Les 100km de Ronda (VTT)

Du 12 au 14 Mai 2006

« Les légionnaires du VTT »

 

Nous étions 9, partant pour une compétition longue durée organisée par la Légion à Ronda en Andalousie à 750 km de Valladolid. Nous sommes partis vendredi matin en ayant tous posé un jour de congés. 3 voitures, 9 personnes et 9 vélos. Je n'avais pas pris ma voiture. On descend jusqu'à Madrid, puis on traverse les plaines viticoles de la Mancha avant d'entrer en Andalousie avec ses collines couvertes d'oliviers. Le temps est beau et le trajet ne me parait pas trop long. Nous faisons un arrêt pour manger dans un resto en bord d'autoroute. 9 euros seulement pour un repas complet. Nous arrivons vers 18h au village de Cuevas del Becerro (http://www.toprural.com/ficha/es.cfm/idp/29/ids/13373.htm), situé à 17 km de Ronda, où Oscar avait réservé les 4 superbes petits bungalows d'un gîte rural, situé à l'écart du village. Nous partons ensuite pour Ronda pour aller chercher nos dossards. Comme il y a une grosse affluence pour cette compétition avec plus de 7500 participants attendus, nous nous garons assez loin du palais des sports où se passe le retrait des dossards. On sent déjà la grosse organisation  car il y a peu de queue. Un sac nous attend avec dossard, plaque de cadre, puce électronique, tee-shirt, le petit passeport que l'on devra montrer à différents points de contrôle, poster avec la photo d'identité de tous les participants qui avaient envoyé leur photo (pas moi). Retour au centre de Ronda pour voir toutes les installations autour du point d’arrivée qui se situe juste à coté des arènes, en bordure de l'immense falaise de 100m de haut  et qui donne cet aspect spectaculaire à la ville de Ronda. Je ne connaissais pas cette zone située près des arènes. Il s'agit d'un superbe petit parc boisé. Nous nous promenons ensuite un peu en ville avant de rentrer sur Cuevas del Becerro et d'aller manger au resto. Le repas n'est pas très en adéquation avec les efforts du lendemain: salade pleine d'huile, énorme entrecôte (je choisi plutôt une bonne brochette de poulet), pomme frite. Bonne nuit dans nos petites maisonnées.

Samedi, lever vers 7h. Nous grignotons notre petit déjeuner avant de rejoindre Ronda. Le trafic important nous oblige à nous garer un peu loin du départ. Nous perdons un peu de temps à bien préparer tous les vélos. Il aura même fallu trouver un magasin de cycle pour un réglage sur le vélo de Ramón.  Nous entrons donc un peu en dernier dans le stade de football où sera lancé le départ. Mais il nous faudra attendre encore une heure avant le coup de canon à 10h30 et 30mn avant de pouvoir sortir du stade. Sur les 9, nous sommes 4 à faire l'épreuve de108 km et 5 autres pour faire celle de 168km. Il y a beaucoup d'autres épreuves partant quasiment en même temps: 108km à pied, duathlon de 160km,....La seule fille de notre club est venue à part avec son copain, lui faisant les 108 km à pied (il terminera à 6h du matin !) et elle faisant les 168 km (elle sera classée 3ème chez les filles !). Les 40 premiers kms me paraissent très faciles. Route puis pistes assez plates. Je double un nombre important de personnes. La moyenne est élevée: plus de 21km/h. Le paysage est chouette notamment lorsque que l'on approche de village blancs perchés sur une colline. Je croise de temps en temps les copains et fait quelques arrêts pour des photos. Après une grosse descente vers le village de Torrealháquime et un peu de plat, nous attaquons notre première difficulté, une montée de 3km en plein cagnard. Il doit faire dans les 30 degrés. Il n'y a pas de vent et pas un gramme d'ombre.  Je me sens assez vite mal, m'obligeant par 2 fois de m'arrêter pour reprendre mon souffle. Après une autre descente sur le village de Setenil, nous attaquons une autre longue montée. Cette fois ci je commence à souffrir de crampe dans la cuisse gauche m'obligeant à faire des étirements et à marcher. J'en bave vraiment. Heureusement, il y a souvent des points de ravitaillements mais difficile de dire si j'ai vraiment soif ou faim. J'ai surtout envie d'un peu de fraîcheur. Longue descente ensuite pour rejoindre le quartier militaire de la Légion. On passe par le point de bifurcation de ceux qui doivent faire une 2ème boucle pour le circuit de 168km. Heureusement, que je n'avais pas choisi cette distance. Je n'étais pas assez préparé à cela. Dans le quartier de la Légion, nous avons la possibilité de prendre un repas chaud mais je me contente d'une boisson, une banane et de bien me rafraîchir le visage. Il nous reste une boucle de 28 km avec une terrible montée vers un ermitage. Ayant toujours cette crampe latente qui ne demande qu'à me faire souffrir le martyr, je fini la montée à pied. De toute façon avec déjà 90 km dans les pattes, je suis incapable de faire encore des montée en vélo. Vue superbe et descente en lacets sur le village de Montejaque. De là, nous avons une grosse portion de route en descente puis en montée pour rejoindre une piste qui longe le pied de la falaise de Ronda. Les derniers kilomètres sur une piste pavée en montée sont terribles. Dans la traversée de Ronda pour les 2 derniers kilomètres, l'émotion commence à l'emportée comme à chaque fois que j'ai fait des épreuves jusqu'au bout de mes forces: grosses difficultés à respirer et envie de s'effondrer en pleurs (à écrire ces lignes, je retrouve cette émotion extrême). Le public, encore présent en nombre alors que le premier est déjà arrivé depuis près de 4h, me permet de tenir jusqu'au bout. Je dépose mon vélo dans les arènes où un parking à vélo est organisé et vais manger et boire ce qui est proposé aux arrivants. Contre le retour de la puce qui aura servi pour mesurer mon temps (8h11 dont 7 heures sur, ou à coté, du vélo), j'ai un beau sweat shirt. Je retrouve ensuite Miguel, arrivé 23mn avant moi. Oscar arrivera plus tard, et Kike encore plus tard, lui aussi complètement à bout de force. Juan Carlos avec ses 168km arrivera un peu avant Kike. Ensuite ce sera Ignacio, Ramón, Victorino et Dani.

Miguel, Oscar, Kike, Juan Carlos et moi, retournons en voiture au gîte pour une bonne douche et pour manger au resto à 23h15. Au fil du repas, nous recevons les coups de téléphone des copains qui arrivent. Nous retournons à Ronda pour les retrouver à table en train de manger. Les arrivées se font plus rares mais les encouragements pour ces cyclistes ou coureurs sont toujours présents. Nous sommes au lit à 2h30 du matin. Bizarrement, je passerais la nuit sans beaucoup de sommeil.

Dimanche. Lever tard, nous lavons les vélos et préparons nos affaires. Journée de route marquée par des horaires de repas et des menus  loufoques pour un français comme moi: petit déjeuner à 11h dans un resto (sandwich, toast à l'huile, bière ou Coca), salade russe et glace à 15h, et autre sandwich (gâteau pour moi) à 19h. Nous arrivons vers 21h à Valladolid et suis le premier à être déposé chez moi.

L'ambiance aura été très sympa. Pas toujours facile pour moi de bien suivre les conversations mais je fais bien parti de ce groupe de fous (comme Obélix, il m'arrive de dire: Estos espagnoles son tan locos- Ils sont fous ces espagnols), d'autant plus que je viens de partager avec eux un sacré moment dans la vie d'un vététiste.