ! Le vent se fait fort en arrivant à Bénizouli. Nous faisons le plein d’eau dans un puit. Comme pour les autres jours, nous utilisons des pastilles de purification de l’eau qui semblent efficaces puisque personne n’est vraiment malade. Notre campement se trouve non loin du village, près d’une plantation. Nous faisons notre toilette dans l’eau servant à l’irrigation. Les derniers mètres en vélos étant plein d’épines, nous avons 5 crevaisons qui seront réparées le lendemain. Le repas change un peu car nous avons le droit à des spaghettis.

 

Distance : 59,7 km Moyenne : 16,68 km/h 37 km/h max. 390m de montée et 435m de descente.

 

Vendredi 30/04/04 :

Le vent aura soufflé fort toute la nuit mais il ne m’aura pas empêché à passer ma première nuit vraiment complète. Nous reprenons nos vélos mais faisons les premiers mètres à pied pour éviter de nouvelles crevaisons. La piste suit un canal à sec. Pour m’amuser un peu, je suis le petit chemin qui longe ce canal. Dommage qu’il n’y ai pas de sentiers empruntables dans les palmeraies. La piste, c’est bien mais ce n’est pas très amusant ! Nous nous enfonçons un peu du coté désertique pour aller à une rencontre prévue avec des nomades berbères pour boire le thé. Leur campement est très décéminé avec des 2 ou 3 tentes regroupées par famille. Dans celle ou nous allons, une flopée de gamins de 1 à 10 ans nous accueillent. Les filles leur font essayer leur vélo. C’est assez comique car ils sont un peu trop petits pour ces grands vélos mais ils se débrouillent bien et on voit même certains partir au loin. Il y a aussi quelques chèvres au campement, les femmes et 3 hommes qui nous invitent à nous installer sous la tente pour le thé. Nous sommes assis par terre sur des tapis, le dos calés contre des gros coussins et autres sacs de marchandises. Nous avons droit, pendant que l’eau chauffe, à un bloc de dattes compactées. L’aspect est vraiment ragoûtant mais il nous faut faire honneur à nos hôtes et nous sommes donc quelques uns à y goûter. C’est plutôt bon en fait mais il faut faire le tri dans la bouffe car les noyaux sont toujours présents. Le cérémonial du thé est bien compliqué mais intéressant à voir. Dommage, il ne s’agit pas de thé à la menthe. C’est qu’on commence à y prendre goût ! La quantité de sucre mise dans la théière est impressionnante : un bloc presque aussi gros que la théière. Dommage, que la langue nous sépare car on aurait en savoir un peu plus sur leur vie. Ahmed nous explique cependant que le chef fait paître la majorité du troupeau (chèvres et dromadaires) un peu plus loin. Ils vivent aussi de la cueillette des dattes quand c’est la saison. Les ados sont dans les grandes villes comme Agadir ou Casa et font des petits boulots. Encore quelques kilomètres et nous atteignons Zagora. La vue sur la ville en arrivant est superbe. Elle semble noyée dans une grande palmeraie. Des dromadaires, peut être en liberté, sont à proximité. Nous nous installons sur la terrasse d’une maison et Ali, notre cuistot, nous sert le déjeuner. Nous sommes bien à l’ombre sous cette grande tente et nous avons une belle vue sur toute la ville. Après un courte sieste, nous profitons du temps que nous avons pour nous balader un peu. Nous marchons dans une palmeraie et nous amusons à grimper à un palmier. En fait, nous sommes dans une propriété privée jouxtant un hôtel de luxe dont la piscine nous fait rêver, mais le jardinier ne nous fait pas de remarques en nous voyant passer. Petit détour ensuite par la caverne d’Ali Baba, vaste magasin que nous parcourons pour ‘le plaisir des yeux’. Des salles immenses sont prévues pour déployer des tas de tapis. Retour sur nos vélos pour cette dernière journée sportive. Nous prenons la route jusqu’à Tancroute. Petite visite de la bibliothèque coranique puis pause Coca dans un bar et enfin visite d’une coopérative de fabrication de poterie. Notre guide nous décrit rapidement toutes les étapes de fabrication et nous montre sa dextérité au tour. Passage obligé par le magasin où nous sommes nombreux à craquer pour des beaux plats ou des bols. Les prix sont peut être un peu cher et difficilement négociables mais il faut reconnaître que la qualité est très bonne. Les derniers kilomètres sur la route seront sans grand intérêt et un peu fastidieux pour certains avec le vent. Nous arrivons aux dunes de Tinfou. Petite déception car on pensait arriver aux portes du désert mais il s’agit en fait de grosses dunes un peu isolées. Le campement au pied de la plus grande (environ 25m) et notre montée au sommet pour le coucher du soleil sont très dépaysants. Le vent est faible heureusement, ce qui nous évitera une soirée et une nuit pénible. Au menu, un tagine aux œufs très bon et très original mais toujours cette salade de fruits en boite.

 

Distance : 53,8 km Moyenne : 16,19 km/h 39 km/h max. 255m de montée et 310m de descente

 

Samedi 01/05/04 :

 

Lever très tôt (5h30) pour profiter du lever du soleil sur la dune et pour partir tôt et arriver vite à Marrakech. On plie le camp et on monte donc tous dans les 4x4 pour ce retour vers notre point de départ. Petit arrêt à Zagora pour voir un fameux panneau ‘routier’ indiquant Tombouctou à 52 jours de chameaux. Des petits vendeurs à la sauvette, voyant que nous avions fait du vélo, nous propose des miniatures et fil de fer très réussies. Fabienne et moi sommes preneurs et la négociation est rapide. Nous croisons des motards faisant un raid à travers le Maroc. En faisant cette route du retour, nous repassons par nos points de départs et d’arrivée de nos différentes balades à vélos. Arrêt à Ouarzazate pour remplacer les vélos de location par d’autres mais plus propre, plein d’essence et pause tajine et galette sur le capot d’un 4x4. Repas à Tadder, en altitude dans un espèce de restaurant routier pour touristes mais où nous allons manger un tajine absolument excellent. Le dessert, un simple yaourt, fait pale figure à coté. Vivement Marrakech pour goûter aux fameuses pâtisseries marocaines ! Le reste de la route se passe sans problèmes. Nos chauffeurs roulent vite mais bien. On sent qu’ils sont pressés de rentrer chez eux. Le respect du code de la route est très faible : lignes blanches coupées, pas de port de ceinture ou de casque, vitesse au-delà des limitation (les limitations sont parfois déjà trop dangereuse : 100km/h à l’approche de Marrakech avec tous ces vélos, mobylettes et charrettes, c’est hyper dangereux. Y a-t’il aussi une limitation quand on est en pleine campagne ? Nous avons rien vu). Le seul moment, où ils font fait attention c’est lorsque que l’on voit des flics au loin et que des appels de phares nous préviennent). Arrivée à Marrakech, retour à notre hôtel. Douche très appréciée bien que nous ne soyons pas trop sales entre nos quelques toilettes, les lingettes et le climat très sec nous faisant peu transpirer. Fred nous propose d’aller au hammam public situé dans un quartier pas loin de là. Bonne idée cela nous fera du bien et on va découvrir quelque chose. Les hommes et les femmes sont séparés dès l’entrée. Nous entrons directement dans une sorte de vestiaire. Il nous faut payer 10 dirhams (1 euro) pour l’entrée, le savon noir et le savon normal. Le massage annoncé à 50 dirhams nous semble exagérèrent cher à coté du tarif en principe normal. De toute façon, ma 1ère vision en entrant d’une personne se faisant masser les fesses ne nous donne pas trop envie. Nous avons du mal à comprendre le protocole. On nous passe à chacun 2 gros seaux d’eau chaude et on s’installe par terre dans une salle pas trop chaude. Plus qu’un hammam avec l’image du bain de vapeur que l’on fait, il s’agit plutôt d’un lieu où l’on vient se laver de font en comble. Les gens présent sont vraiment couleur local : gros ventres ou visages burinés des vieux. Il y a aussi quelques enfants. Tout le monde est en slip alors que du coté des femmes elles sont plutôt toutes nues (paraît’il !). Retour à l’hôtel puis place Djemaa el Fna pour un bain de foule cette fois-ci et une 1ère découverte du souk. Dispersion forcée de chacun mais rendez-vous est pris pour manger encore une fois dans une gargote sur la place. Nous nous baladons encore un peu dans le souk avant d’aller nous coucher. J’achète des fruits secs.

 

Dimanche 02/05/04 :

Démontage et rangement de nos vélos. Nous retournons en ville pour nous balader une dernière fois et faire nos dernier achat, notre départ étant prévu à 13h30. Le temps est encore beau mais des gros nuages noirs arrivent et nous aurons par la suite une grosse pluie avec du vent fort. Nous allons un peu plus profondément dans les ruelles. Un vendeur s’improvise guide pour nous montrer le quartier des tanneurs. Il est bien sympa mais il ne nous lache pas, espérant nous faire rentrer dans un autre de ses magasins. Certains sentant le traquenards ou simplement les mauvaises odeurs des bassins de tannages refusent de continuer plus loin. Je continue malgré tout avec Nicolas. La vision du quartier des tanneurs depuis une terrasse est assez décevante. Nous devions avoir en tête les images colorées de Fès ou de Meknès. A la faveur de la pluie, nous faisons faux bond à notre guide. Nous retrouvons par un hasard étonnant Fred. Il pleut maintenant très fort et il est temps de retrouver les allées couvertes du souk. Mais dans quelle direction aller ? Finalement, on s’en sort rapidement. La place Djemaa el Fna est maintenant déserte. Nous achetons nos pâtisseries. Cela nous fera notre repas avant de reprendre l’avion. En rentrant à l’hôtel en taxi à cause de la pluie, on nous annonce une bien mauvaise nouvelle. L’avion n’est plus à 15h30 mais à 1h du matin. Nous n’avons plus un sou, le temps est pourri et l’on voit la perspective d’une nuit d’attente et de vol d’un mauvais œil, surtout moi, qui doit reprendre le boulot lundi pour un présentation importante devant mes chefs, puis un départ vers Séville à 19h avec la préparation des affaires pour ce long séjour à préparer. Sieste donc forcée dans un premier temps puis nouvelle balade en ville, le temps s’améliorant. Le vent aura tout de même réussi à déraciner un grand palmier. Avec Bernard, on visite donc les tombes royales et le palais de Bahia, fort beau au demeurant, pour passer le temps. De retour à l’hôtel, on a la bonne nouvelle que le repas nous sera offert. Pour fêter cela, nous allons boire notre 1ère bière sur le sol marocain dans l’hôtel voisin, l’alcool n’étant pas facile à trouver dans ce pays islamique. Repas moyen à l’hôtel pour la quinzaine de personne se trouvant ainsi coincées. Il est enfin temps de charger nos bagages dans le minibus. Fabienne qui volait vers Toulouse via Casablanca est déjà partie depuis longtemps. Les vélos sont installés sur la galerie et les bagages à l’intérieur. A l’arrivée à l’aéroport, gros stress pour nous tous et surtout pour Fred, son gros sac avec son vélo a disparu. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Il n’a pas pu tomber du minibus. On l’aurait vu. Il n’a pas pu être volé non plus. Le minibus fait demi-tour pour refaire la route. Après une longue attente, pendant laquelle Fred appelait le responsable d’Allibert pour déposer une plainte, le minibus revient finalement avec le vélo. Une anse du sac s’était accrochée à la branche d’un arbre. Vous y croyez à cela ? Un gros sac de 20kg suspendu en l’air dans une rue de Marrakech ! C’est en effet la seule possibilité de disparition qui était plausible. Quel soulagement pour tous ! Le retard supplémentaire d’une heure de plus sera accepté sans trop de rechignement à coté de cela. Vol sans problème. Tout le monde cherche à dormir un peu. Petit déjeuner avant d’atterrir à 7h30 à Roissy. La récupération des bagages est bien longue : près d’1h et le tapis de notre vol n’est même pas annoncé. Je me fais coincé par un douanier qui fouille mes affaires et me pause des questions. Il me prend pour un coureur cycliste transportant des produits dopants ou alors un trafiquant de vélos neufs. C’est vrai que je ne suis pas rasé depuis 8 jours et que je dois avoir une mine patibulaire. Avec Fred, on partage un taxi, un monospace pour tout transporter. Arriver à Bougival, je ne reste que 1 h chez moi, le temps de prendre une douche, me raser, passer un coup de fil à maman, finir mes bagages et aller au boulot. C’est un peu précipité mais après ce super voyage et avec cette belle mission à Séville qui commence, ce n’est qu’une dure journée à passer.

 

Distance totale : 247,9 km . 2195m de montée et 3825m de descente