Finale Ligure (VTT Enduro)

Samedi 13/06/09

Après le lac de Garde en 2008, nous retournons en Italie pour cette 2ème semaine internationale de VTT du club Sueno Deportivo mais cette fois en Ligurie, à Finale Ligure, petite ville balnéaire sur la côte méditerranéenne, située à seulement 80km de la frontière française. C’est Thomas, l’allemand du groupe mais vivant toujours à Valladolid qui organise encore une fois même s’il ne connait pas la région. En fait, il a tout un groupe d’amis allemand qui viennent cette semaine et qui connaissent bien le lieu. Ils ont loué une grande maison sur les hauteurs de Finale Ligure. Quant à nous, nous avons loué 3 appartements dans une résidence de Borgio Verrezi, ville balnéaire située à 3km de Finale Ligure. Les espagnols font la route directe en 2 voitures. Ils ont loué une remorque pour les vélos. Partis le vendredi à 19h, ils arriveront le samedi vers 13h. Quant à moi, venant de Rouen, le voyage sera aussi assez long. Départ 8h30 le samedi pour rejoindre Roissy. Je laisse ma voiture dans un parking privé (Aerpark) située à Villeron, à 15mn de l’aérogare. C’est moins cher pour 1 semaine complète (79€) et l’avantage est qu’ils vous déposent et vous reprennent à votre retour directement à votre aérogare. Avec mon lourd sac de 20kg contenant mon vélo, c’est une bonne solution. Pas de problème à l’enregistrement. Je suis dans les limites de poids de bagages et je n’ai pas à payer de supplément. Vol sans histoire avec joli survol des Alpes et notamment de quelques cols grimpés l’été dernier. Il y a encore pas mal de neige en hauteur. Je voulais proposer de faire cette semaine de vélo autour du Mont Blanc mais nous avons jugé, à juste titre, qu’en Juin, c’est encore un peu trop tôt.

Arrivé à l’aéroport de Turin Caselle, la galère commence. Il y a bien une gare à l’aéroport mais je dois attendre 1h un train qui ne me mènera pas plus loin qu’au centre ville de Turin. Je ne comprends pas tout dans la machine pour l’achat du billet. J’y glisse 20€ mais ne reçois pas ma monnaie. J’ai juste un bon de 16,30€ dont je ne sais que faire. Heureusement, à un guichet de Turin, je peux me faire rembourser. De là je prends un bus qui devrait m’emmener jusqu’à la gare de Puerta Susa. Mais j’ai du me tromper de bus quand je vois que l’on tourne en ville sans passer par cette gare. Le chauffeur comprend ma méprise et me laisse à une bouche de métro. De là, je pourrais rejoindre cette gare. J’y arrive finalement 5mn avant que le prochain train ne parte pour Savonna. Mais je n’ai pas le temps d’acheter mon billet de rejoindre le quai. Il va donc que je poireaute 1 heure avant le prochain. J’en profite pour m’acheter à manger car j’arriverai tard. Je monte enfin dans un tortillard. Cette traversée de Turin avec mon vélo et mon bagage n’aura pas été de tout repos. Changement de train à Savonna et longue attente encore pour un autre train me menant jusqu’à Finale Ligure. J’y arrive à 21h40. Je retrouve tous mes copains de Valladolid. Ils sont 8, tous avec un superbe tee-shirt commémorant cette semaine de VTT passée ensemble. Nous rejoignons en voiture la résidence, La Saline, où nous serons cette semaine. Je remonte mon vélo afin d’être prêt pour la 1ère balade du lendemain. Je partage un appartement avec Edu et Gustavo . Ils m’ont laissé le canapé lit du salon cuisine où nous prendrons tous ensemble nos petits déjeuner et dîner

Dimanche 14/06/09

Levé tôt pour être au rdv de 9h avec le groupe d’allemand à la gare de Finale Ligure. Ils ont choisi le service de navettes qui monte les vététistes en camionnettes afin qu’ils ne fassent que des descentes. Thomas et Ramon les accompagne. Quant à nous, avec 4 allemands dont 2 filles, nous montons par la route en direction du col de Melogno. Une longue montée de 15km, sous un chaud soleil mais heureusement à un rythme tranquille car les filles ont un peu de mal. Vers la fin de la montée, nous croisons nos amis descendeurs qui ont l’air de se régaler. Mais nous aussi d’ici peu feront cette même descente. Et en effet on se régale. Ce sont des chemins tracés spécialement pour le VTT de descente ; Certains passages sont très techniques mais globalement c’est faisable. On enchaîne ensuite sur un 2ème tronçon, lui aussi en sous bois. On fait souvent des pauses pour attendre les derniers. A un moment, je cumule un peu les problèmes. Mon frein arrière fait un bruit terrible. Je décide de changer les plaquettes. Ensuite, je fais une chute un peu bête qui me blesse un peu à la jambe mais qui surtout tord fortement le levier de frein avant. Je le redresse et suis heureux de voir qu’il ne casse pas. A la fin, on recroise encore une fois nos amis ; qui sont déjà à leur 2ème descente. Nous continuons par un peu de route, puis de la piste avant d’attaquer un dernier tronçon qui nous fera arriver directement à Finale Borgo. Mais il est vraiment trop dur et on n’y prend pas trop de plaisir. Il faut souvent descendre de vélo. Il parait que c’est la zone la plus dure de la région.

Au village, il est un peu tard et la plupart des restos sont fermés. On part donc manger en bord de mer une bonne salade de pâtes accompagner d’une salade mixte et de bière. Nous retournons ensuite à Finale Borgo, où, au centre village, il y a un marchant de glace réputé. Et effectivement, on se régale. Retour à la résidence pour profiter un peu de la piscine. Nous prenons ensuite un pot en centre ville où l’on croisera Thomas et Ramon de retour de leur longue journée de descente

Lundi 15/06/09

Aujourd’hui seuls Mark et Axel, du groupe des allemands, nous accompagnent. On commence comme toujours par une montée sur la route mais elle est moins longue cette fois car une rejoint vite un chemin dans la garrigue. A la fin de la montée, on se souvient que c’est l’anniversaire d’Alberto (51 ans) ; Il a donc droit à son chant d’anniversaire en espagnol. Le chemin n’est pas facile. Il faut savoir rouler sur les rochers en montée comme en descente. Mais le circuit est varié. Nombreux petits problèmes techniques : casses de chaine pour Alberto et Thomas, crevaisons pour Miguel, un rayon pour moi. La fin de la balade se fait sur les hauteurs le long de la mer. Belle vue mais dommage que la zone ait brulé plusieurs années auparavant. Pas mal de poussière aussi lorsque l’on roule tous à la file. Redescente par la route. Dans une épingle à cheveu, Ramon manque de chuter et glisse sur ses pieds. Nous allons manger des morceaux de pizzas à Finale Ligure puis des glaces en bord de mer. Retour à la résidence. Le soir, au bar, on offre à Alberto un maillot pour son anniversaire. J’ai enfin pût retirer de l’argent. La veille, aucun distributeur ne voulait m’en donner

Mardi 16/06/09

Nous sommes encore tous partant. Nous retrouvons Nelly, Axel, Christian et Mark du groupe des allemands. Après avoir rejoint par un faux plat Burnenghi, on attaque on grosse et longue montée jusqu’à une ancienne base de l’OTAN. Heureusement, le temps est frais en hauteur et il y a une source sur le bord de la route. Mais 15km de montée en VTT, c’est long. Nous faisons une pause au sommet où il ne fait pas très chaud. Nous sommes dans les nuages et on voit à peine les grands aérogénérateurs situés juste là. Et c’est reparti pour une chouette descente avec quelques passages bien techniques. Je m’arrange pour filmer les autres, soit directement sur le vélo, soit en choisissant un passage un peu dur pour les filmer les uns après les autres. On retrouve ensuite un peu de route avant de prendre un dernier tronçon sur une ancienne route pavée. Les suspensions des vélos souffrent. Superbe arrivée sur les hauteurs de Finale Borgo et de ses églises et châteaux perchés. On déjeune encore une fois de morceaux de pizzas et de glaces. En soirée, on part boire un pot à Finale Ligure Marina, où il y a beaucoup plus d’animation que dans notre village

Mercredi 17/06/09

Alberto souhaite faire un break aujourd’hui. Nous partons donc avec Axel et Mark pour monter une nouvelle fois vers Melogno. Il fait beaucoup plus frais et en faisant moins de pauses, cette montée nous parait moins interminable. Mais nous arrivons avec la pluie. On rentre donc se protéger et se réchauffer au resto de ce col. Ambiance très sympa avec les patrons qui ont l’habitude de croiser toutes sortes de sportifs. Il suffit de voir les photos au mur avec les passages de coureurs automobiles, de cyclistes célèbres. Il n’est que 11h30 mais nous avons faim. Nous mangeons donc là de bonnes pâtes avant de reprendre la route. Au col, on rejoint une piste qui monte encore un peu puis c’est une nouvelle descente technique, pas évidente au début car le sol est un peu humide. Et la galère de ce 4ème jour commence : Chute de Ramon dans un ravin alors qu’il voulait faire un saut car il se savait photographier ; Heureusement sans gravité car la pente est dégagée et pleine de feuilles mortes mais il a bien descendu 20m en vrac. Ensuite, petite chute d’Alvaro suivie d’une plus douloureuse d’Oscar. Il a mal à l’épaule et préfère continuer à pied. Ensuite, c’est moi, qui casse le levier de mon frein avant. Il ne me reste plus que le frein arrière ce qui n’est pas suffisant. On fini donc par la route. Mais au 1er virage en épingle à cheveu, le frein chauffant, il devient inefficace. Je panique et arrive tout de même à m’arrêter. La solution pour rejoindre l’arrivée et de m’accrocher à Axel qui lui possède des freins puissants et le laisser me freiner un peu. Il nous reste tout de même 600m de dénivelé encore à descendre. On y arrive malgré tout. Oscar part aux urgences où on lui détecte une luxation de la clavicule. Sans grosse gravité mais avec 20 jours d’arrêts. Quant à moi, je m’achète un nouveau frein complet avant.

Jeudi 18/06/09

Comme le mardi, on remonte à Nato Base. J’aurais préférer changer de coin et retourner dans la zone du lundi mais les allemands nous disent qu’il n’y a rien de mieux par là-bas.

C’est donc reparti pour une longue montée. Alberto nous a rejoint mais pas Oscar. Nous commençons par une nouvelle descente très chouette qui rejoint la route. Nous décidons de remonter encore une fois pour une dernière descente. C’est le pied. On a progressé un peu techniquement et on se fait donc moins peur dans les passages les plus pentus même s’il vaut mieux parfois mettre pied à terre. Pas de chute ni de casse de matériel. Retour à Finale Borgo par la route. Nous prenons un verre sur la place centrale. Je commence à ressentir une douleur dans le dos, coté droit. Je pense d’abord à une douleur musculaire. Cela va passer avec des étirements, me dis-je. On quitte le village pour rejoindre le bord de mer et manger des pizzas. Je retire de l’argent à un distributeur et je me retrouve seul. C’est à ce moment que la douleur commence à être très vive. J’arrive à rejoindre les amis mais je ne peu plus rien faire, la douleur devient horrible. Je sus à grosses gouttes. La bombe de froid dans le dos ne fait rien. Ce n’est pas musculaire. C’est un problème au rein. Les copains qui étaient à la fête de cette dernière journée de VTT et de se voir offrir une pizza au Nutella par le pizzaiolo se rendent compte de mon problème. Ils n’hésitent pas et demandent à se qu’on appelle une ambulance qui arrive très vite. Je pars avec Ramon. Nos vélos seront gardés par les patrons de la pizzéria. Nous arrivons à l’hôpital de Pietra Ligure. Le diagnostic du médecin est clair : Colique néphrétique, c’est à dire calcul rénal. C’est vrai que depuis la veille j’avais de l’urine très foncée mais je faisais attention tout de même à bien boire. L’attente sera très longue dans les couloirs des urgences. Ils me font passer une radio puis une échographie. C’est à ce moment là que je me mets à vomir sans crier gare. Je suis désolé vis-à-vis des infirmières. Une perfusion me permet de soulager un peu la douleur. Il y a même des moments où je vais plutôt bien. Alors que je suis entré à l’hôpital vers 15h30, il est 22h30 lorsqu’ils me donnent enfin un lit. Je vais prendre une douche car je suis toujours avec mes habits de cyclistes et que cela commence à cocotter pas mal. Quelques uns de mes amis m’amène quelques affaires, vêtements, téléphone et porte monnaie. Je me couche sans avoir rien mangé. Mauvaise nuit à cause d’un ronfleur car je suis dans un chambre de 4, et de la douleur qui revient parfois.

Vendredi 19/06/09

Longue matinée resté au lit. Grace à la perfusion, je n’ai pas trop mal. Vers 12h, on me change de bâtiment pour aller en urologie. Juste après être arrivé, je pars au bloc opératoire. Là, je jongle entre l’anglais et l’espagnol pour me faire expliquer ce que l’on va me faire : Anesthésie locale, caméra et laser par les voies naturelles pour aller casser le calcul et pose d’un stent pour faciliter son évacuation. C’est la 1ère fois que je suis opérer. Je n’appréhende pas trop cependant. L’opération commence peu de temps après l’anesthésie et je trouve que je ressens encore beaucoup de chose. Ils ne trouvent pas le calcul et se limitent donc à la pause du stent. Je ne m’en rends pas compte, pas plus que de la pose d’une poche. Je passe l’après midi sur mon lit, avec l’horrible impression d’avoir mes 2 jambes mortes. Mais je n’ai plus mal. J’ai heureusement un bouquin et des vidéos à voir sur mon lecteur portatif. Visite de tous mes copains le soir même. Mon repas est hyper frugal : un peu de soupe et une compote. Mes amis eux vont manger dans une pizzeria du centre de Finale Borgo.

2ème nuit à l’hôpital pénible aussi. On n’arrête pas d’entendre les sonnettes d’appel des infirmières. Je suis avec 2 petits vieux qui font un peu pitié. L’un vient d’avoir une jambe amputée, l’autre semble bien seul et sans aucune force. Malheureusement, je n’ai pas moyen de parler avec eux.

Samedi 20/06/09

Mon inquiétude est de savoir si je vais pouvoir quitter l’hôpital aujourd’hui et prendre comme prévu mon vol retour. J’ai multiplié les appels téléphoniques pour rassurer la famille ces derniers jours et pour organiser une prise en charge de mon assureur pour mon retour, si bien que je me retrouve avec un forfait épuisé que j’ai du mal à réactiver. Heureusement, on me laisse téléphoner avec le téléphone des infirmières. Certaines sont sympathiques. Une assure que je suis surement quelqu’un de très cultivé puisque je ne cesse de répéter que je parle 3 langues mais pas l’italien. Elle me demande quel est mon boulot. La visite d’un médecin que je n’avais pas encore vu est courte. Il me dit que je suis libre de partir. Je téléphone donc à mon assurance qui m’envoie un taxi pour rejoindre l’aéroport de Turin où je pourrais prendre comme prévu mon avion. Dernière souffrance : une infirmière m’enlève ma poche. Je retrouve mes amis espagnols eux aussi sur le départ. Ils me ramènent mes affaires. Ils se sont chargés d’emballer mon vélo et l’on laissé à la résidence. J’y passe donc avec le taxi et après 2h de route me voilà bien à l’avance à l’aéroport de Turin. Grâce à mon souci, j’ai ainsi évité mon retour galère en train. Le vol se passe sans problème. On arrive même avec 25mn d’avance. Pas de problème non plus pour récupérer ma voiture. Le seul souci est qu’il y a beaucoup de bouchons et que je dois rejoindre des amis du club VTT de La Celle St Cloud pour un barbecue. Uriner me fait aussi terriblement mal. Soirée sympa chez Christine à se souvenir de notre traversée des Vosges, un mois avant. Projection de ma vidéo sur ce périple. Je rentre chez moi sans trop tarder.

Suite de l’aventure : Une semaine après mon retour et après plusieurs examens de radios échographie et même de scanner, mon calcul semble toujours introuvable. Je pense que je ne l’ai plus et que ce qui me gêne, c’est juste ce stent. J’espère pouvoir le faire enlever la semaine prochaine